<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866</id><updated>2012-02-15T09:16:15.417+01:00</updated><category term='Intestins'/><category term='Ver'/><category term='Estomac'/><category term='Paris'/><category term='Métro'/><category term='La Défense'/><title type='text'>La nouvelle vie parisienne</title><subtitle type='html'>Un feuilleton en ligne, mais à l'ancienne. N'hésitez pas à laisser vos commentaires!</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>32</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866.post-4587552325283672120</id><published>2007-08-23T14:54:00.000+02:00</published><updated>2007-08-23T14:55:12.538+02:00</updated><title type='text'>« Vous puez tous ! »</title><content type='html'>La ligne La Défense – Château de Vincennes est un peu moins ras-la-gueule que ce matin. Y’a du monde, c’est indiscutable, mais entre chacun de nous, il existe un espace suffisant pour permettre de développer certaines attitudes, comme s’étirer, se gratter le coude ou encore changer nos pieds de place. Ces milliers d’alvéoles permettent également une meilleure circulation de l’air et, avec lui, les odeurs produites par tous les corps assemblés dans ce vaste espace se mélangent facilement, s’affrontent parfois, se confondent souvent. Les bulles explosent, seules les plus petites ou les plus solides peuvent résister. A force de frottements certaines se sont durcies, enfermant ceux qu’elles protègent. Ma bulle est encore vaste et souple, dès la fermeture des portes elle a explosé, me laissant dans un état de quasi-nudité imaginaire, offert à ces vents dont je causais tantôt, ces vents d’odeurs. Et j’ai été extrêmement surpris. Je suis très sensible aux odeurs, fortes ou légères, j’arrive à peu près à définir ce qu’elles sont et d’où elles viennent. Je ne suis pas Grenouille mais j’ai dû louper ma vocation, et la clope n’a pas aidé, il faut bien le dire. Bon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis en queue de rame, le vent vient du museau de la rame, il passe par ces milliers d’alvéoles, il m’amène toutes ces odeurs, éh bien croyez-le ou non, le résultat de ce mélange fût un début d’érection impossible à maîtriser. Même maintenant, je ne me l’explique pas. J’ai bien sûr une vague idée, pour faire simple, il devait y avoir dans cet appareil olfactif un ingrédient réellement érotique, de ces odeurs animales dont le cerveau est si friand. Parce que une fois cette odeur décrite, vous ne pourrez même pas imaginer qu’il puisse en résulter autre chose que du dégoût. Un mélange de rance, de piquant, d’odeurs passées comme les couleurs peuvent l’être, des fragrances déflagrées dont les molécules auraient muté transformant la forte odeur du jasmin en urine et la fraîcheur de la pomme en calva éventé. C’est ceci que j’avais dans le pif quand mon regard se posa sur une loque. Je sais le terme indigne, alors j’ai cherché un équivalent un peu plus respectueux, genre un sans-abris en déréliction, un SDF au fond du trou, ou encore un être humain perdu dans sa misère, mais dans cette machinerie qui broie nos nudités dans ses créneaux industriels, comment appeler autrement les pièces défectueuses mises au rancart ? Je vous l’demande !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc une loque. Une femme. Plusieurs couches de vêtements indescriptibles car sans formes ni couleurs. Seuls dépassaient son visage et sa main gauche. Sous une capuche trouée de laquelle sortaient quelques touffes de cheveux vaguement blonds, des yeux rapprochés fixant le vide, un nez d’une mocheté sans complaisance, qu’une croûte reliait à une bouche dont j’avais du mal à fixer les véritables limites, mais qui dans sa partie gauche était largement descendante. Un menton pointu achevait ce faciès dans sa course à la gravitation terrestre. La main qui sortait de l’amas de fripes était sale, d’un noir à peu près uniforme ce qui rend sa description plus que difficile. J’orientai mon nez dans sa direction. Le choc qui suivit n’était pas dû à l’odeur elle-même, c’était tout simplement infect, mais j’ai eu un flash. Parmi toutes les personnes présentes, elle était la seule à avoir son odeur à elle, même si, je vous l’accorde, la misère a cette odeur si particulière, mais son odeur était là, définitivement, quand chacun de nous autres ne l’avions que passagèrement, dérisoire tentative de camouflage de ÇA !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ânculé ! Cette idée me plongea dans un abîme de je ne sais quoi mais ça me faisait flipper grave. Nos vies sont veillées par une chose semblable, elle a tout son temps la chose, pas pressée qu’elle est de réussir, puisque justement elle est rien, presque littéralement. Un genre d’antimatière sociale qui a de fait la même masse que la matière sociale. Cette personne à elle seule valait l’exact inverse de toute la rame, j’étais son -173ième (à vue de pif). Et elle gagnait tout sans même jouer quoi que ce soit, puisqu’elle n’avait rien. Vous voyez ? Tout ça pour dire, que les shakras ouverts par les odeurs de la rame, ce filet d’érotisme et cette dose de misère, ça m’a un peu remué, et j’ai loupé ma correspondance. Alors au lieu de prendre le métro en sens inverse ou attendre la correspondance avec la ligne 13, je décidai de sortir à la station Georges V, et faire le reste du trajet à pied, ce qui n’est pas la mer à la boire pour un gars comme moi habitué à marcher des heures dans Paris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je pris place en face des portes, attendant leur ouverture pour me précipiter vers l’extérieur, et profiter enfin de la douce odeur de la pollution parisienne. Juste avant qu’elles ne s’ouvrent, un hurlement erraillé transperça le doux bruit des freins.&lt;br /&gt;« Vous puez tous ! »&lt;br /&gt;Mon cerveau de put traduire tout de suite ces quelques mots. Il lui fallut quelques secondes, peut-être deux ou trois, pas plus, mais quand on sait les millions de connexions qui se font par seconde dans un crâne, ça fait une chiée de temps. Les dernires crissements des freins se firent en écrasant le silence de la rame. Je n’osai me tourner. Mais je croisai avant de franchir la porte de la rame un regard qui me fit regretter de l’avoir croisé. Un jeune homme souriait à ce qui lui semblait être une farce. Son regard disait « Et elle, elle s’est sentie ? » La nausée m’en est restée jusqu’en haut des escalators, et ses derniers restes ne se dissipèrent qu’une fois sur les Champs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il pleuvait.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/37564866-4587552325283672120?l=nouvellevieparisienne.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/4587552325283672120/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=37564866&amp;postID=4587552325283672120' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/4587552325283672120'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/4587552325283672120'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/2007/08/vous-puez-tous.html' title='« Vous puez tous ! »'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866.post-3540270479685930026</id><published>2007-08-06T00:44:00.000+02:00</published><updated>2007-08-06T00:45:14.904+02:00</updated><title type='text'>« Connard ! »</title><content type='html'>15h47. Heure locale. La tablée est à moitié pleine, l’ennui palpable, j’écris un mèl à un ami. « (…) parce qu’après tout, je m’en fouts (sic) un peu de tout ça. Mais j’ai besoin de bosser… » A l’entrée de l’opène spayce une porte claque et fuse un « Connard ! » de toute beauté. Je marque un arrêt. Quelques yeux se lèvent, des têtes dodelines, je me retourne. Pour voir. Un jeune homme disparaît, il est déjà sorti quand j’interroge mon chef du regard. Je sens un trouble, léger, cela semble une chose habituelle, une chose sans conséquences, une chose normale que de tels mots soient dits ainsi. La petite grosse en face de moi sourit. Tout le monde semble connaître le fin mot de l’histoire, mais mon impétrance ne m’autorise pas à en savoir autant. Je finirai déniaisé. Je prends un pli et continue mon mèl.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A 16h, ma collègue d’en face se lève, prend un petit sac qui vivotait jusqu’alors à ses pieds et taille sa route. Elle venait de partir, nous laissant seuls, moi et mon chef. Je n’ai à présent strictement plus rien à faire. J’ai écrit une dizaine de mèls, j’ai fait le tour d’une quarantaine de sites, j’ai lu une centaine d’articles (j’exagère peut-être un peu, mais vous voyez l’idée… faire sentir une progression dans la multiplication d’actes identiques, un crescendo dans l’ennui et la complète inutilité de ma présence à ce poste à ce moment-là). Je jette un œil à mon chef, elle est absorbée par je ne sais quelle tâche, je ne vois pas son écran, donc je ne peux savoir ce qu’elle regarde. Mais elle est définitivement absorbée. J’aimerais lui faire comprendre que je souhaiterais partir puisqu’à présent je n’ai vraiment plus rien à faire ici, à mon goût. Je me lève, comme si j’allais prendre un café. Je jette un œil par dessus son épaule. Sur son écran des photographies de grosses cylindrées, je reconnais la forme typique d’une Ducati. Je n’ai rien à dire, aucune remarque ne me vient qui pourrait me permettre d’introduire le fait que j’aimerais bien me tirer de là. Donc je propose tout de même « Vous voulez un café ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle se retourne, me regarde tranquillement et me dit « Non merci, c’est trop tard pour un café. Tu peux rentrer chez toi maintenant, et puis arrête de me vouvoyer, on bosse ensemble et on a le même âge. » Je lâche un petit « oh ! » qui exprime à la fois ma surprise et ma joie, et sortent un peu spontanément de ma bouche ce qui suit « Que s’est-il passé tout à l’heure ? » Les yeux sur une fiche technique présentant je ne sais quelle moto de chez Honda elle me répond « Rien. Demain tu reviens à 9h, tu devrais prendre ce petit document avec toi et le potasser, ce sont les normes que nous devons respecter dans nos études. » J’opine mais continue sur ma lancée. Devant la machine à café, deux personnes discutent de choses et d’autres. Je les salue normalement, elles me répondent du regard et poursuivent :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu as raison de dire ça, mais tu sais comment ça se passe ici.&lt;br /&gt;- Moi ça me soûle, c’est pas pro.&lt;br /&gt;- Attends avant de poursuivre.&lt;br /&gt;- Ouais… Sinon, tu as lu le papier dans Libé sur la bataille rangée à La Défense.&lt;br /&gt;- Enorme ! Tu sais que je suis passé une demi-heure avant sur l’esplanade. C’était super tranquille. Et heureusement qu’il n’y avait pas de militaires à ce moment-là. Tu t’imagines ?&lt;br /&gt;- Ouais (mot incompréhensible)&lt;br /&gt;- C’était une lutte entre deux quartiers si j’ai bien compris.&lt;br /&gt;- Ouais.&lt;br /&gt;- Bon reprenons…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon verre d’eau à la main, je retourne à ma place, les laissant à leur conversation. Le temps d’éteindre ma bécane et de regrouper mes affaires, mon verre d’eau est bu, la conversation en salle de pause est achevée, mon chef en a terminé avec son site de motard, il ne reste plus qu’une poignée de salariés. Je peux regagner mes pénates le cœur léger. Je salue mon chef d’un « A demain ! », auquel elle répond d’un hochement de tête, je passe ensuite à côté de deux personnes encore en poste, je leur lance simplement un regard. La dernière dépassée, j’entends un « Au revoir, à demain, bonne soirée ». C’était dit avec une certaine désinvolture, un ton normalement qui me convient, que j’apprécie même, du détâchement, quelque chose d’un peu mécanique, mais il y avait un truc en plus, de l’ironie je crois. Cela devenait un reproche, la personne qui me lançait cet au revoir me faisait sentir que j’avais été impoli de ne pas avoir saluer proprement. Je venais de faire preuve d’une légèreté coupable avec les régles de savoir-vivre, et ce manquement prenait une tournure dramatique dans le cadre du travail, car le moindre reproche sera rabâché chaque jour de la semaine, dans des proportions pour le moins déraisonnables. Je devais agir promptement, mais le temps que tous ces détails me viennent clairement à l’esprit, il était trop tard. Le mal était fait. Demain, je réparerai cet accroc. Mais pour aujourd’hui…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fin de journée à La Défense est un spectacle surprenant. Ça ressemble au matin, mais le soleil est de l’autre côté. Et tout le monde s’en fout. C’est l’heure du ressac. 16h15, le début des premiers courants. J’ai une mauvaise mémoire des visages, et des noms, et des situations aussi quand j’y pense, mais si j’avais eu une bonne mémoire des visages, je pense qu’à l’heure qu’il est je devrais croiser les mêmes personnes que ce matin, un peu plus vieilles de sept heures environ. Je reprends le toboggan en sens inverse, je repasse sous le pont, dépasse et tourne le dos à la perspective urbaine qui ce matin m’avait tant marqué et rejoins le premier sphincter des boyaux parisiens. Mon chauve est toujours là, en pleine conversation avec un consommateur post-bureautique, la lobby est parcemé de marcheurs qui semblent suivrent je ne sais quelle route odorante comme il est de coutume chez les fourmis. Je m’installe sur une de ces avenues et me laisse guider jusqu’à la bouche du métropolitain. Les militaires sont toujours en maraude, quelques contrôleurs veillent sur les paisibles hachoirs qui ouvrent au ventre de Paris. J’introduis mon obole dans une petite bouche qu’elle recrache par un autre trou, passe le portillon et me voilà, une fois encore aujourd’hui, à attendre le ver. Mon premier jour dans le tunnel s’achève, filage d’une journée dans ma nouvelle banalité.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/37564866-3540270479685930026?l=nouvellevieparisienne.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/3540270479685930026/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=37564866&amp;postID=3540270479685930026' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/3540270479685930026'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/3540270479685930026'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/2007/08/connard.html' title='« Connard ! »'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866.post-5060729568634324925</id><published>2007-07-31T15:02:00.001+02:00</published><updated>2007-07-31T15:02:58.448+02:00</updated><title type='text'>Vous travaillez ici depuis !!?</title><content type='html'>Et la porte s’ouvrit.&lt;br /&gt;« Bonjour, vous devez être.. »&lt;br /&gt;Oui, c’est moi, le nouveau, on m’a dit de venir vous voir, pour me présenter et pour que vous me désigniez mon poste. Une bonne grosse poignée de main, avec une chiée de phalanges puissantes de la taille de mes vertèbres. Un large sourire aux ratiches impeccables, un menton carré, des oreilles en choux-fleur, deux yeux, un nez, des cheveux, un front, et le reste à l’avenant. Une bonne gueule qui fait plaisir, une lueur d’espoir dans ce crépuscule humain. Je le suis d’un pas qu’une belle qualité d’aloi jusqu’à une chaise d’une banalité affligeante, et je m’y pose sur sa cordiale invitation. Il s’installe à son tour, puis me regarde sans rien dire, sa bouche étant trop occupée à sourire. Je lui rends son magnifique sourire et nous restons là, à nous contempler une bonne dizaine de secondes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Bon ! Vous savez tout, mais je vais malgré tout tout vous répéter. »&lt;br /&gt;Donc il dérechèfe, lecture des journaux, organisation, compilation d’informations, service-client, relations avec les études, le travail de groupe, puis ses fonctions à lui, approvisionnement, management des équipes, formation, responsabilité, autonomie, politique de développement. « Ça fait plus de dix ans que je travaille pour cette entreprise » et il en a vu défiler des gens, de tous les côtés, en haut comme en bas. Il est un genre de rocher battu par l’océan, il ne bouge pas, et pour naviguer dans ses eaux, il faut faire attention à ne pas s’y briser, le bougre est solide et plutôt fin. « Je pense que nous allons bien nous entendre. » J’approuve silencieusement cette sentence. Mon tour vient de m’exprimer sur mon cas, le pourquoi du comment de ma présence, et puis aussi ce que j’ai déjà fait, ce que je peux faire, et un petit blabla sur combien je suis ravi d’être ici, dans cette entreprise réputée, et que j’ai faim de bosser… Je sais parler à ces gens-là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il me dit : « Je vais vous présenter votre groupe de travail ! »&lt;br /&gt;Je parfaitise. Nous sortons de son bureau. Il referme sa porte derrière moi et me conduit d’un pas léger jusqu’à la table 3. Je remarque un espace de travail libre, certainement celui qui me sera dévolu. Cinq personnes balisent ce petit espace de trois tables. Dehors à l’horizon, la Tour Eiffel nous rappelle que nous sommes à Paris, le soleil rentre largement par les fenêtres je mire l’Est donc. Je commence la présentation par la face nord de ce petit bout de l’entreprise. Lui a commencé par le chef de groupe. Pourquoi pas ? Près de la fenêtre Hélène, une petite banlieusarde un peu grassouillette qui a foiré son DESS de communication d’entreprise. Elle poursuit de loin ses études, mais depuis qu’elle bosse ici elle n’a plus vraiment le temps et le courage d’ouvrir le moindre bouquin. Sourire tâché et œil fuyant. A sa droite, Pierre. Trois ans de boîte, licence de Droit des affaires, pas très grand, maigrichon et fatigué. Rictus inquiétant. A l’Ouest, Marc. Après son bacho, il est entré dans une boîte qui faisait des revues de presse, il découpait des articles qu’il collait sur des feuilles A4 pour faire des Press-Book. La boîte pour laquelle il bossait a été rachetée, puis l’ensemble a été bouffé par ASP. Il est content d’être là, son presque quintal s’étale tranquillement sur sa chaise à ressorts. Estelle, c’est le chef. Grande, mince, élancée, dynamique, toujours une petite remarque à faire sur ses « collègues ». Elle s’entend à merveille avec son chef, mais y’a comme un truc qui ne va pas. Je crois que c’est une personne très dangereuse… Plein sud enfin Hector. Avec un nom pareil, on peut s’attendre au pire, c’est pourtant d’emblée de qui je me sens le plus proche. Etudes littéraires foirées par manque d’intérêt, ses parents sont Hélénistes. D’où… Gros lecteur, alcoolique, il est blanc comme un cul et mal rasé. Brèfle, un homme de la nuit. Sodome est sauvée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne vais pas m’attarder sur ce qui se passe ensuite. Ces premiers contacts sont souvent sans saveurs, on se toise un peu, mais la vie continue. Je sens bien qu’il faudra un peu de temps avant de pouvoir intégrer une conversation. Pour l’instant, je suis en formation. Mon chef (je goûte peu le féminin de ce mot) me présente les outils, comment se passe une journée type, et ce qu’elle attend de moi. Tout rentre par une oreille et sort par l’autre, tout ça c’est pour causer, personne n’y croit, d’ailleurs toute cette présentation est baclée, je fais semblant. Elle aussi. C’est tacite. Je fais des clics un peu partout, et dès que l’occasion m’en est laissé, je navigue sur mes sites. La pause repas est désordonnée. Je peux déjà voir quelques groupes constitués, quelques vannes lancées servent de signes de ralliement. Pendant un quart d’heure, je me retrouve seul. Je n’ai pas faim. Je m’ennuie profondément. Encore quatre heures et je pourrai rentrer chez moi. Heureusement, il finit par se passer quelque chose.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/37564866-5060729568634324925?l=nouvellevieparisienne.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/5060729568634324925/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=37564866&amp;postID=5060729568634324925' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/5060729568634324925'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/5060729568634324925'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/2007/07/vous-travaillez-ici-depuis.html' title='Vous travaillez ici depuis !!?'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866.post-5770369140096580917</id><published>2007-06-02T17:03:00.001+02:00</published><updated>2007-06-02T17:03:40.300+02:00</updated><title type='text'>Et ça c’est ma place alors ?</title><content type='html'>Sur un jet d’œil, il m’invite à prendre la porte. Avant même que je ne la referme, son œil reprend sa pause précédente, au plus près de l’écran. Une pensée me traverse l’esprit en laissant la poignée se relever. Je ne peux dire exactement ce qu’elle était, mais en une fraction de seconde, je crois que beaucoup de choses se sont mêlées en elle. Y’avait du gris, un bout de moquette, de la fatigue, de la peur aussi je crois, et l’odeur du lieu, une odeur prenante, comme celle du chlore dans les hôpitaux, mais c’était pas du chlore, c’était plutôt une amoniaque humaine avec des fragrances mélangées, et l’odeur de la fatigue par dessus, une couche de fatigue, celle de la sueur qui marine entre toutes ces fesses collées sur le vilain tissus des chaises du catalogue Bernard. Les minutes perdues ici suintent l’ennui. Ce suint a imbibé tout l’espace et tout le temps en cours. J’avais ça dans le pif, et ça s’insinuait par cet organe pour atteindre doucement mon cerveau, puis ma vie entière avant qu’il ne transpire par ma peau, dans quelques temps. Ça viendra. Elle était déjà dans le métro cette odeur, mais je ne le savais pas encore, je ne savais pas que c’était elle, tapie derrière les parfums mélangés des milliers de cous, de dessous de bras et de torses agglutinés dans le ver parisien. Ce sera mon odeur, et mes échantillons de chez Séphora ne suffiront pas à m’aider à la masquer. Je l’amènerai avec moi dans mon lit, dans mon armoire et elle deviendra le signe pour tous que je suis devenu comme eux. Ouais ! Y’avait tout ça dans ce flash. Au moins j’étais averti.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le bruit de la poignée qui revient à sa place me trouve bien ennuyé. Que dois-je faire à présent ? Livré à moi-même dans ce monde inconnu, à peine initié au dédale de l’entreprise, il me faut rejoindre ce qui sera ma place, que je pose mon derrière sur ma chaise, que j’allume mon ordinateur, qui tentera de me façonne à son image, avec fond d’écran bleu et son logo windaube. Je mettrai la barre des tâches en haut, comme sur mon mac, et aussi je mettrai d’autres fonds d’écran, juste pour montrer à la machine que je ne compte pas me laisser avoir, qu’elle me continuera, et qu’elle ne cherche pas à inverser les rôles, cette pute. Non mais ! Bon, pour l’instant, je n’ai pas de quoi prouver que je ne me laisserai pas bouffer, je n’ai pas de poste, pas de petit repose-pieds, pas de chaise avec les roulettes et le dossier réglable, pas de table légèrement inclinée avec clavier ergonomique, le p’tit rat avec roue intégrée qui va bien et l’écran plat avec le petit filtre pour pas avoir les yeux trop vite abîmés. Et pis aussi la lampe, celle qu’on peut en faire plein de choses sauf s’asseoir dessus, et les volets sur les vitres pour arrêter les rayons trop directs du soleil du matin, et le thermostat pour la maîtrise duquel tout le monde se bat à cause qu’il fait trop chaud ou trop froid, ou qu’y a trop d’air soufflé. Le petit univers qui entoure la tour à nos pieds.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Vous semblez perdu »&lt;br /&gt;Ouais, tu l’as dit.&lt;br /&gt;- Pardon ?&lt;br /&gt;- Je disais, vous semblez perdu ? Vous êtes nouveau ?&lt;br /&gt;- Oui, je sors de chez monsieur, euh, du bureau du RH.&lt;br /&gt;- Et on vous a laissé seul ensuite ? Ça ne m’étonne qu’à moitié, l’accueil ici est parfois détestable.&lt;br /&gt;- Oh !&lt;br /&gt;- Je suis Stéphanie, déléguée syndical CFDT.&lt;br /&gt;Elle est brune, ne pas oublier, brune. Je me présente.&lt;br /&gt;- On se tutoie ? Et tu as été embauché sur quel poste ?&lt;br /&gt;- Euh, oui. Je dois lire des journaux et regrouper des informations pour les Etudes.&lt;br /&gt;- Donc tu es au quatrième. Arrivé au quatrième, tu vas à droite, tu ouvres la porte, puis à gauche au fond de la salle, il y a le bureau de la personne qui s’occupe du service, et là tu te présentes.&lt;br /&gt;- Merci. Et vous ? Enfin, toi tu bosses à cet étage ?&lt;br /&gt;- Non, bien sûr que non, je suis dans le service audiovisuel, je tape les textes qui passent à la radio et à la télé, je sors d’une réunion avec le chef RH. On va faire un bout de chemin ensemble alors.&lt;br /&gt;- Allons-y.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On rejoue le sketch de l’ascenseur, mais cette fois-ci il débarque beaucoup plus vite. Les deux étages sont avalés en quelques secondes, juste le temps d’échanger deux-trois regards un peu gênés, et puis on se salue, chacun prenant sa direction, elle à gauche, moi à droite. Au tournant du couloir, je jette un dernier coup d’œil sur la forme qui s’éloigne, elle comblait l’embrasure de la porte, elle venait, d’un geste rapide et précis, en ouvrir juste assez pour quitter ce couloir et rejoindre sa place. La force de l’habitude me souviens-je avoir pensé. A mon tour d’affronter la porte d’entrée de mon service. L’ouvrirai-je aussi bien ? Une fois devant, je suis resté vraiment con. Je n’avais pas le souvenir d’une porte aussi complexe. Elle n’avait pas de poignée, de poignée autonome, c’était un système d’ouverture électro-magnétique avec une diode devant laquelle il fallait, je présumai, passer une carte, avec une puce, afin de couper le courant qui tenait tout ça ensemble. Nul n’entre ici s’il n’a sa puce, pourtant tout à l’heure… Peut-être était-ce déjà ouvert ? Ou mal fermé ? Je pris un peu de recul, histoire d’avoir sous les yeux la totalité du problème clairement devant moi. Porte, diode et sonnette. C’était la clé d’accès qui me manquait. Il suffisait de sonner. Alors j’indexe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Héhé ! Encore une carte oubliée ? J’en ai marre de faire le portier de cette boîte ! »&lt;br /&gt;Je bonjoure puis m’excuse de la gêne occasionnée et dans la foulée je demande pourquoi tout à l’heure je n’avais pas eu besoin de sonner. Je suis fixé par un œil pas jouasse, une fissure cise juste en dessous me lance. « Pasque jusqu’à neuve heures trente c’est pas fermé. » J’avais le fin mot de l’histoire, il était neuve heures trente cinq. Je remercie ingénument et marche au large. Je pénètre dans l’Opène Spayce. Quelques têtes au même instant marquent un léger mouvement, comme quelques coquelicots perdus au bord de l’autoroute soufflés par le passage d’un camion, je me sens réellement étranger à ce monde. Je lâche un soupir et me dirige vers le fond de la salle. Les coquelicots me saluent d’une Ola digne d’un Guingamp/Louhans-Cuiseaux au Parc des Sports de Bram un soir pluvieux de seixième de finale de Coupe de France. C’est pathétique, je ne sens pas de curiosité, juste une habitude, un réflexe. Combien de fois ce spectacle a-t-il été joué ces derniers jours ? Le combientième suis-je à effectuer pour la première fois ce trajet, à cette heure de la matinée ? Une fois la pièce traversée, je me retourne, tout est calme, et je reste planté là. Je regarde tout le monde. Entre moi et eux, il y a un géosynclinal d’heures de labeur, d’habitudes, d’intra-relations. Je vais devoir faire tout ce trajet à pied pour les rejoindre. Je rentre dans un marais, ça fermente au fond, avec des trucs qui remontent. Ça fait partie du boulot, mais y’avait rien de ça sur mon contrat. Ça, ça sera entre moi et eux. Jusqu’au nous.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/37564866-5770369140096580917?l=nouvellevieparisienne.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/5770369140096580917/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=37564866&amp;postID=5770369140096580917' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/5770369140096580917'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/5770369140096580917'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/2007/06/et-cest-ma-place-alors.html' title='Et ça c’est ma place alors ?'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866.post-7268759979381926214</id><published>2007-04-10T16:37:00.001+02:00</published><updated>2007-04-10T16:37:31.720+02:00</updated><title type='text'>Tu vas pas le croire !</title><content type='html'>« Ouais ! C’est ouvert. Entre. »&lt;br /&gt;Ben, je m’exécute. Je baisse la poignée, je pousse la porte, mais ça ne marche pas, alors je tire la porte, et elle s’ouvre. Mon geste est un peu trop vif, mon pied bloque la porte, la rencontre est violente, on peut le dire, donc la porte marque un petit retour qui me fait lâcher la poignée. Je rattrape le coup in extremis, refais le même mouvement de traction mais cette fois-ci sans que mon pied n’intervienne. J’achève mon geste avec une certaine noblesse, et entre d’un pas décidé dans le bureau enfumé de mon nouveau taulier. Il est surpris. Il ne semblait pas s’attendre à mézigue sous ses yeux. Je lui souris, lui non, je vais pour lui parler, mais lui déguaine plus vite « Qui vous z’êtes ? » Je me présente, son rencard de 09h00, une embauche, un nouveau, un impétrant, tout frais après des mois de chomedu, prêt à l’ouvrage, deux doigts sur la couture, bref un salarié exemplaire, modèle, bien sous tous les rapports, et surtout présent. Il m’invite à occuper une chaise cise en face de lui, et il lâche enfin un sourire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Je vous avais oublié »&lt;br /&gt;Pas d’problème, c’est normal, beaucoup de boulot, j’comprends, ça m’va, pas d’lézard, tout baigne, tip top, d’la balle, cool. Ça met tout de même dans une certaine ambiance. Certainement que ces gens-là doivent user pas mal de salariés, ou bien, ou bien ils sont en période de recrutement. Ce qui explique ma présence ici, puisque après une dizaine de mois d’envois de CV un peu partout dans Paris, ce boulot est le premier à se présenter sous la forme concrète d’un contrat. Ils embauchent massivement, ils raclent les fonds de l’ANPE, et rameutent tout ce qui a bac + beaucoup, qu’est pas cher et qui sait manier la langue de Delerm. Je prends siège et m’apprête à l’écouter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« J’ai deux trois choses à faire, ensuite je suis à vous »&lt;br /&gt;Bien, bien. Très bien, allez-y, prenez votre temps, de toute manière je suis là jusqu’à 17h00, donc j’ai vraiment tout mon temps. Voilà, voilà. Je vais vous décrire tout ça, puisque j’y suis. Le bureau, il est un peu en bordel, mais c’est encore potable, y’a sa bécane qui prend une belle place, un joli écran plat mais placé de telle sorte qu’assis face à mon boss, impossible de voir ce qu’il y a dessus, il a même pris la peine de le décaler encore un peu pour que je ne puisse pas y jeter un œil. Il est prudent, ou parano. Qu’est-ce que j’en ai à branler de son écran après tout ! Pour lui c’est important. Soit. Le gars maintenant. Pas folichon, grosse tête, putain de voix grave, la bouche un peu tombante surtout côté gauche, des dents détruites par la nicotine et le goudron, des petits yeux avec une petite broussaille au-dessus et surtout, une touffe de poil qui a réussi à échapper à son rasage approximatif du matin. C’est pas un habitué de la chose donc, je dirai, au bas mot un rasage tous les quatre à cinq jours. Ou alors c’est que ses poils poussent vite. Parce qu’en haut du torse, s’échappant de sa chemise simili blanc, y’a une touffe qui sort et qui semble…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Donc, bienvenu chez ASP Etudes ! »&lt;br /&gt;Arf, c’est con y’avait encore à causer sur le gars. Pas grave, j’y reviendrai plus tard. Il me débite son discours sur la boîte, un peu d’histoire, que c’est une boîte qui a acheté d’autres boîtes, que ça se développe comme ça, y’a des synergies, et aussi des retours sur investissement et encore aussi des développements croisés et tout et tout. Bon, pas intéressant ça. Il m’explique le nom de l’entreprise : April Société et Partenaires que ça veut dire. C’est anglo-franco-germain et c’est le nouveau leader des Etudes en Europe. Ils regroupent des infos pour un peu tout le monde, entreprises, partis politiques, journaux et aussi particuliers. Puis après ils analysent, ils ont des outils qui mesurent les bruits et des choses de ce genre. Costaud. Sympa. Il dérive ensuite un peu sur le secteur, pourquoi ils sont leaders, puis l’esprit de l’entreprise, sa philosophie, son éthique, comment elle considère ses salariés, etc. Rien qu’avec ça, je pourrais écrire un bouquin de 200 pages, donc j’ai fait court.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« On va faire un tour ! »&lt;br /&gt;La découverte des services, des étages et des gens. Il a dit « gens » pour « salariés », peut-être une étourderie de sa part. Je me permets de lui en faire la remarque. Il m’explique que c’est passé dans le vocabulaire courant, que c’est comme ça. Premier tour à l’étage, un vaste opène spayce (avec l’accent s’il vous plaît) avec des ordinateurs et des « gens » au bout, chacun un peu courbé sur des tables un peu trop basses, grosses lumières sur les claviers, et des journaux partout. De grosses armoires chargées de dossiers de plusieurs couleurs. Il m’dit « Service de lecture », c’est de là que partent les infos. Au fond une salle de pause, non fumeur. On prend le couloir que j’ai traversé tout à l’heure et il ouvre une porte « Service média », des « gens » tout pareil que tout à l’heure mais ils ont des écouteurs, ils tapent sur leurs claviers, il y fait chaud et personne ne cause. On prend l’escalier, on descend au troisième. « Service des études ». Pas d’opène spayce ici, des petits bureaux fermés, y’a pas de « gens » ici, mais des chargés de dossiers, c’est eux qui étudient ce que les autres lisent, écoutent et voient. Un peu une élite ? « C’est ça, l’élite de l’entreprise ». L’étage est vaste, y’a aussi des salles de réunion, mais c’est pas un truc à visiter. On descend au second, service commercial et direction générale. Le top du must. On croise un grand gars tout sourire qui tape sur l’épaule en disant bonjour, c’est le directeur commercial. Un grand bureau, c’est celui du directeur général qui a donné son nom à l’étage, et un autre bureau plus petit, le RH.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Je vous laisse entre ses mains expertes. A plus tard ! »&lt;br /&gt;A plus tard ! C’est le moment de signer mon contrat. Parler un peu gros sous, horaires et tout le tintamarre. On en avait déjà un peu causé, en gros, des fourchettes, il fallait que tout ça soit confirmé par le directeur de la production. On allait voir ce qu’on allait voir. J’avais déjà croisé ce gars lors de mon premier et seul précédent rendez-vous avec la boîte de recrutement. Il avait l’air un peu tristoune, pas trop à sa place au milieu de toutes ces jeunes filles. Mais là, dans son bureau, il était resplendissant. Son cagibi était le parfait prolongement de son petit corps fade, il l’habillait impeccablement, la moquette semblait sortir de ses pieds, le bureau être une excroissance fabuleuse de son sexe, son clavier était ses mains et son écran ses yeux. Et sa lampe de bureau verdâtre lui faisait un genre d’accroche-cœur. Seule la chaise avec coussinet intégré était étrangère à cet univers, elle montrait son dossier à une large étagère, seul horizon que ce petit bout d’homme se permettait d’admirer. Il m’invita à m’asseoir d’un regard inadjectivable. Ce que je fis, avec élégance, faut pas déconner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;CDI, 35 heures, 1700 brut, 6h – 14h, avec une heure de pauses cumulées, panier repas, pas de chèques repas, un restaurant d’entreprise est à disposition, interdiction de fumer dans les locaux, pas d’autres contrats autorisés avec d’autres entreprises, possibilité de modifier les horaires suivant les nécessités de l’entreprise, possibilité de changer de lieu de travail suivant les nécessités de l’entreprise. Des questions ? Signez ici, et ici, et là et paraphez.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/37564866-7268759979381926214?l=nouvellevieparisienne.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/7268759979381926214/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=37564866&amp;postID=7268759979381926214' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/7268759979381926214'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/7268759979381926214'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/2007/04/tu-vas-pas-le-croire.html' title='Tu vas pas le croire !'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866.post-1283084309957658741</id><published>2007-04-01T21:10:00.000+02:00</published><updated>2007-05-31T01:12:19.142+02:00</updated><title type='text'>Lost in transit</title><content type='html'>Wa putain ! C’est laid, ça pue, c’est bondé, c’est crade, c’est donc ça La Défense ! On m’avait dit que ses gratouilles-ciel étaient des prouesses techniques, architecturales, un lieu d’étude urbanistique, un lieu qui réinventait la sociabilité, que son esplanade avait été intégrée dans une perspective parisienne, ben mon n’veu, on n’est pas rendu ! J’devine un chouille à quoi ça ressemble l’extérieur rien qu’à voir ce qu’elle a dans le ventre, La Défense. C’est un hall, avec des gens qui se croisent sans jamais se toucher, avec des enseignes hideuses, et un bruit insupportable. Ceausescu aurait kiffé grave, sûr, que des angles droits, des lignes parallèles, le tout bien haut de plafond, avec des manières de boyaux à emprunter dès que tu veux te tirer de là. Un univers concentrationnaire avec des contrôleurs et des flics, et quelques militaires pour réguler tout ça. Je suis content que ce lieu fasse désormais partie de mon quotidien, ça me rappellera l’importance de tout le reste, et que nous sommes bien peu de choses en comparaison. Eh oui ma bon’ dam’ !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’avise un lieu qui ressemble à une sortie, j’y mène mes pas. C’est bordé d’un megastore culturel et de petites boutiques de fringues, c’est par là, me dis-je, me remémorant le long speech de l’aide de camp de mon patron, et prenez bien par là, c’est plus rapide. Je slalome, pousse une porte et m’arrête devant une pâtisserie réduite à son expression minimale, un autel où sont entreposés les créations locales, une caisse, un comptoir et une beurette au-delà. Y’a la queue, mais j’ai encore le temps. Je compte ma monnaie, et constatant que j’en ai de reste, je commence à discuter mon choix. J’hésite, à cette heure-ci c’est pain choco ou croissant, comme le pain choco est plus divertissant à bouffer, et que j’aime pas les croissants, le choix n’est pas trop compliqué. Pas de liberté, c’est plus efficace, z’ont tout compris ces gens-là. Quand vient mon tour j’annonce, on me sert un bout de pâte imbibée de beurre, je souris à la bonne blague et reprend ma route. Mimine la beurette. Je monte l’escalator, arrive au -1, comprenne qui pourra. Un bel espace qui sent le désinfectant avec fringues à volonté, puis nouvel escalator et nouvel espace tout pareil. C’est le déjà-vu perpétuel dans le coin, faut pas louper le numéro de l’étage, j’avais déjà connu ça aux Halles, mais en plus sale. Ici au moins ça pue le propre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je dois être à l’étage dit zéro, c’est par là que se fait la sortie définitive, elle m’avait dit au bout du couloir, tourner à la sortie Général machin, De Gaulle certainement. Le couloir se rétrécit rapidement, forme un sphincter qui répand ses flux dans une salle d’attente parsemée de bancs mous. Quelques travailleurs dépenaillés sont affalés là, ils semblent réfléchir à leur condition, mais d’un peu plus près, on remarque leurs yeux clos. Une sieste avant de prendre leur deuxième boulot de la journée. Ils sont poisseux et tristes, ce sont de bons ouvriers, durs à la tâche qui travaillent dans l’espoir de ne pas laisser creuver leur famille. Ça te fout dans l’ambiance. Un jour je serai comme eux, peut-être. Mais pour l’instant, je m’en branle, j’ai pas de famille à nourrir, il me faut de quoi payer mes sorties, ma binouze et le reste à l’avenant. J’en crèverai de finir comme eux, surtout ne pas fonder de famille, surtout pas de famille, surtout pas. Je ferme les yeux et me repète ça, putain pas de famille, j’en crèverai. Puis la sortie, annoncée par un gazouilli d’oiseaux morts, électriques, trop bien, le gars qui s’est installé près des hauts-parleurs a des yeux rouges, je compatis, petit échange de regards mais il peut pas le soutenir ça, le gars au comptoir, oubliez moi ! me fait sa calvitie, trace ta route, et laisse-moi en paix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je passe les lourdes portes verreuses, ben quoi c’est pas comme ça qu’on parle des portes vitrées ? et pose un pied dans un abris bordé de murs gris qui laisse entrevoir au fond les premiers rayons de soleil dont je profiterai en direct-live. Un mendiant me fait un large sourire en montrant sa casquette, je lui rend son sourire au plus vite et taille. Gloire à toi astre solaire ! Juste un rayon de ta part me réchauffe l’âme et le corps. Je ralentis ma marche pour profiter le plus longtemps possible de ce moment béni. Au bord des premières ombres, je m’arrête et tourne mon visage vers le soleil. Un soupir. Plein de choses me reviennent en ce court instant, tous mes souvenirs de bitures, mes prélassements, mon farniente, ça paraît plus loin tout à coup quand on en appelle à ses souvenirs, ça fait vieux tout de suite. Pourtant hier encore. Mais je dois en convenir, hier est mort ce matin quand j’ai commencé ma descente. Au diable les varices, des hiers y’en aura plein demain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et je reprends. Deux immeubles me proposent un passage vers un belvedère urbain de toute bÔtée, ils m’épaulent quand me vient un choc esthétique, une tour à gauche surplombée d’une publicité pour une marque de téléviseurs, un pont sur lequel passe un échangeur d’autoroute un peu au dessus de moi, une angle mort sur ma droite où s’entassent des restes de nature et au fond une route quasi nationale, un espace verdâtre et un toboggan rosacé qui glisse une foule piétonnière vers une bouche sans fond. Je dois pénétrer dans cette bouche dont l’orifice final est bordé par l’immeuble dans lequel je passerai au bas mot huit heures par jour. Et là, je dois avouer, j’ai eu comme un souffle au cœur. Jusqu’alors c’était juste assez trop, à présent ça déborde, je rêve d’une bière mais je me dis que je ne peux pas le premier jour refouler l’Amstel sans susciter chez mes interlocuteurs une sourde critique. Fi donc ! J’y vais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je traverse une route, monte sur le toboggan et zou ! en moins de deux j’en suis sorti et me retrouve au pied de l’énorme hémorroïde qui accueille depuis plus de dix ans ASP Etudes pour laquelle je vais bosser au moins aujourd’hui. Après, on verra. Un tourniquet fait office de porte, je le pousse, mais il semble bloqué, je force un peu, lève la tête et remarque que le gardien derrière le comptoir d’accueil m’invite à passer par une des portes qui bordent ce pourtant si amusant tourniquet. J’obtempère et le questionne du regard. Il me dit, « question de sécurité, y’a eu des agressions, n’importe qui peut passer par là. » Peut-être ai-je mal compris ses dires, ou le fin mot de l’histoire m’échappe, mais indiquant la porte que je viens de passer je lui fait remarquer que cela revenait au même, sauf que c’était moins ludique. Il se renfrogne et m’invite à me présenter. Je me décline à l’impératif qui m’invite à monter au quatrième, droite, ouvrir porte, droite puis gauche et sonner. J’acte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’ascenseur se fait attendre, quelques salariés fûtés arrivent par l’entrée arrière de l’immeuble, je salue leur ingéniosité et me décale légèrement afin que tous nous ayons une bonne vision de l’ascenseur à son ouverture. Il tarde. Un salarié se dirige vers une porte non loin de là et monte des escaliers. Il devait être pressé. Nous sommes cinq, tendus vers cette porte métallique, prêts à nous engouffrer. Mais toujours rien. Un pfff ! à ma gauche, et nous voilà six. Je soupire à mon tour, un commentaire fuse « C’est tous les jours la même chose » Pertinent, très pertinent. Enfin nous voici délivrés de cette attente, nous appuyons chacun sur le bouton de notre étage, même quand celui-ci est déjà allumé, un malin demande une fermeture plus rapide. « Encore cassé. » Puis notre Schindler se met en branle. Une personne au premier, deux au deuxième, une au troisième et moi au quatrième, le reste ne me concerne plus. Je suis le chemin que l’on m’a indiqué, ouvre une porte entre deux couloirs et arrive enfin au but de mon éveil matinal, le bureau du boss. Je frappe et une voix dit « Merde, mes clopes ! »&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/37564866-1283084309957658741?l=nouvellevieparisienne.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/1283084309957658741/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=37564866&amp;postID=1283084309957658741' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/1283084309957658741'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/1283084309957658741'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/2007/04/lost-in-transit.html' title='Lost in transit'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866.post-163024728102180976</id><published>2007-04-01T00:12:00.000+02:00</published><updated>2007-05-31T01:01:34.125+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Estomac'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Métro'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Paris'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Intestins'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='La Défense'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Ver'/><title type='text'>C’est bien triste par ici !</title><content type='html'>Ça faisait une paye que je ne m’étais pas tapé un long trajet dans les intestins de Paris. J’avais même pas de carte, et quand j’ai demandé au guichet de me refiler une poignée de tickets, je me suis senti un peu étranger à ce monde. Qui achète encore ses tickets de métro ? Tout le monde à une carte, une carte souvent électronique qui oblige les usagers à lever leurs lourdes sacoches de travail pour passer les tourniquets. Pauvres usagers, si fringants à l’aller, leurs haleines chlorophylées, leurs parfums vaporisés de frais, leurs habits bien repassés, leurs cheveux peignés, ils seront au retour plus ternes, ils sentiront moins bon, leurs habits seront froissés, leurs cheveux en bataille et leurs haleines seront détestables. Ils auront été oblitérés par leur journée. Comme je le serai moi-même. Mais pour moi, c’est une première journée, je ne tournerai pas si vite à l’aigre, j’ai encore en moi ce souffle, ce plaisir de la découverte, quel chemin prendre ? Vers quelle partie de la rame me diriger pour aller plus vite vers l’autre rame, de l’autre ligne, et dans celle-ci dois-je plutôt me diriger vers la tête, ou la queue pour sortir plus vite ? Vais-je prendre les escalators, vais-je marcher dans les escalators ? Tous ces petits détails qu’on oublie quand on est depuis longtemps dans le tunnel. C’est un jeu pour moi le métro en ce premier jour, un genre de découverte, quelque chose d’excitant. J’exagère un peu, mais vous voyez l’idée ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors j’oblitère, je passe le ziguigui, je zyeute la ligne, la deux direction Porte machin, et je changerai à l’Etoile et pis ce sera La Défense. Quel bonheur ! J’arrive sur le quai déjà bien plein, me fraie un passage, et choisis le centre du train, la rame du milieu, un coin peu usité donc qui ne doit correspondre à aucune sortie sur le trajet. J’apprends après tout. Le train s’arrête et vomit quelques passagers, pas grand-monde, pourtant ça bosse pas mal dans mon coin, y’a des magasins, quelques bureaux, peut-être que tous ces braves travailleurs habitent dans le coin, à deux pas de leur turbin. Un quartier bien équilibré en d’autres mots. C’est bien, je sais pas pourquoi, mais je trouve ça bien. Je monte à mon tour dans le ver, me coince sur un bout de terrain entre une jeune demoiselle pimpante et sentant n’importe quoi de Cartier et deux travailleurs lambda tout ce qu’il faut, habillés tristes mais rasés de près. Je suis gêné par cette promiscuité prélaborieuse, j’angoisse de ce que peuvent dire tous ces gens autour de moi, de ma gueule, de mes habits, de mon parfum, bref de ma mise générale. Alors je regarde par terre, imitant les mimiques lointaines des quidams alentour. Il me faut un de ces petits lecteurs de musique que tout le monde semble posséder, me dis-je, ce doit être bien agréable dans une telle atmosphère d’avoir avec soi les sons de sa vie domestique, là, dans le fond de l’oreille. Et puis aussi un livre, histoire de monter ma bulle en dur, comme tout le monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Encore un, deux arrêts et je change de train. Entre-temps, quelques passagers ont été remplacés sans que cela ne bouleverse le dense agglomérat que nous formons malgré nous. Je pourrais vous parler de la vieille dame qui a tenté de grimper dans ma rame mais qui a dû y renoncer faute de place, je pourrais vous parler de cette dame avec sa poussette et ses deux enfants qui a exprimé son mécontement à ce jeune homme bien triste qui aurait dû se lever et lui laisser son siège, je pourrais vous parler du charclo qui insulait copieusement les voyageurs en transit sur le quai précédent, je pourrais vous parler de ce jeune beur et de sa trop grosse valise que beaucoup de passagers ont regardé avec méfiance pensant certainement qu’elle cachait une bombe, je pourrais vous parler aussi de cette petite fille adorable qui commentait les mines des voyageurs à sa maman qui virait vermillon, je pourrais vous parler de milliers de détails qui me sont arrivés sur la gueule en quelques minutes, mais bon, j’ai un peu la flemme et je ne m’en sens pas trop le courage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Etoile. Descente générale, tout le monde se presse, tout le monde court vers l’avant du train et vers le centre du quai pour prendre soit la ligne de la Défense, soit le RER je sais plus combien. Alors je suis, je prends le pli général et je me dépêche, ce qui est fondamentalement con de ma part, je sais pertinemment qu’il y a une rame toutes les deux minutes, si je rate celle que je pourrrais prendre en me dépêchant, éh bien deux minutes après sa petites sœur débarque. Mais je ne veux pas me distinguer, j’ai gagné ma place dans la cohue, je me dois de tenir mon rang, alors je cours presque. Et malencontreusement, je bouscule quelqu’un.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Faites attention enfin ! Ces gens sont d’une malpolitesse, et à quoi ça vous sert de courir comme ça, des trains, il y en a plein.&lt;br /&gt;- Excusez-moi, dis-je clairement. Ma voix était sereine, je n’éprouvais aucun trac à parler simplement avec ce brave monsieur.&lt;br /&gt;- C’est vrai, tous ces gens qui se précipitent…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il entama un monologue, pestant contre « tous ces gens » tout en marchant d’un pas relativement rapide, mais pas assez pour ne pas causer de bouchon derrière lui. Je préférai faire une légère halte et reprendre mes esprits, non ! Je ne suis pas comme eux, non ! C’est mon premier jour, j’ai tout mon temps, je suis en avance, je n’ai pas à me laisser guider par cette foule de journaliers, je vais continuer à mon rythme et je préfère être bousculé que bousculeur et pester moi aussi contre « tous ces gens », parce que merde ! C’est vrai, quoi. Non ? Oh ! Donc je prends mon rythme, tranquille, je regarde les affiches, les publicités, devant le panneau des arrêts de la ligne une vers la défense je fais une halte, je relève le nom de toutes les stations, je les compte, je fais le touriste, ce que je suis en fait, c’est la première fois que je fais ce trajet, je pourrais presque prendre des photos et m’extasier un peu devant le génie des ingénieurs de la RATP qui ont pensé ce dédale, ces stations, ces sorties, et fermant quelques secondes mes yeux, je leur rend hommage. En bas des escaliers qui mènent sur le quai du métro, je suis rattrapé par les passagers du train de la ligne deux qui suivait celui que j’ai quitté. Effectivement, ça pousse au cul ce rythme, il faudrait que je m’y mette, avec moins de passion que la plupart des gens mais avec un certain entrain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’arrive sur le quai, le train aussi, surarchibondé. Les boules in petto-je. Je tente d’entrer, ça marche, les présents font de la place aux nouveaux, j’arrive à m’agripper aux barres verticales qui semblent constituer l’armature de la rame, de la longue rame même, une seule rame, avec accordéons en guise de séparateurs. C’est beau. Puis ça démarre. Ça cahote, et puis un vent nous traverse tous, une seule rame, ça fait beaucoup plus de place pour les courants d’air, je lève le pif et profite de ce vent parfumé. Tant d’espace ça détend, et ce malgré la superbe promiscuité du lieu. Stations après stations la population change légèrement, des détails le plus souvent, parce que tout le monde veut aller absolument à La Défense. La Défense c’est là qu’il faut être à cette heure de la matinée, c’est là que tout le monde doit se montrer pour être comme tout le monde, et tout le monde s’est passé le mot. Et je ne sais par quel miracle ce mot m’est venu aux oreilles, peut-être suis-je un inspiré, peut-être une voix divine m’est-elle entrée par les canaux auditifs. En tout cas, je suis la bonne voie. First will take Etoile then will take La Défense. Mais attention, il y a deux arrêts La Défense, le mien est le second, celui qui amène sous l’Arche, aux Quatre temps et au CNIT. Une voix nous invite à nous tirer de là et remonter à la surface, ce que je m’empresse de faire. Je suis en tête de rame, une sortie s’offre grâcieusement à moi, j’y cours presque, ce lieu me suffoque, en haut de l’escalator enfin les machinchoses qu’il faut passer et là, je ne suis plus dans les intestins de Paris mais dans son estomac.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/37564866-163024728102180976?l=nouvellevieparisienne.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/163024728102180976/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=37564866&amp;postID=163024728102180976' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/163024728102180976'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/163024728102180976'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/2007/04/cest-bien-triste-par-ici.html' title='C’est bien triste par ici !'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866.post-7185993279353479148</id><published>2007-01-26T07:43:00.000+01:00</published><updated>2007-01-26T13:36:07.068+01:00</updated><title type='text'>Le tunnel</title><content type='html'>« This is it ! » En entendant sonner le réveil, j’ai ressenti une immense boule d’énergie dans mon ventre, une sensation que je n’avais plus eu depuis longtemps. Quelque chose qui fusionnait plusieurs sentiments, des sentiments forts, des sentiments pleins. Je commençais quelque chose ce jour-là. J’ouvrais un nouveau chapitre, je rencontrerai de nouvelles personnes, entrerai dans de nouvelles relations, découvrirai un métier dont je ne soupçonnais pas l’existence. Ça débutait. Et c’était bien. J’aurai pu faire différemment ce matin, j’aurai pu me lever différemment, faire mes premiers gestes différemment, prendre mon café différemment, puis me laver différemment, mais j’avais acquis toutes ces petites choses après tellement d’efforts, qu’elles semblaient naturelles, des automatismes incontournables, des évidences. Ça me permettait de ne pas trop m’en faire, ça me décomplexait, ça facilitait les choses. Je savais qu’une fois lavé et habillé, tout irait pour le mieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, je devais apporter quelques petites variations à mes rituels matinaux. Je devais me raser, ce qui n’est jamais bien agréable. J’utilisais une crème qui mousse quand on l’étale, elle assouplit la barbe et protège la peau. Elle permet un rasage de qualité sans trop d’efforts. Enfin, c’était dans la pub. En vrai, ça m’irritait, le feu du rasoir était toujours aussi intense. Longtemps, je me suis servi d’un rasoir trois lames, mais avec mon chômage, il m’avait fallu revoir à la baisse la qualité de tous les objets de mon quotidien. J’employais donc des double-lames jetables, aussi efficace que les trois-lames, mais moins confortables. C’est le visage un peu rougi que je pris ma douche. L’eau chaude détendit ma peau, surtout les joues et le cou, parties très sensibles. Je restai quelques temps, les yeux fermés, à profiter du jet énergique et juste un peu trop chaud de mon pommeau directionnel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois bien séché, il me fallait m’habiller de manière « correcte », chaussures de ville, pantalon léger, chemise et veste, sans trop de chichis mais pas trop décontracté. Je savais que la première impression resterait longtemps, il faudra qu’elle soit excellente, qu’elle en dise juste assez sur moi pour pouvoir ensuite régler le tir. Les salariés d’une boîte sont comme des animaux en cage, ils voient tout en deux dimensions, la profondeur vient beaucoup plus tard, une fois qu’on est bien dans la cage, tous ensemble, qu’on a bouffé aux mêmes râteliers. Je savais ça d’expérience, je m’étais déjà fait avoir. Et puis il faut se présenter sans passions, ce sont les passions qui nous trompent en premier, elles mentent sur nous, nous font rentrer dans des catégories spontanées, et les salariés aiment bien les catégories. Il faut rester le plus longtemps possible dans les zones grises, celles du dernier arrivé, de l’impétrant un peu soumis, qui a le regard en dessous, qui montre un peu d’admiration pour le savoir faire illusoire des autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pas de cravate. En prendre une et la mettre dans ma serviette. Une fois habillé, je me rendis compte que mes chaussures n’allaient pas. C’est important les chaussures, beaucoup de gens regardent d’abord les chaussures, elles sont pour eux une expression fondamentale de la personne qui se présente, une manière de juger et de catégoriser rapidement quelqu’un. Mes chaussures juraient avec ma serviette. Il m’en fallait d’autres. J’avisai une paire noire, qu’il me fallait un peu nettoyer. Ce que je fis. Une fois certain d’être prêt, je m’allumai une cigarette, regardai mes mèls puis commençait le rituel du départ. Cuisine, pour vérifier le gaz, chambre, pour voir si la fenêtre était bien bloquée, salon, pour que rien ne reste allumé, puis salle de bain, est-ce qu’un robinet coulerait encore ? Un paquet de Dunhill neuf, mon portefeuille, mon portable, un peu d’argent et des mouchoirs. Il me fallait acheter des billets de métro. Et c’était bon. Je refermai mon appartement et sortis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je croisai des voisins, pour la première fois depuis longtemps. Nous allions tous au turbin. Ce fut une sensation agréable, celle d’être redevenu normal, de rentrer dans le droit chemin. Je vis dans un regard une espèce de reconnaissance, du pareil au même, j’entrai dans une fraternité. Ma concierge me souhaita bonne chance, elle savait, depuis le temps. Les rues étaient constellées de parisiens et de banlieusards en marche vers leurs lieux de travail respectifs. Parfois en grappes, discutant ou le visage fermé. Les voitures se traînaient, certaines de ne pouvoir échapper aux feux rouges. Et moi redécouvrant tout ça, presque émerveillé d’être à nouveau vivant parmis mes congénères. Ma bouche de métro était en vue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les quelques pas qui me séparaient de la station Villiers me parurent plus difficiles à faire que d’habitude, chacun ravivait un souvenir de ces quelques jours passés depuis ma balade dans le parc. Je me parlais. Mes lèvres bougeaint légèrement. Un rictus qui ressemblait à un sourire, c’était ma rencontre avec cette inconnue, c’était ce qu’il m’en restait, un rictus un matin, de mon premier matin de reprise du travail, et cet artiste un peu râté, c’était une ride au coin de l’œil, et tout ce temps à m’imaginer ce qu’était ma vie dans cette calme solitude, c’était ce dos légèrement voûté. Toutes ces choses étaient avec moi, sur le quai, à attendre ma rame. Tous les jours qui suivront celui-ci seront les mêmes, les mêmes trajets, les mêmes personnes, les mêmes bruits, avec des intensités un peu différentes, suivant le calendrier des vacances scolaires, et tous les jours, il y aura ce ver, ce ver gigantesque qui vit dans le ventre de Paris et qui m’amène dans mon tunnel, le tunnel dans ma vie rêvée, ma nouvelle vie parisienne.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/37564866-7185993279353479148?l=nouvellevieparisienne.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/7185993279353479148/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=37564866&amp;postID=7185993279353479148' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/7185993279353479148'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/7185993279353479148'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/2007/01/le-tunnel.html' title='Le tunnel'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866.post-4527097654697724243</id><published>2007-01-24T10:15:00.000+01:00</published><updated>2007-01-24T19:48:07.801+01:00</updated><title type='text'>Vivement demain</title><content type='html'>Le lendemain me trouva d’humeur primesautière. J’avais devant moi le dernier jour de vacances avant longtemps. Toutes les semaines qui allaient suivre demain seraient toutes semblables, ennuyeusement semblables. Je devais dont me servir de ce dernier jour avec le plus de légèreté possible, je devais le gâcher avec désinvolture. Tous ces jours utiles qui vont arriver ! Tous ces jours où je ferai quelque chose, je produirai, je gagnerai de l’argent, pour mon loyer, pour mes factures, mes clopes, et mes loisirs. Quelle pauvreté ! Je vais gâcher mon temps pour d’autres quand je pouvais encore le gâcher pour moi. Cette perspective me démoralisa quelque peu, mais j’avais une envie folle de ne rien faire qui puisse gêner un tant soit peu la douce harmonie qui jouait encore en moi. Je ne ferai rien aujourd’hui. Absolument rien, je construirai le vide autour de moi, et en moi. Un vide complet, sans aucune scorie, sans aucun bout de quelque chose. Je serai un trou, un immense trou, sans mesure, sans dimensions que mon corps. Et ce corps, je le laisserai dans son coin, affalé, sans mouvements que les spasmes nécessaires à son fonctionnement souverain. Je ne lui donnerai aucune direction, il pourra faire ce qu’il voudra, je ne voulais pas m’en soucier. J’avais une journée devant moi, j’allai la faire durer impeccablement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc me voici allongé sur mon canapé, je regarde mon plafond. Ça faisait longtemps que je n’avais pas regardé mon plafond, je n’en connaissais pas toute la surface, je me lançais dans une étude approfondie de sa plateur, de ses traces, une petite toile d’araignée délaissée sur un bord, une tâche d’humidité près du plafonnier, quelques fissures qui tentaient de se rejoindre, formant une carte imaginaire des déplacements des masses du voisin du dessus, un souvenir des mouvements de tout l’immeuble, les reliquats de toutes ces années de présence de cet appartement dans ce bâtiment, dans Paris. J’imaginais les petits tremblements causés par le métro, les rares fois où la terre a tremblé, les meubles qui ont été déplacés au dessus, et les coups sur les murs. Puis la vie des araignées qui sont passées par là, leurs trajets, ce qu’elles ont pu trouver comme mouches et autres insectes volants ou rampants. Et les ampoules grillées. Et les couches de peinture. Et le dernier coup de balai passé avant que ne m’installe ici. Tout ça se mêlait dans un souvenir imaginé des vies passées de cette pièce.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je fermai les yeux et rêvai. Une araignée grosse comme mon poing marchait sur le plafond, elle construisait un piège. Puis elle fila jusqu’à moi. Une fois sur mon ventre, elle se mit à visiter cette surface chaude, elle rencontrait des bosses, des creux, qu’elle évitait ou parcourait tranquillement. Elle descendit jusqu’à mes pieds. De là, elle se traîna jusqu’au canapé. Elle le descendit à son tour jusqu’à toucher le parquet. Ses multiples fissures l’amusaient, elle en visita quelques-unes, et en choisit une pour s’installer, abandonnant la rude vie du plafond pour le calme des profondeurs. Elle construisit une nouvelle toile, un cocon qui ne serait détruit que par le passage d’un aspirateur. Mais en attendant, elle y serait bien, tapie, prête à surgir à la moindre alerte, au premier passage d’un rampant quelconque dont elle ferait son repas. Elle s’endormit à son tour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon téléphone me réveilla. Un peu pâteux je répondis à son appel. Un sondeur voulait me poser des questions sur mes goûts vestimentaires. Je me permis de raccrocher sans un mot. Ouvrir ma bouche était un effort trop violent. Je comptais le faire au moment du repas, pour commander une pizza, ou un menu japonais. Il n’était pas encore l’heure, je n’avais pas encore tout à fait faim. Je pris une BD au hasard et la feuilletai. J’en regardai les images, avec un détachement peu ordinaire, un ennui profond. Bof ! me dis-je, à quoi bon faire des trucs. Lever les bras pour tenir cet ouvrage à niveau de vue me fatiguait. J’atteignais doucettement l’état que je recherchais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vers 13 heures, mon ventre se mit à gargouiller avec insistance. Il était temps. Mais au lieu d’appeler un restaurateur à domicile, me vint l’envie de manger dehors, même seul, surtout seul en fait. A cette heure les restaurants et brasseries étaient pleins, mais le temps de me laver libérerait pas mal de tables. Donc douche. J’avais fait ça d’instinct, parce que ça m’allait bien à ce moment, ça ne me coûtait rien. Une fois habillé, une autre envie. Manger dehors m’agaçait, m’irritait, je mangerai à la maison. Rien dans le frigo, quelques plats tout prêts dans le congélo. Un coup de micro-ondes et c’était prêt, des cannelloni bien gras. Je me mis devant la télé et dévorai cette mixture informe devant une série niaise. Ça me convenait, j’étais bien, tranquille, presque heureux. Parce que demain…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le ventre lourd et un peu douloureux, je m’allongeai. Mon plafond n’avait plus rien d’intéressant, donc je changeai de position, sur le côté, la télé droit devant. Un documentaire minable. Une larme roula jusqu’à mon oreille. J’allai garder cette position jusqu’au soir. Je zappai. Les rares idées qui me traversaient l’esprit se firent de plus en plus rares. Et pendant la dernière heure, pas un seul mot, pas une seule image, rien. Ma tête était vide, claire, limpide. J’étais prêt à passer à autre chose. Je ne savais pas à quoi, mais j’étais prêt. Toutes ces semaines à ne rien faire m’avaient libéré de tout intérêt pour ce que pouvait présenter le monde extérieur, toute sa diversité me passait par dessus la tête à présent, j’avais fait un grand tour, fantasmé tout ce qui pouvait survenir, fait des expériences, je m’étais écouté, puis laissé faire, j’avais tenté des trucs et laissé des trucs venir vers moi. Toutes ces positions, toutes ces idées, je n’avais plus à m’en tracasser, tous les jours dix heures seront remplies pour moi par d’autres, à quoi bon m’en soucier. Je pouvais laisser filer, me laisser emporter totalement, jusqu’à la prochaine fois où j’aurai vraiment le temps de penser à moi et à tout ce qui bouillonnait dedans. Ce sera dans longtemps.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/37564866-4527097654697724243?l=nouvellevieparisienne.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/4527097654697724243/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=37564866&amp;postID=4527097654697724243' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/4527097654697724243'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/4527097654697724243'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/2007/01/vivement-demain.html' title='Vivement demain'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866.post-1555213335120175315</id><published>2007-01-23T06:26:00.001+01:00</published><updated>2007-01-23T06:26:33.100+01:00</updated><title type='text'>Des livres et moi</title><content type='html'>On a beau dire, on a beau faire, le temps passe. Et à part essayer de modifier l’ordonnancement de l’univers et l’ordre des choses en utilisant des cosmétiques, on peut rien contre. Malgré l’immense repos accumulé, je me sens fatigué. Mon corps se prépare au choc des réveils le matin, des lavages en vitesse et de la foule du métro. Il me faudra traverser Paris pour atteindre mon bureau, mon espace de travail, mon unité de production, ou quoi sais-je encore. Faire deux changements, et perdre au bas mot une heure à l’aller et autant au retour. Peut-être avec le temps je trouverai des raccourcis, des itinéraires plus rapides ; mais au début, je reste dans la ligne, je fais au plus simple, je vais du plus proche au plus proche en prenant le chemin le plus droit. Sagesse pratique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les séparations sont expédiées, pas de dernier verre ou de bout de chemin ensemble, chacun trace sa route, et de toute façon demain on se revoit, et après demain, et les jours qui suivront. J’arrive en une clope à la maison, je pose ma veste et suis pris d’une irrépressible envie de contempler, de me mettre en veille et d’admirer quelque chose, en fait d’être en admiration quelque soit la chose devant moi. Je m’assieds et observe mon salon. Chacun des objets présents, je les connais, je sais leur histoire, leur provenance, leur utilité, et pour certains leur avenir. Je m’arrête sur la bibliothèque, l’étagère du centre, celle juste au dessous de l’exact milieu, un livre dans la rangée au centre mais un peu sur la gauche, il est à l’envers et je rentre dans autre chose, je revois certains moments, des émotions liées à cet ouvrage, les personnages, les lieux, les actions de chacun, puis l’histoire dans toute sa complexité. Et puis ces mots, ceux qui m’ont ému, la simplicité du style, des situations, des émotions. Tout est là d’un bloc sous mes yeux. Puis je passe au livre à côté, c’est autre chose, il est plus gros, plus complexe et certains passages ont été zappés, je retombe un peu, et je décide de choisir plutôt que de me laisser guider par mon regard. Je vais à l’autre bout de la rangée et je suis à nouveau transporté dans un univers dans lequel j’ai pris un immense plaisir à naviguer, j’y retrouve des héros, des aventures, des serviteurs zélés ou fourbes, des rois et des vilains, j’en souris. J’ai passé beaucoup de temps dans cet univers mais à présent, il n’est plus qu’une série d’actions sans le lien que je cherche maintenant dans les livres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’exige d’un livre qu’il m’en dise toujours plus sur moi. Qu’il soit tout à la fois miroir, puit de vérité et oracle, qu’il parle sans détour ou par énigmes, et je n’exige même pas qu’il ait un début et une fin, une histoire ou un semblant de récit. S’il m’a permis d’accéder à un petit bout de moi-même, quelle que soit son indigence, il sera des livres de ma vie, de ceux que je garderai dans ma bibliothèque, quel qu’ait été l’âge duquel il me parlait. Ces petits sauts dans les livres de mon passé me détendent, ils m’offraient la respiration dont j’avais besoin ce soir-là, ils me permettaient de revoir des horizons disparus, de retrouver des chemins parcourus, des balades, et certaines plaines majestueuses où je me suis longtemps arrêté. Je me souviens de Martin Eden, de Notre-Dame de Paris, des Trois mousquetaires, de Dune, des Sept piliers de la sagesse, et Sana et Palahniuk, et Duby, et Marx. Certains sont là encore sous mes yeux, d’autres n’ont jamais été là, toujours de passage mais toujours là parce qu’il y avait un lien vers eux, un livre qui dit une époque, qui dit un lieu, qui dit des mots, des livres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis je change de rangée et je continue le jeu jusqu’à ce que plus rien ne me vienne en tête, que le jeu s’achève de lui-même, parce qu’il faudrait que je me lève pour regarder derrière ces livres, la seconde rangée, celle des livres vraiment importants, ceux rangés en premier, parce qu’on les aime plus, parce qu’on veut les protéger plus vite. Passer au second rang m’aurait pris trop de temps, et puis je me connais, j’aurais dérangé tous mes livres, les aurais reclassés par auteur, ou taille, ou couleur, ou collection, suivant l’humeur, cela aurait duré trop longtemps, puis il fallait se baisser, et j’ai trop mal aux genoux. Je marche trop.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/37564866-1555213335120175315?l=nouvellevieparisienne.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/1555213335120175315/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=37564866&amp;postID=1555213335120175315' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/1555213335120175315'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/1555213335120175315'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/2007/01/des-livres-et-moi.html' title='Des livres et moi'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866.post-7193998048752692848</id><published>2007-01-19T09:42:00.000+01:00</published><updated>2007-01-19T09:55:16.158+01:00</updated><title type='text'>Un lundi soir sur la terre</title><content type='html'>C’est un moment très particulier de la semaine le lundi soir, dans cette petite salle enfumée, dégorgeant de monde, pleine de mots. On s’y retrouve, et qui passe devant jette toujours un œil car on ne sait jamais. On s’y croise pour la première fois dans le quartier, on s’y reconnaît, puis on boit ensemble. C’est une intersection entre la vie laborieuse et la vie oisive, entre deux rues incomparables, entre générations, entre le calme de la journée et l’enthousiasme du soir, entre hommes et femmes. Ça mélange et ça rapproche, tout en mettant cette petite distance imperceptible au départ, car nous sommes tous trop proches, mais qui grandit parce que là est mon territoire et si je suis là ce n’est pas parce que j’aime l’humaine nature, sa profondeur incommensurable, sa beauté irréfragable, mais parce que je veux baiser ! Et je vais choper dans ce bar, si tu me lâches la grappe. Bois dans ton coin et me soule pas dans ma chasse ! Non, mais. Hein ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors ? Alors… Alors on fait avec un peu tout ça, et les grognements, et les regards libidineux, et la crasse, et voilà, la vie telle qu’elle est, ici, avec des lois qui sont les siennes, là, à ce moment, mais on sait tous et qui se met là sait où il se met, et qui va au bar sait où il se met. Ça ne dit pas les mêmes choses, avec le même ton, position du torse, des jambes, frôlements, et regard en dessous, ou de côté. Alors oui, c’est bien, ça vit, ça bouge, c’est sympa comme tout, mais faut pas regarder en dessous et faire un peu semblant qu’on va se retrouver pour discuter tranquille autour d’un verre et… j’arrête parce qu’ils arrivent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Salut, Ô front de la culture ! »&lt;br /&gt;« Yep ! »&lt;br /&gt;Ce sont nos cris de ralliement, références, signes de reconnaissance, qui mettent à l’écart, en les disant, tout ce qui nous entoure, nous constituons un espace aussi grand que porte nos voix. Et dans ce lieu, c’est bien peu de chose. Nous sommes installés au bar, à gauche en entrant, derrière une fine colonne, un coin protégé, qui peut contenir quatre personnes, nombre que nous dépassons le moins possible. Trois étant l’arèté de la conversation, car toujours en déséquilibre, toujours en mouvement, la parole à trois n’est jamais arrêtée.&lt;br /&gt;« T’es seul tout ? »&lt;br /&gt;« Y’a 33% qui va débarquer »&lt;br /&gt;« J’ai déjà commencé à grignoter »&lt;br /&gt;Dans ces moments, je me sens apaisé, comme en prière, en communion avec quelque chose. Y’a de la transcendance dans tout ça, dans cette couche en suspension, y’a des p’tits filets d’air qui font des remous vers le haut, des p’tits tourbillons qui me reposent l’âme, que je contemple un peu, et avec lesquels je joue en passant la main ou en soufflant dessus. Juste au niveau des yeux. Une émotion qui flotte mais que j’atteints jamais vraiment, parfois l’œil qui s’humidifie quand un peu de cette poussière rentre dedans, un mot, une image, un son. C’est ça discuter pour moi, c’est avoir la tête dans le même brouillard de mots.&lt;br /&gt;« Bon alors c’est fini le farniente ! »&lt;br /&gt;« Santé ! »&lt;br /&gt;Y’a toujours plus à dire dans certains moments, alors on cherche le mot qui va bien, qui à l’équilibre qui se joue entre les syllabes et les silences apportera un petit mouvement qui ne tient qu’à soi, qui est sa trace dans la bulle sonore qui nous contient tous, un petit in-put comme le battement de l’aile du papillon, qui peut tout faire basculer, qui est soi irrémédiablement. Je sais que je peux modifier l’ordre de l’univers en quelques actes précis, je sais que c’est possible, je le sais parce que c’est évident, tout ce qui existe a un point faible qu’il suffit de trouver, je cherche ce point faible dans l’univers et il ne peut être qu’en moi, c’est là que peut commencer l’effondrement général de tout ce qui existe. Un point en moi qu’il faut que je trouve.&lt;br /&gt;« Et comment va ta copine ? »&lt;br /&gt;« Elle est rentrée chez ses parents pour les vacances »&lt;br /&gt;Ce n’est pas toujours si simple, il faut parfois saper l’édifice en creusant à certains endroits, pour faciliter l’acte final, le dernier trou qui va tout craqueler. Et peut-être s’asseoir et regarder la faille s’agrandir jusqu’à ce que les premiers morceaux de l’ensemble s’écrasent sur soi. Et s’ensevelir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Assez vite nous nous sentons tous fatigués, soit parce que c’est lundi soit parce que c’est encore un jour comme un autre ; cette régularité nous affaiblit, ça nous gratte tous, toutes ces journées travaillent comme des termites le bois, ça creuse, ça part en poussières, et ça fragilise. Nous avons tous notre colonie, plus ou moins dynamique ou affamée, qui nous fait des bruits dans la tête, il n’y a pas beaucoup de traitements contre ça, on imagine qu’en utilisant certains poisons on luttera contre l’infestation, mais l’efficacité de ces traitements reste à prouver. L’alcool, l’herbe, le travail, le sexe, on cherche un truc qui va circonscrire ce temps qui passe à une zone de notre bulle, pour préserver le reste.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/37564866-7193998048752692848?l=nouvellevieparisienne.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/7193998048752692848/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=37564866&amp;postID=7193998048752692848' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/7193998048752692848'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/7193998048752692848'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/2007/01/un-lundi-soir-sur-la-terre.html' title='Un lundi soir sur la terre'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866.post-2535093501909935982</id><published>2007-01-16T08:34:00.000+01:00</published><updated>2007-01-18T13:23:19.807+01:00</updated><title type='text'>Back to reality</title><content type='html'>J’ai le sentiment d’avoir passé une partie de ma vie dans ce brouillard, où les seules choses réelles étaient celles auxquelles je pouvais me cogner. Pas de réalité sans coup, et tout le reste avait le caractère du songe. Et peut-être qu’à force d’avoir des bleus, j’ai fini par, inconsciemment, tout faire pour éviter ce contact un peu abrupt avec les choses, préférant imaginer un peu plus pour souffrir un peu moins. Et penser à la prochaine chose que je pourrais faire, c’est surtout penser écorchures, douleurs, voire fêlures, c’est se dire qu’il va falloir affronter, quand en penchant légèrement la tête sur le côté, un monde bien plus doux et bien plus riche s’offre à moi. C’est mon monde. Il y a à Montmartre une maison étrange, inquiétante si l’on se laisse aller à imaginer ce qu’elle était : la maison des brouillards. On peut l’approcher par un passage qui nous la présente dans toute sa gloire mystérieuse. Je ne l’ai toujours sentie que troublée. Il suffit que je ne puisse l’atteindre pour qu’elle change d’univers et rentre dans ma manière de faire avec la réalité. D’ailleurs, cette manière d’être ne concerne que moi, elle n’implique que moi puisque tout ce qui a le caractère de la dureté (mais ce peut être mou) ne peut faire partie de ce monde. Je suis la seule chose qui a de la forme et de la substance. Je suis toute la substance de mon univers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, que je lui parle, que je la touche, la prenne dans mes bras, l’embrasse, la cajole ou l’ignore, c’est la même chose. D’une certaine façon. D’une certaine façon qui à ce moment précis me convenait parfaitement. Elle m’évite un coup. Ou une écorchure, une éraflure, bref un fil rouge. Le moment qui venait de passer était irrémédiablement fini, je pouvais à mon tour sortir et reprendre ma route vers la fin de ce lundi, entamer le jour suivant et atteindre enfin le but de tout ce manège, le jour d’après demain, le premier jour des jours qui suivront ma nouvelle vie parisienne, la clôture du temps des jours anciens, une manière de dernière cigarette, de dernier verre, celui qui doit signifier que je pouvais arrêter mais qu’il me fallait en passer par là pour montrer que j’ai le pouvoir de limiter cette consomption. Mon monde est peut-être virtuel à vos yeux mais il ne me détruit pas, il me préserve, il me réconforte, je l’ai bien en main. Il est à ma forme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vais pas me laisser emmerder par des considérations trop générales non plus, faut pas déconner. Car à trop penser ce que l’on est, ou ce que l’on fait, on reste là, à penser à des trucs, on s’laisse dépérir, le ciboulot en vrac. Pas mon truc. J’avais pris un pli qu’était pas trop jouasse, mais ça m’faisait du bien d’avoir cette espèce de malaise, un peu ado dans les coins, prise de tête un peu gnangnan, bref comme des idées de gonzesses mal baisées. Je reprenais du poil de la bête en m’soliloquant de cette manière, me bouger le cul et faire quelque chose de sympa de cette soirée qui s’annonçait. J’étais à deux monuments de mon quartier, une idée de coin pour siroter et discuter. Mon bar de lecture avec une chouille de monde. J’avais fixé la cible. Deux coups de fil et y’avait là de la substance pour passer un moment vraiment sympatique. Tout était prêt pour vers 21h. J’avais un poignée de quarts d’heure devant moi. Je pouvais me poser un moment à la zon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien de remarquable sur le trajet, le Paris du soir qui commence, des personnes qui flânent encore un peu au sortir d’une journée de reprise du travail, les alentours de Saint Lazare sont dégarnis, le rush est passé, ceux qui devaient rentrer sont rentrés, les clodos du coin ont repris leur territoire, la rue de Rome distille encore quelques passants, puis Chaptal, puis la rue des Dames et puis. At home, je refais mon parcours habituel du café à l’ordi, quelques morceaux choisis sur iTunes, notamment mon podcast favori, celui des Inrocks, puis reprise de quelques canards qui traînent, une vaisselle, rafraîchissement dentaire, changement de mise et sortie. En cinq minutes je suis aux Caves, je m’installe à ma place habituelle, commande un verre de blanc et une assiette variée. J’entame en attendant que la troupe débarque. La petite salle est déjà envahie par les trentenaires idoines.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/37564866-2535093501909935982?l=nouvellevieparisienne.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/2535093501909935982/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=37564866&amp;postID=2535093501909935982' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/2535093501909935982'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/2535093501909935982'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/2007/01/back-to-reality.html' title='Back to reality'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866.post-2062915913326825805</id><published>2007-01-13T23:33:00.000+01:00</published><updated>2007-01-13T23:34:50.157+01:00</updated><title type='text'>Jésus Christ - Jardin Cour</title><content type='html'>« Salut »&lt;br /&gt;« Salut »&lt;br /&gt;« Ca va ? »&lt;br /&gt;« Ca va mieux »&lt;br /&gt;« Mieux ? »&lt;br /&gt;« Malade tout le week-end. J’ai dormi, mouché, transpiré. Et aujourd’hui je garde la chambre »&lt;br /&gt;« Pas cool »&lt;br /&gt;« Non, pas cool. Et toi »&lt;br /&gt;« J’ai enfin trouvé un boulot »&lt;br /&gt;« Super ! Ton dernier plan ? »&lt;br /&gt;« Ouais, çui-là »&lt;br /&gt;« Si tu veux passer ? »&lt;br /&gt;« Non, je te laisse te reposer. Pis faudrait pas que je tombe malade dès le début »&lt;br /&gt;« Vi. A plus alors »&lt;br /&gt;« Ciao »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ca c’est du dialogue, précis, concis, clair, bien rythmé, un maximum d’informations en peu de mots, un must, y’a pas à dire. Mais parfois l’intérêt d’un échange d’informations réside dans le temps que l’on prend et du plaisir que l’on se procure à parler, simplement parler. Avec les amis c’est pas possible, le blabla est inimaginable, on sait déjà trop, on s’est déjà tout dit, on s’échange des choses qui ne tiennent pas aux mots. On dit avec tout le reste. Et quand les mots sont là, ils n’ont pas les mêmes caractères que les mots appris, ou employés dans d’autres situations. Ce sont d’autres mots, indéfinissables hors de ce dialogue précis. Les autres coups de fil furent autant de rapides échanges. Je rentre dans ma soirée seul, j’en tirerai peut-être une dernière saveur d’un Paris que je ne retrouverai pas avant longtemps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au sortir des tuileries, je passe près de la statue de Jeanne, et m’élance vers Opéra. En temps normal, je préfère les petites rues, mais j’ai envie de trucs un peu monumentaux, le Grand décors parisien. Je m’arrête quelques instants devant une brasserie, regarde qui s’y trouve, juste comme ça. Puis reprenant ma marche j’imagine ce que je pourrai faire des quelques heures qui me séparent du sommeil. Il me semble qu’une pause au Café de la Paix serait très parisien. Je le cible, et y rentre. La moyenne d’âge est à cette heure de cette journée très élevée, c’est la petite sortie du lundi, après la grande sortir restau-théâtre de la veille. De toutes les tables émanent des odeurs de jasmin, des dames savamment habillée discutent avec des petits gestes nerveux, au moins un chien très verticaly challenged est affalé à leurs pieds, quelques serveurs sourient obséquieusement quand d’autres font la gueule, car ces bonnes dames sont exigentes, mais régulières, et fidèles à leurs habitudes. Et si ce n’est pas le Café de la Paix, ce pourrait être un autre. Certains serveurs savent qu’ils doivent à cette population une partie non négligable de leurs revenus. J’avise une table dans le réduit fumeur, m’y installe et me prépare à attendre un temps indéterminé. Je ramasse un Figaro mal traité qui traîne sur la table à ma droite, et l’ouvre. Ce simple geste m’attire la considération de certaines personnes alentour. Et rapidement je me vois proposé de passer ma commande. Une bière en bouteille, peu importe, une Duvel par exemple. Ce qui sortira de ma poche m’aurait permis de faire un bon repas dans un des restaurants de mon quartier. Mais je fête un événement, alors…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je prends un plaisir certain à être là, dans ce lieu précisément à ce moment de mon séjour. Le calme règne, très peu de bruits, un brouhaha très civilisé, de quelques tables sortent des sons qui détonnent. Des touristes certainement. Ils ne semblent pas être à leur place, ils se repèrent tout de suite, quand moi qui suis d’un autre univers passe inaperçu. Ils sont enfin servis quand j’attaque ma deuxième gorgée de bière et ma première clope, et la page quatre du journal. Je survole plus que je ne lis, car mon regard est attiré irrésistiblement par une jeune femme assise seule à la frontière des deux salles. Elle me présente son profil. Elle est habillée en bleu. Elle est brune. Elle a les cheveux longs. Elle a un nez en peu en patate. Elle a une bouche fine. Elle a un thé sur la table. Elle a son sac à ses pieds. Elle porte une robe longue. Elle porte une veste légère. Elle est courbée dans sa chaise. Elle a pleuré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et je me dis que Paris, c’est parfois pas mal. Disons, que ça fait des trucs comme ça, ça fait du temps en fait, on en perd, mais Paris en fabrique. Comment dire. Tout va vite, même brutalement mais en ralentissant les secondes, on s’apercevrait que tout ceci est fait de manière bien commune, mais sur un autre rythme. Tout est normal, mais en temps normal, Paris aurait la taille de la France et des journées de six heures. Alors je regarde cette jeune fille et je me dis que Paris me permet de voir ce spectacle, en payant une somme farfelue pour ce que je fais. J’en paierais peut-être autant au théâtre. Voire un peu plus, avec le risque d’être déçu. Et puis au théâtre si quelqu’un pleure, je sais que c’est pour de faux. Alors j’écrase ma clope, pose ce journal et m’approche. Mais je m’aperçois que le simple fait de m’être levé et de commencer à m’avancer m’a transformé en intrus, je sens des milliers de regards qui m’épient, et des sourires en coin, et des idées bizarres qui m’assaillent, comme si je m’étais levé en plein spectacle, dérangeant spectateurs et acteurs, j’ai l’impression d’être suivi par un faisceau lumineux, chaud et violent, d’être dans une lumière que je ne méritais pas. A trois pas de sa table, je change de direction, le plus naturellement possible et me dirige vers les toilettes. Et tout redevient normal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je fais volte-face, et m’adresse à la jeune fille en lui demandant si je pouvais m’asseoir pour lui tenir compagnie. Elle me regarde étonnée, et opine. Je commence en lui disant que je la regardais depuis tout à l’heure, que son visage était très beau et que je souhaitais l’inviter. Elle me souris. Une vieille dame derrière moi commente « S’il savait avec qui il a affaire, pauvre imbécile ! » et tout le monde se met à rire, la lumière revient sur moi, une forte odeur de javel me monte aux narines. J’avais imaginé cette scène tout le long de mon trajet jusqu’à ce chiotte. Je pisse, me lave les mains et remonte, un peu rougeaud. Je repasse derrière elle et me rassois. Je reprends mes esprits, et réouvre le journal à une page quelconque. J’allume une autre cigarette, et jette de nouveau un œil à la jeune femme. Elle s’apprête à partir. Je me dis que peut-être dehors j’aurai plus l’allant nécessaire pour l’aborder, que je devrais me lever un peu après elle et la suivre, au moins un peu histoire de voir vers où elle se dirige. Mais je sens bien que si je n’ai pas été capable de l’aborder à un moment si adéquat, comment le faire dans la rue, au pire moment que l’on puisse imaginer. Je me replonge dans le journal et fait en sorte de n’en ressortir qu’après lui avoir laissé le temps de partir.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/37564866-2062915913326825805?l=nouvellevieparisienne.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/2062915913326825805/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=37564866&amp;postID=2062915913326825805' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/2062915913326825805'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/2062915913326825805'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/2007/01/jsus-christ-jardin-cour.html' title='Jésus Christ - Jardin Cour'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866.post-1514323426970644852</id><published>2007-01-11T15:38:00.000+01:00</published><updated>2007-01-16T17:00:33.182+01:00</updated><title type='text'>J'en reste baba...</title><content type='html'>Il y a Monceau, mais il y a aussi les Tuileries. Il y a aussi les Batignolles. Après, tout dépend de quoi j’ai envie. Aux Batignolles, ce sont les cygnes neurasthéniques qui nettoient la fange sur laquelle ils glissent, à Monceau ce sont les joggers aux parures multicolores, aux Tuileries les canards qui se posent sur les plans d’eau. J’avais plutôt envie de canards. Et comme le temps s’y prêtait, le parcours ne pouvait se faire qu’à pedibus. Je laisse mon canard au bar, passe prendre un sandwich dans une boulangerie en chaîne et le chemin de Saint Lazare, enfin la route vers Saint Lazare, puis Opéra, puis le Louvre puis les jardins sus indiqués. La foule parisienne est légèrement dévêtue, le soleil est à son apogée, tout va pour le mieux. Mes yeux sont parfois happés par un décolleté, une échancrure et autres transparences qui font la gloire internationale de cette bonne ville de Paris, dont on dit d’ailleurs, qu’elle est capitale de l’amour, ce qui est tout de même un peu exagéré. Paris est la capitale des gens seuls et qui travaillent et donc qui ont les moyens de s’offrir quelques fantaisies et repousser toujours plus loin ceux qui pourraient, dans ce paysage, détonner ne serait-ce même qu’un peu, et plus nous avançons dans le temps et plus ce phénomène acquiert toutes les caractéristiques de l’évidence. Cette ville perd son ancienne particularité, elle devient homogène, impropre au peuple, occupée par de nouvelles tribus un peu rapidement baptisées « BoBos » seuls capables de répondre aux exigences des « ProSpés » propriétaires spéculateurs en termes de revenus et de retours sur investissements. Tout cela nous éloigne de mes canards.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai un souvenir de canards surfants sur une eau verdâtre, quand, un livre à la main, j’écoutais distraitement leurs cancanements parfois hystériques à la vue d’une mouette venue d’un tire d’ailes de décharges avoisinantes agresser leurs progénitures, sur un passage précis de Don Quichotte piégé par une poignée de nobliaux en goguettes. Ce moment m’est réellement resté. A chaque fois que je retourne sur les lieux de ce souvenir, j’écoute plus attentivement les bruits venus de cette mare à la recherche d’un nouveau moment tout simplement magique. Les seuls volatiles qui survivent normalement à la vie parisienne sont les pigeons, et voir un quelque chose de différent paraît soudain extraordinaire. Un cormoran au bord du canal, une buse sur un arbre, un cygne sur le gravier ou une corneille sur le rebord de ma fenêtre, voilà des événements, une mouettes qui déchire un caneton, une pie qui dévore le cadavre d’un pigeon ou un épervier qui attaque un moineau au ras d’une tour de la TGB, voilà des drames, la nature se bat pour continuer d’exister et reprendre un peu de sa sauvagerie à la ville alentour, ou peut-être imite-t-elle simplement la vie des hommes qui l’habitent ? Merles, moineaux et passereaux ne font pas le poids quand un huissier se présente, seuls survivent les prédateurs dans cette ville ouverte. Süskind a eu cette vision si simple du pigeon clochard du ciel, il n’est qu’à voir nos principaux confidents qui ne sont ici qu’hordes de quadrupèdes dont le grand loisir est de crotter les trottoirs de leurs maîtres. Putain ! Paris ça craint.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ouvre mon Ponge acheté de frais, assis sur une chaise inconfortable, les jambes surélevées, les pieds reposés le haut d’une grille décatie. Je laisse parfois mes yeux parcourir la foule des promeneurs du lundi, touristes avant tout, mes oreilles gaulent en passant un ou deux sons agréables qui me replongent dans le rythme hallucinant du phrasé pongien. Des petits moments de bonheur simple mais très complexes à installer, il faut réunir beaucoup de conditions. J’aurai pu ne rien avoir à me mettre sous l’imagination, que des trucs stéréotypés, banaux, rien qui ne soit assez particulier pour lancer cette machinerie si fragile qui produit du fantasme. Il me faut comme cela des nœuds, des moments qui se tordent comme l’on fait des chiffons humides que l’on dégoûte, des nœuds qu’il faut tendre pour qu’ils dégueulent tous les mots qui imbibent les fibres du temps. Ces mots me dégoulinent sur les mains, coulent ensuite le long de mes bras et perlent au repos un peu partout sur le reste du corps. Ce sont ces mots-là qui s’imaginent en moi et donnent de la pâte au monde alentour. Tu n’es pas arbre seul, ou oiseau ou excrément sur le sol, ce sont des mots et aucun n’est neutre, en lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et une nouvelle fois mes canards sont partis en sucette. Ils sont pourtant bien là, derrière mon livre à faire leur vie, tranquillous, pas emmerdés par les mouettes, ou les pies, ou tout prédateur de mare ou de bords de mare. Peut-être un gamin un peu aventurier et sadique qui lance des morceaux de je-ne-sais-quoi vers les palmipèdes, ou est-ce du pain ? A la fin de quelque phrase je lève les yeux et observe quelques instants leurs rondes sur l’eau, leurs jeux, leurs amarissages et je reprends un peu plus rêveur ma lecture. Je peux rentrer loin en moi dans ces moments, multiplier certains mots et donner au canard le caractère d’une femme qui penchée au dessus de mon épaule taquinerait doucement le lobe de mon oreille en murmurant un coin délicat. Je n’irai pas au cinéma aujourd’hui, c’est trop tard, je n’en aurai pas le courage. Après quelques heures de ce repos, je décide de dégainer mon portable et relancer la machine aux bonnes nouvelles. Avec l’espoir d’avoir enfin quelqu’un au bout du fil.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/37564866-1514323426970644852?l=nouvellevieparisienne.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/1514323426970644852/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=37564866&amp;postID=1514323426970644852' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/1514323426970644852'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/1514323426970644852'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/2007/01/jen-reste-baba.html' title='J&apos;en reste baba...'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866.post-6664474364033990055</id><published>2007-01-09T18:34:00.000+01:00</published><updated>2007-01-09T18:35:29.740+01:00</updated><title type='text'>Bret Easton Ellis n'a rien inventé</title><content type='html'>Paris ça craint. Mais bon, on est là surtout pour bosser et finir à la retraite en Province, de là d’où qu’on vient. Parce que presque tous les parisiens ne viennent pas de Paris mais d’ailleurs, des villes où qu’y a rien à faire. Bon, au boulot !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand je me lève je commence par faire quelques exercices d’éveil musculaire, en faisant chauffer mon café, je fais des étirements. Le corps droit, je lève mes bras et les pousse loin en haut, puis loin sur les côtés. Ensuite tout en gardant les jambes bien droites et parallèles, je touche la pointe de mes pieds avec mes mains. Puis je me sers un mug de kaoua. Après la première gorgée, j’allume l’ordi et je m’allonge par terre, je m’étends de tout mon long sur le dos, je ramène mes jambes vers moi tout en laissant mes pieds à quelques centmètres du sol afin de travailler mes abdos. Ensuite je mets mes mains derrière la tête et je soulève mon buste légèrement en gardant le dos bien collé au sol. Je fais ce geste plusieurs fois, jusqu’à ce que mes abdos chauffent bien. Ensuite je me redétends, je prends une autre gorgée de café et je remets ça. Une fois que j’ai bien sué, je me recroqueville puis me détends. Viennent les pompes, les jambes sur le fauteuil, les mains bien collées au sol et le dos bien droit, je commence à faire pomper mes biceps. Une dizaine de fois. Puis je repose mes pieds au sol et je refais une dizaine de pompes. Ensuite, nouvelle gorgée de café, je regarde mes mèls, je me ressers du café (la cafetière est normalement vidée), je prends une nouvelle gorgée, puis j’avance mon fauteuil juste au dessous d’une barre que j’ai installée dans le cadre de la porte de ma chambre, je me suspends à cette barre et m’aide de mes pieds pour me permettre de faire des tractions. Tout mon corps travaille jusqu’à ce que mes bras soient anesthésiés. Ce moment marque la fin de mes exercices du matin. Je m’étends dans mon canapé et reprends ma respiration. J’ai chaud, j’ai un peu mal aux bras, les abdos tendus, je vais bien. La sueur dégouline de mon front.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon, ensuite faut que je me lave. Je commence par un bain de bouche de Plax, ça ramollit la plaque dentaire et ça tue les bactéries. Paraît-il. Pis ensuite je lance la douche, et le temps que l’eau se réchauffe pour atteindre la température adéquate, je commence à me brosser les dents. Je fais deux fois le tour complet de ma dentition et finit par le brossage de ma langue. Ensuite je commence à passer un premier coup de savon sauf sur les jambes, les bras et le ventre, parce que faut pas trop se savonner m’a-t-on dit. Je me rince et mes lave les cheveux. J’utilise du Dove comme savon, parce que c’est doux mais avant j’employais un bon vieux savon de Marseille, mais j’ai changé. Et mon shampooing, c’est du Elsève, mais je prends jamais le même parce que je sais jamais lequel j’utilise sur le moment. Ça dépend du supermarché où je suis. Puis après avois bien shampooiner mes veuchs, je repasse une couche de savon et je me rince de la tête au pied. J’élimine toute trace de savon de ma peau puis de la baignoire, des murs de la baignoire et du rideau de douche parce que y’a rien de pire que d’avoir encore un peu de savon sur la peau ou pas loin quand je sors de la douche. J’aime pas ça. Ensuite j’utilise trois serviettes de bain pour bien me sécher, il faut que je sois absolument sec, sinon j’ai une crise et je me gratte toute la journée. Une fois bien sec, j’utilise un déo en stick et je me parfume. Pour le parfum ça dépend, actuellement c’est Lanvin, mis avant c’était Guerlain. Et le déo c’est toujours le même il est noir et je sais plus la marque. Noir et rouge. Puis je m’habille. Je finis de regarder mes mèls et je descends prendre mon libé dans la boîte aux lettres. On peut à ce moment dire que j’ai fini ma matinée, même si c’est 15h ou 10h. C’est moi qui choise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec ce libé j’ai le choix, soit je le lis dans un bar, dans mon canapé ou alors je le jette sans le lire, parce que ça me fais chier de le lire. Aujourd’hui, je décide de le lire dans un bar. Il faut un bar tranquille, avec musique légère et pas trop de monde, un bar bien éclairé, donc un bar d’angle ou avec une grande baie vitrée, et qui est bien aéré. Y’a un bar pop super tranquille près de l’appart. J’y vais. Gauche, deuxième gauche tout droit, 500 mètres et m’y voilà. Je salue la compagnie et me pose au bar. Je commande un crème, allume une clope et me lance dans la lecture du journal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur un air de Coltrane je découvre qu’on va tous mourir de froid, que tout le monde aura du boulot, et que mercredi un super film sort au cinoche. J’arrive aux pages cultures en même temps qu’un jeune couple s’installe au bar, à un tabouret de moi. Leur discussion occupera ma demi-heure suivante. Tout en feuilletant le parisien du bar, je suis ce qui se dit, d’une oreille malgré tout attentive parce que ce que j’ai sous les yeux manque d’intérêt. Elle est serveuse dans un bistrot, lui cadre commercial, ils vivent ensemble, ils ont un accent un peu pointu, et une manière particulière d’avancer leurs arguments. Beaucoup de références, nortamment à leurs familles respectives. Ils ont choisi ce bar pour se disputer, doucement, mais on sent de la tension. Ça me fait sourire. Je remarque que le barman n’est pas insensible aux charmes de la demoiselle. Il est 12h45, il fait super beau, je vais me grailler un sandwich dans un parc. Puis j’irai voir un flim. Puis on verra.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/37564866-6664474364033990055?l=nouvellevieparisienne.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/6664474364033990055/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=37564866&amp;postID=6664474364033990055' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/6664474364033990055'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/6664474364033990055'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/2007/01/bret-easton-ellis-na-rien-invent.html' title='Bret Easton Ellis n&apos;a rien inventé'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866.post-176432672846034736</id><published>2007-01-05T15:43:00.001+01:00</published><updated>2007-01-09T17:50:22.022+01:00</updated><title type='text'>C'était donc ça...</title><content type='html'>Je marchais au milieu des vignes, le soleil était chaud, l’air était doux, je sentais mon corps au repos. J’étais bien. Pourtant, je pouvais entendre au loin le tonnerre. Au loin, mais pas un seul nuage. Et le tonnerre devenait de plus en plus fort, jusqu’à me vriller les tympans. C’était le téléphone qui sonnait près de moi. Je le pris et bafouillai un « allo ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Bonjour, ici Mme M. de l’entreprise T. Je vous appelle suite à l’entretien que nous avons eu il y a quinze jours. Voilà, je voulais vous confirmer que votre candidature avait été acceptée et je voulais savoir si vous étiez susceptible de commencer votre contrat ce mercredi. » Confirmation indeed, grand sourire au téléphone, superlatifs en tout genre. Noël ! Noël ! Il était 10h15, le début de la fin commençait, ou le commencement du début de la fin de quelque chose était en marche. Dans deux jours, je serai de nouveau comme tout le monde, je n’aurai plus toutes ces heures à tuer à attendre que des événements adviennent. Je serai enfin occupé. Heureux d’être de nouveau indisponible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me réallongeai béatement. Toute l’énergie que je canalisais pendant cette période de jeûne laborieux partit soudain de moi en désordre, un immense flash de chaleur, la respiration irrégulière, le cœur en campagne, les jambes tendues et une irrépressible envie de pleurer. Je décidai de laisser parler tout ça, d’atteindre un nouvel équilibre, la possibilité de continuer à faire des choses sans avoir à les penser, que ce soit mon corps qui guide tout. Je partai inévitablement de ce principe que peux de choses nécessitaient de faire des choix, que dans la majorité des cas, il fallait laisser filer, faire que les choses se fassent d’elles-mêmes, comme par l’opération d’un truc supérieur, qui dépasse tout. Inutile de réfléchir à comment je vais marcher dans la rue, je marche, un point c’est tout, il en allait de même pour toutes les autres actions, elles se font parce que c’est ainsi, ce sont des réflexes. Trouver du travail c’était autre chose, je devais m‘efforcer de. Et parfois, on trébuche, comme hier, mais je pensais cela comme une inaction volontaire, un moment qui est passé parce que intérieurement je faisais quelque chose en conscience, me concentrant sur les pas en cours je ne voyais pas le paysage, ne sentais pas l’air, n’écoutais pas les bruits. J’avais fait un bout de chemin le regard en dedans, inattentif à ce qui se passait au dehors, là, à côté, presque contre moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc je pleurai. Ce soulagement immature me semblait beau, que je sois comme ça pris dans un tourbillon, ça me faisait kiffer, c’était de la jouissance brute. J’étais bien dans ce truc de désespoir, d’émotion qui s’exprime, qui décharge, un trop-plein, j’atteignais un point important, le centre de la boucle du nœud, je devais en profiter un maximum car je savais qu’avant de me retrouver dans ce même instant, il me faudrait peut-être des années, et un nouveau cheminement complexe, reconstituer un réseau d’instants, d’émotions, de paroles, qui se concentrerait dans une pelote pour donner ça, cet éclair. J’avais déjà atteint ce degré de réalisation et je me souvenais encore de la descente qui suivit. Le gouffre qui m’attend, je le connaissais. Mais pour le moment, je jouissais. Et c’était bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout ça n’a pas duré bien longtemps. Peut-être un quart d’heure. J’avais devant moi deux pleines journées de liberté. Je n’avais aucune obligation, rien à faire, j’étais dans une espèce de prologue, ou de préface, pas la peine de lire, de passer par là, je pouvais faire le choix de me concentrer dessus, de parcourir avec attention ce moment, ou de laisser couler, de suivre du regard les lignes inscrites sans trop les déchiffrer. Feuilleter ces moments la tête dans les nuages. Deux jours donc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il fallait avertir tout le monde de cette bonne nouvelle. Mes parents d’abord, ensuite mes amis, et puis mon ancien employeur qui s’inquiétait de ce que je devenais. Expliquer ce que j’allais faire ne fut pas très simple, car je ne savais pas moi-même exactement en quoi cela allait consister. Mais en gros je devais remettre en forme des données accumulées sur des sujets divers pour une entreprise qui vendait des contenus sur plein de domaines à d’autres entreprises. Il y avait un peu de tout : habitudes de consommation et opinions de consommateurs, des tests de produits très variés, des classements d’entreprises et beaucoup de chiffres. Il fallait faire des statistiques et ensuite les expliquer pour permettre aux entreprises clientes de gagner plus d’argent grâce à nous. Voilà.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme tout le monde travaillait à cette heure-ci les appels furent rapides, parfois je laissais un message, parfois j’expliquais en deux mots ce que j’allais faire. Seul mon ancien employeur avait plus de temps, et c’était certainement à lui que j’avais le moins de choses à dire. Après de longues félicitations et que c’était normal, que j’avais toutes les qualités requises pour réussir, qu’il avait eu beaucoup de plaisir à travailler avec moi, il se souvint avoir déjà rencontré un des patrons de ma nouvelle boîte et qu’il était sympa et que je devais lui transmettre ses amitiés si je le voyais. Une fois le combiné reposé, je ne pus m’empêcher de penser combien ces gens-là étaient hypocrites que si j’étais tel qu’il me décrivait pourquoi n’avait-il pas cherché à me garder en me payant un peu mieux ? C’étaient des encouragements qui ne valaient même pas la salive qu’ils sécrètent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me mis à la recherche d’un rituel satisfaisant pour marquer en toute connaissance de cause ce moment, ma foi, important. Un bain, avec de la mousse, des sels spéciaux, puis un bon rasage, coupage d’ongles, ponçage des cals aux pieds, lavage en profondeur des dents et même un café clope dans le bain, chose rarissime. Et puis un restau pour moi tout seul, celui que je préférais et aussi un tour à la FNAC. Et un cinoche aussi. Un verre dans un bar sympa, avec des potes. Tout ça m’amènerait vers huit heures du soir, soirée pizza et puis on verra sur le moment comment tout le monde se sent. Et puis des résolutions. Il fallait que je trouve des résolutions à prendre, une direction. Je sortais d’un immense espace de liberté, quand tout était possible. A présent, moins de choses seront possibles et il me faudra faire des choix. Je le voyais comme ça. Des choix, pas de vie, mais comment dire, me limiter à quelques chemins. Je ne me sentais pas de rester seul, il me fallait une présence, quelqu’un avec qui partager des choses. Donc plus qu’une présence en fait, mais pas trop non plus. La réapparition de la régularité dans ma vie devait avoir pour conséquence logique la stabilisation sentimentale. Je n’étais plus dans la singularité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand on est seul et sans travail on n’est rien, en fait, on est quelqu’un qui n’a pas de travail avant tout, chômeur, le reste est sans importance. A partir du moment où on a un travail, mais qu’on est seul, on devient célibataire et de fait il faut sortir de cet état pour être en couple. Et toute la vie parisienne c’est cette course contre le célibat, c’est l’appartement plus grand que permet la vie à deux, les soirées avec les potes de l’autre, et la séparation d’avec cette vie réellement imaginaire des gens que l’on croise dehors. Car si jusqu’à présent j’avais fait des rencontres, c’était parce que je n’étais pas vivant pour la vie parisienne, j’étais un fantôme, comme un second soi à qui l’on parle quand on est seul, une chose éthérée qui n’est rien en soi, que l’on investit de ce que l’on veut. J’étais la vie rêvée de Paris.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/37564866-176432672846034736?l=nouvellevieparisienne.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/176432672846034736/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=37564866&amp;postID=176432672846034736' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/176432672846034736'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/176432672846034736'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/2007/01/ctait-donc.html' title='C&apos;était donc ça...'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866.post-6224914826102189161</id><published>2007-01-03T20:27:00.000+01:00</published><updated>2007-01-03T20:28:23.974+01:00</updated><title type='text'>Un bien bel échec</title><content type='html'>Se poser ainsi un bon moment, à table, dans le calme, ça réconcilie avec la vie. Le cœur bat doucement, le corps retrouve une température unique, les yeux se reposent, les sentiments exprimés sont liés, les gestes calmes, et l’air autour est serein. Tout coule. Quelque chose de complet est atteint. Et c’est tout. Rien ne peut ressembler à ces moments-là que ces moment-là, moments uniques qui dépendent de tellement de choses qu’il est impossible de les répéter. On y passe une fois par ce chemin, on y laisse sa marque qu’une fois, une fois pour toute, et quand on se retourne juste pour voir, pour garder ce moment en mémoire, on ne voit rien, tout a déjà disparu et le moment suivant n’est plus le même. On sait que rien n’a été comme avant et que jamais rien ne lui ressemblera. Et après, on ne fait que descendre, le corps change de température, les mots viennent moins facilement et on ressent comme un manque, un léger regret de ne pas en avoir profité plus longtemps. C’est fini. Quelque chose s’est achevé sans que l’on puisse dire exactement quoi, et pourquoi c’est vraiment fini. Nous étions sur le canapé quand tout est arrivé. Elle venait de parler, m’interrogeait du regard, le dos droit, les deux pieds bien appuyés sur le sol. La main tendue vers moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne sais pas ce qui m’a pris à ce moment de ne pas la saisir, j’étais un peu lointain, je jouissais de mon état. Sa main se reposa sur sa cuisse, elle s’affala sur le canapé et pendant une bonne minute, nous ne dîmes plus rien. J’avais le regard dans le vide, elle semblait réfléchir à quelque chose. Elle se leva et me proposa de partir, qu’elle était fatiguée. En quelques instants, c’était plié, il n’y avait plus rien à faire ou à dire. Je n’avais qu’à lever le camp, me déployer et virer vers chez moi. Deux bises et j’étais dehors. Rien en moi ne contestait ce départ, il était naturel, c’était la seule et meilleure chose à faire. Partir. Et peut-être oublier. Dernier échange de regards et puis la porte. Dans l’escalier je pensai à autre chose, comme si rien ne venait de se passer, je rêvassai, tout en comptant les marches. Ce n’est qu’une fois dépassé le coin de la rue que me vint en tête cette idée que je ne la verrai plus, que j’avais complètement merdé cette rencontre. Je ne m’en voulais pas, c’était comme ça. C’était inscrit quelque part. J’en garderai le souvenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur le chemin, rien ne vint occuper mon esprit. J’étais dans le vide, le silence dedans. Mon regard ne se posait nulle part, rien n’illustrait mon champ visuel. Pourtant je pouvais voir toutes les formes alentour, nettement si j’en avais eu le besoin. Or, tout ce qui m’entourait m’était inutile, quel usage faire de tous ces stimuli visuels, auditifs, olfactifs, quelles idées pouvaient germer de mon extérieur. Je sentais mon corps avancer dans la rue, mais rien n’avait la pâte du réel. Tout devenait impalpable. Les rares personnes que je croisais se limitaient à leurs ombres, pas de visage sur ces corps en mouvement. Je vagabondais, avec pourtant comme buts ma rue, mon escalier, mon appartement. Et rien de plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois la porte refermée, je me retrouvai seul. La lumière crue de mon plafonnier donnait quelques reliefs aux affaires éparses du salon. Chaque ombre tranchait son support, la table s’enfonçait dans le sol, le livre dans la table et mon regard caressait doucement les bords souples du seul livre là debout au milieu de ce petit espace blanc, au centre de mon univers domestique. Je m’assis dans mon fauteuil, devant mon ordinateur, je l’allumai et commençai à écrire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Plus rien ne vaut que je déplace ce corps neuf que je me suis fait. Et ma prochaine étape se montrera d’elle-même. Et demain m’accueillera dans un sourire enfantin »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n’arrivai pas à aller plus loin que ces quelques mots. Pourquoi attendre seul qu’un nouveau jour arrive. Autant s’endormir et profiter de la richesse de ses rêves pour faire que demain arrive plus vite. Une fois déshabillé, je n’avais plus qu’à faire une toilette sommaire et m’allonger, et attendre que la nuit passe. Je me fis cette réflexion qu’à force de faire se passer le temps, je n’aurai plus grand-chose à deviner par dessus mon épaule. Chaque jour vide efface mon chemin. Demain ça ira mieux.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/37564866-6224914826102189161?l=nouvellevieparisienne.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/6224914826102189161/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=37564866&amp;postID=6224914826102189161' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/6224914826102189161'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/6224914826102189161'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/2007/01/un-bien-bel-chec.html' title='Un bien bel échec'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866.post-4927414512474805836</id><published>2006-12-27T17:07:00.000+01:00</published><updated>2006-12-28T11:47:34.701+01:00</updated><title type='text'>C'était pas la peine d'en faire un plat</title><content type='html'>J’avais un peu la trouille. Devant sa porte, ça devenait presque de la panique. En y pensant, j’en souriais. “Je vais paniquer?” Il me fallut un petit moment pour l’effacer, ce sourire, me détendre en m’envoyant des doses massives d’idées futiles et loin de mon sujet. Je devais divaguer un peu pour retrouver un peu de confiance, et surtout de l’allant. Parce que j’en manquais grave. La sonnette était prête à accueillir mon doigt. Premier échec. C’était trop vite, je devais décompresser un peu pour pouvoir actionner le machin et cherrer le truc. Deuxième échec. Ca devenait un peu lourdingue, mais en y réfléchissant bien, ça avait aussi son côté positif, elle devait venir m’ouvrir sans avoir à l’appeler. Cette simple idée me détendit presque immédiatement. Un peu à elle de bosser, me dis-je. Après tout, j’ai tout fait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle vint enfin. “Ben alors?” commença-t-elle. Elle s’étonnait que je mette autant de temps pour gravir les trois étages. Quinze minutes me dis-je pour réagir, elle devait faire plein de petites choses, peut-être préparer un apéro ou un truc de ce genre, se changer pour paraître au mieux, mais in fine walou, elle avait encore sa sortie de bain, le salon était en bordel, elle regardait le télé, tout simplement, en attendant que je daigne sonner. J’expliquai vaguement que j’avais hésité, je ne me souvenais plus de l’étage, et que je n’osais pas sonner n’importe où, que je craignais de déranger un voisin et qu’après tout ça m’avait permis de retrouver mon souffle parce que j’avais beaucoup marché et qu’arrivé en bas j’étais en sueur, et comme ça j’avais séché et que j’avais meilleure mine, et que voilà j’étais un peu coquet. Elle sourit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle devait faire un ou deux trucs, que je pouvais m’affaler tranquillou, qu’il y avait des trucs dans le frigo cette fois-ci et que c’était sympa de me revoir. Sur quoi je babillai un truc qui la fit me regarder directement dans l’oeil droit. Son dos disparut derrière la seconde entrée du salon. Je pris mes aises. Elle était pas là la télé la dernière fois. Peut-être ne l’avais-je pas vue, tout simplement. Un documentaire animalier était en cours de diffusion, un truc sur les ours polaires. On en voyait un qui chapardait dans des poubelles. Puis après un autre abattu par des gens qui avaient eu peur. Il y avait des policiers de là-bas autour de l’ours. Il n’y avait pas de son. Elle revint habillée de ville.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Comment s’est passé ton retour la dernière fois” La conversation était engagée. Elle devait durer jusqu’au souper.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand j’évoquai son ex, elle m’expliqua qu’il l’avait appelée pour s’excuser et lui demander une seconde chance, qu’elle lui refusa. Il promit de ne plus l’appeler à ce sujet. J’en sourit. Le reste occupa notre longue conversation. Elle n’avait pas chômé non plus, elle fit de nombreuses rencontres de son côté. La dernière se finit en boîte au petit matin, tout à l’heure. Rien de passionnant, mais un bon moment d’éclate. Elle avait dansé toute la nuit avec un groupe d’élèves d’une école de commerce qui fêtait la quille. Une des jeunes diplômées vivait près d’ici, elle étaient rentrées ensemble. Il y avait eu un trouble. Quelque chose qu’elle n’avait jamais ressenti pour une fille. Enfin si une fois, c’était il y a longtemps, quand elle était au lycée. Pour le coup, je fis un peu la gueule, sans vraiment m’en apercevoir. C’est elle qui m’en fit la remarque. “C’est courant tu sais.”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne savais pas cela. Nous partîmes sur une conversation un peu tendue sur l’homosexualité qu’il fallut rattraper par une décision importante, que manger? Et où? Un dimanche soir, c’était pas gagné de bouffer dehors. Elle proposa des pâtes, chez elle. Je me proposai pour faire la sauce. Ce qu’elle refusa disant qu’elle avait une recette spéciale et qu’elle faisait très bien les pâtes, ce à quoi je répondis que bon d’accord, mais que je m’occupai du vin. Elle refusa disant qu’elle en avait, et du bon, et que c’est elle qui invitait. Alors je fais la vaiselle. Nouveau refus. Elle avait un lave-vaisselle et ça suffisait comme ça, ça lui faisait plaisir de s’occuper de la tambouille mais je pouvais l’accompagner à la cuisine pour converser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Madame niet!” Le surnom la fit sourire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pâtes aux brocolis pour deux personnes, enfin pour deux personnes qui ont la dalle. 250 grammes de brocolis frais, 50 grammes de lardons, un peu d’ail (frais ou non, peu importe), des échalottes, de l’huile d’olive et 500 grammes de pâtes (comme ça il en reste pour le lendemain). Faire fondre les échalottes et l’ail dans l’huile à feu pas trop fort, sinon ça noircit, faire blanchir les brocolis bien lavés dans l’eau bouillante un peu salée, récupérer les brocolis et garder l’eau de cuisson (ne pas hésiter à mettre beaucoup d’eau), faire revenir les lardons avec les échalottes et l’ail quand ils ont commencé à fondre, ne pas oublier que les lardons sont gras, donc se calmer sur l’huile. Mettre les pâtes dans l’eau, choisir des pâtes de qualité, De Cecco ou Barilla, et plutôt des spaghettoni c’est plus sympa, ça tient bien en bouche et ça s’enroule autour des brocolis. Faire revenir les brocolis un peu cuits avec les lardons et le tremblement, il faut bien le calculer, la cuisson des brocolis doit s’achèver sans faire bouillir les lardons, c’est un coup à prendre, et assaisonner à son goût. Une fois les pâtes cuites (al dente hein!), un peu d’huile d’olive pour démêler tout ça, puis on verse les pâtes dans la poêle, et on achève de finir tout ça ensemble. On sert avec un peu de parmesan râpé, et on mange. Avec un rouge léger c’est farpait.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/37564866-4927414512474805836?l=nouvellevieparisienne.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/4927414512474805836/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=37564866&amp;postID=4927414512474805836' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/4927414512474805836'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/4927414512474805836'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/2006/12/ctait-pas-la-peine-den-faire-un-plat.html' title='C&apos;était pas la peine d&apos;en faire un plat'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866.post-1361458000429494552</id><published>2006-12-21T23:15:00.000+01:00</published><updated>2006-12-21T23:18:23.349+01:00</updated><title type='text'>De la tendance de la neige à fondre</title><content type='html'>“Me voilà bien!” Je me disais cela avec une pointe de perplexité. Qui semblait normale vu les circonstances. Comme souvent à Paris, c’est d’abord le digicode, puis les sonnettes. Il faut connaître la combinaison, alphanumérique le plus souvent. Une idée me traversa, comment faisions-nous avant le portable? Parce que ça fait longtemps qu’existe ce système, mais imaginez, vous avez rencard dans un appartement et vous découvrez au dernier moment qu’il vous faut le code, et y’a pas de téléphone dans le coin. Comment faire? En me disant cela, je vis le petit bouton au dessous des touches qui permet d’ouvrir sans taper le code en journée. J’appuie dessus, et ça s’ouvre. Je reperplexais devant cet a propos diachronique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le sas d’entrée permettait l’accès aux boîtes aux lettres et aux interphones. Un rapide coup d’oeil aux noms me permit de voir que les prénoms manquaient. Donc impossible de supputer. Aussi bien côté boîte que côté interphone. Je pris mon portable et dans mon répertoire je cherchai son prénom. Une fois dessus je validai et attendis. Comme la fois précédente, une sonnerie dans le vide, sans répondeur. Je ne pouvais pas partir comme ça, sans rien tenter d’autre, il y avait devant moi un chemin qu’il me fallait prendre, j’en avais la certitude. Il fallait que je passe par là, par elle, c’était une voie vers quelque chose que je devais découvrir. Je cherchai une occupation en attendant qu’une âme secourable passe par-là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un quart d’heure plus tard, je pouvais sans difficultés dire ce qu’il y avait dans mes poches, dans mon portefeuille, combien j’avais sur moi en liquide et qu’elles étaient toutes les options de mon portable. Dix minutes plus tard, je m’amusais à apprendre par coeur tous mes numéros de téléphone. Une demi-heure avait suffi pour les connaître tous. Je commençais à m’impatienter. Aucun mouvement dans l’immeuble, une heure passée à attendre qu’un autochtone daigne montrer le bout de son nez, et rien ne venait, à croire que cet immeuble avec deux escaliers côté rue et certainement deux côté cour était inhabité. Le prix du mètre carré était prohibitif dans le coin, mais pas à ce point, il y avait bien quelques personnes à Paris, voire en France, capable de s’en payer une tranche. J’étais sur le point de partir quand mon téléphone sonna.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Numéro caché”, je décroche. Une voix. Un “qui est à l’appareil?”, ben moi, répondis-je, qui moi? répondit la voix, ben moi redis-je. Et qui est à l’appareil interrogé-je. C’est Charlotte. Je pressentais un tel événement, dès que l’appel caché s’est inscrit, un picotement sur le côté gauche, entre le pli du gras et les dernières côtes, puis un léger échauffement sur le haut du crâne, un flash, un petit quelque chose de rapide, comme une vague, et puis un petit claquement de la langue, la bouche sèche, déshumidifiée dans une exhalation. Elle répondait à mon appel au dernier moment, le celui juste avant d’enterrer toute cette affaire et passer à autre chose. C’était un signe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me faisais enfin connaître, lui présentait mes hommages, lui dis que je passais pas là et que ben je passais un coup de fil. Alors elle voulut savoir si j’étais encore dans le coin, ben vi, et que je pouvais passer parce qu’elle venait de se réveiller, elle avait fait nuit blanche, qu’elle prenait un bain quand j’ai appelé et que voilà, avec plaisir tout ça. Par le plus grand des hasards j’étais juste devant sa porte, je lui demande son code, en fait même le dimanche l’ouverture automatique est enclenchée, donc je pouvais entrer puis je sonnais à Sébastien, et puis le reste je connaissais. On raccroche. J’attends, me décontracte, respire un bon coup et me laisse le temps de rêvasser un peu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je pensai à ce qui pouvait arriver à présent, dans quelles dispositions elle sera à mon égard, que portera-t-elle comme vêtement, une simple sortie de bain ou des fringues pour sortir ou des trucs pour rester à l’intérieur. Sa taille restait un mystère, j’avais le souvenir de quelqu’un de petit mais en même temps pas tant que ça, c’était qu’elle portait des talons, non? Et puis est-ce qu’elle sera sereine, souriante, ou bien encore un peu mélancolique et puis sont ex l’aura peut-être appelée parce qu’il comptait sur moi pour renouer tout ça, mais voyant que rien ne venait peut-être aura-t-il pris les devants. Et aussi sera-t-elle seule? Il y avait du monde dans cet appartement, un cousin ou un neveux, je ne savais plus trop, et puis elle n’était pas la locataire en titre du lieu, Sébastien n’était pas son nom de famille, ou peut-être si mais bon. Il me semblait que le moment était venu de sonner. Je jetai un oeil sur la liste des habitants, j’interphonisai au nom sus-dit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Oui, salut, monte” Bzzittt. La porte s’ouvre. Mon petit corps pendant cette heure avait bien chauffé le sas, la différence de température fit un petit courant d’air, toutes les odeurs accumulées s’enfuirent apportant vers moi les odeurs du dehors. Et tous les souvenirs des lieux et des choses qui les émirent. J’étais dans un état de fébrilité peu commun. Je prenais un chemin délicat, j’initiais une série d’actions qui ne semblait avoir aucune racine dans mon passé, une nouvelle phrase dont j’allai bientôt dessiner la première virgule, la première respiration avant une nouvelle conjonction, peut-être un nouveau verbe conjugué au présent.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/37564866-1361458000429494552?l=nouvellevieparisienne.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/1361458000429494552/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=37564866&amp;postID=1361458000429494552' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/1361458000429494552'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/1361458000429494552'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/2006/12/de-la-tendance-de-la-neige-fondre.html' title='De la tendance de la neige à fondre'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866.post-2687612364479282972</id><published>2006-12-20T14:58:00.001+01:00</published><updated>2006-12-28T11:43:37.658+01:00</updated><title type='text'>Un titre qui n'a rien à voir avec le contenu</title><content type='html'>Je cherchais une clé. Un truc multifonction qui pourrait me permettre d’accéder en un tournemain à tous les petits espaces clos de ma mémoire, tous les détails que je pouvais trouver insignifiants jusqu’à présent, mais qui à ce moment me devenaient fondamentaux. Comment avais-je pu être aussi insensible à ces choses-là? Je sentais qu’un moment était venu. Qu’il fallait réellement faire quelque chose de nouveau, qui marquerait cette époque de ma vie durablement. Mais quoi? Je changeais, cela devenait évident, je suivais un fil que je n’avais pas souvenir d’avoir jamais tiré d’aucune part, qui ne m’appartenait pas. Je posais mes pas sur une route déjà largement piétinée, parcourue mille fois et qui par moments recueillait mes pieds impeccablement. C’est donc que j’y étais déjà passé, mais bon, je m’en souvenais plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voyez ce geste, sentez ce parfum, un oeil sur une forme, ou un  regard qu’on croise et on sait que putain j’ai déjà vu ça, je connais, mais d’où? C’est de cela qu’il s’agissait, de cet étrange sensation de déjà-vu, mais c’est sûr bon sang! Et son contraire, le je connais c’est certain, mais impossible de mettre un nom dessus, ou un lieu, un moment, un quelqu’un. Tout ça à la fois, de l’oublié et du bien connu, comme l’habitude de vivre dans la pénombre, dans le souvenir de l’à-peu-près, du juste à la limite de l’inconnu, une éclipse partielle générale. Des connexions qui se font pas trop bien entre ce qui est passé et ce qui est et ce qui va advenir, ce dont on est certain de savoir et de ne jamais avoir su. Et pour le coup le simple effort de se rappeler un détail devient un truc tellement énorme qu’on se désole d’avoir à le faire, pour si peu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon, j’entamais un nouveau chemin déjà bien balisé. Je savais grosso modo vers où je devais me diriger, j’avais le vague souvenir d’une rue, d’un trottoir en fait et d’un immeuble. Ils devaient être dans cette direction, vers là-bas, à peut-être dix minutes de marche. Et ce temps suffirait pour regrouper tous les détails éparpillés inside mon cabestron. Elle était brune, yeux étranges, noirs je crois, quelle taille? A peu près jusque là, au dessous de ma joue, et plutôt mince, non? Bah! L’important étant que je puisses la reconnaître, après tout c’était le principal, mais en même temps, pourquoi rechercher quelque chose d’aussi léger, qui m’avais si peu marqué et dont je savais que ma foi... Le désoeuvrement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La première rue s’achevait sans croiser quiconque, j’entrais dans un des quartiers les plus vides de Paris, malgré la présence de quelques magasins, et d’un bar, personne ne s’aventurait dans ces rues larges et propres, on n’y circulait que pour se rendre chez soi et vu l’heure, tout le monde était devant son poste de télé, dans son canapé, sur son fauteuil, dans son quotidien dominical. Je ferai mieux, me dis-je, de faire comme tout le monde, à quoi ça sert de marcher comme ça, presque tout le temps. Sans emploi, chaque jour ressemble à samedi, rien à faire le lendemain et le jour même ne trouver qu’à s’occuper, comme pour passer le temps, et faire un peu ce qu’il était impossible de faire les autres jours, je me transformais en Zombie, je reproduisais les gestes d’une ancienne vie sans ses buts. Et avec ce petit quelque chose en moins, l’opératoire, ça ne rimait à rien. Alors je tournai à droite, pour rentrer chez moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parce que.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis. Je changeais d’avis, sans aller jusqu’au but, puis sans revenir vraiment sur mes pas, je tournais au mauvais endroit pour aller là où j’aurais voulu aller, et par une série de détours, je me retrouvais très loin des deux seuls lieux que j’aurais aimé atteindre à ce moment. Avec un certain à-propos, un bar sympathique se présentait à moi. J’y entrai, m’installai, commandai une bière et me mis à boire. Je laissai mon cerveau faire sa vie, les yeux un peu partout, l’oreille haute, je laissai entrer tous les stimuli du bar dedans, dans cet appareil à remodeler le réel, dans mon brouillard, à reconnaître des formes dans le brouhaha alentour, un test de Rorschach en plusieurs dimensions. Et sa forme à elle me revenait par plusieurs coins, elle avait un angle-là dans ma tête et je sentais qu’il me fallait tout de même agir, ne pas renoncer en cherchant toute ces raisons, aller un peu au bout de quelque chose qui me dispensait de ne pas vouloir. Un truc en positif, qui mobilise un peu plus que mon imaginaire, qui nécessite une collaboration de tous les petits bouts de mon être. A la troisième bière je levai le camp, saluai le bar et dévalai la rue. Je savais pertinemment où la trouver, exactement, sans avoir à me remémorer un moindre instant du chemin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Me voici enfin en bas de chez elle. C’est à ce moment que je compris tout ce qui me faisait hésiter, m’envoyait sur ces chemins de traverse, me poussait à ne pas y aller si vite, avec tout ce qui m’en parlait de cette recontre. Je ne savais pas où sonner. J’ignorais son nom.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/37564866-2687612364479282972?l=nouvellevieparisienne.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/2687612364479282972/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=37564866&amp;postID=2687612364479282972' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/2687612364479282972'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/2687612364479282972'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/2006/12/un-titre-qui-na-rien-voir-avec-le.html' title='Un titre qui n&apos;a rien à voir avec le contenu'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866.post-6192181522329123331</id><published>2006-12-14T14:51:00.000+01:00</published><updated>2006-12-14T14:52:48.833+01:00</updated><title type='text'>Shakespeare in love</title><content type='html'>Il était tout désolé de m’avoir fait attendre quelqu’un pour rien, à quoi je répondais que j’avais pas attendu puisque nous parlions, que j’étais ravi de faire sa connaissance et tout et tout. Il fallait se mouvoir à présent, vaquer à nos occupations. On se donnait un genre de rendez-vous au dimanche suivant, même lieu, mêmes lectures. Après un échange de poignée solide nous filions chacun sur nos chemins respectifs et divergents. J’avais dans l’idée une petite station Parc Monceau, regarder les gens qui passent, qui courrent, qui s’embrassent, qui parlent, regarder les autres faire des choses pendant que je lirai. D’un oeil. J’étais à une clope du parc, longeant ses grilles j’observais des photos exposées, des paysages exotiques, grande spécialité du lieu. Une série sur les Touaregs, leur quotidien. Je restai un moment devant une de ces photos, un superbe visage auréolé de bleu. “Superbe, n’est-ce pas?” Il fallait en convenir, ce que je fis en jetant un oeil sur qui venait de faire cette remarque juste et définitive. Un petit vieux, qui s’en allait déjà. Je le regardai s’éloigner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a tellement de monde à Paris que les occasions de croiser quelqu’un avec quelque chose sont très largement supérieures que dans n’importe quelle autre ville de France. Alors que les chances qu’une telle chose advienne sont à peu près équivalentes. Mais voilà, ça circule tellement, on vit tous les uns sur les autres et en telle quantité qu’inévitablement... Alors marcher tranquillement dans la rue est un exercice incomparable. On ne sait plus où donner de la tête. Mais pour voir quoi? Paris n’est pas spécialisée dans le beau. Rien de remarquable en soit. Rien d’extraordinaire, si ce n’est cette formidable accumulation de quotidiennetés, de choses très communes mais à un stade de concentration tel qu’il en sort quelque chose de très spécifique. Paris est une ville d’occasions, de milliers d’occasions, de milliers d’occasions de choses différentes. Tout n’y est pas possible, mais rien n’est moins impossible qu’ailleurs et un regard lancé par hasard dans n’importe quelle direction renvoit des milliers de stimuli. Quand on voit tous ces parisiens qui marchent dans la rue dans leur grande solitude, on ne peut qu’être effrayé au premier abord, mais dès que l’on s’arrête un instant pour commencer un semblant d’échange, on se rend compte que tout le monde n’a qu’une envie, c’est échanger, parler, se découvrir. J’exagère à peine. La foule n’est pas assez dense ici pour désindividualiser totalement, il y a assez d’espace entre les parisiens pour permettre des milliers d’intéractions. La juste distance pour le regard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà pourquoi j’apprécie la marche à Paris, puis de m’arrêter dans un lieu de passage, et d’observer. Et d’être observé. C’est le fameux “World is a stage”, Paris est une grande ville d’acteurs et chacun y cherche son meilleur rôle. Je n’ai pas ressenti cela à Londres, Rome ou Barcelone. Mais peut-être est-ce la même chose là-bas, qu’il faut y rester plus longtemps pour observer ce phénomène. Peut-être qu’après tout, Paris n’est pas si originale que cela. J’en étais là de mes réflexions quand je décidai de continuer ma route jusqu’à mon point de rendez-vous habituel avec le Parc Monceau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois la grille principale atteinte, tout devenait automatique, j’avais tellement  ce chemin dans les jambes, que je pouvais, les yeux fermés, arriver jusqu’à ma destination. S’il n’y avait tous ces coureurs. L’entrée passée, je tournais à gauche, prenais l’allée, longeais le point d’eau, laissais le grand saule sur ma droite puis atteignais mon banc, celui auquel il manque une latte, celui qui fait face à l’intersection des trois chemins de l’aile est du parc, derrière le bac à sable. Personne n’occupait mon banc ce dimanche. Je m’y installais, le soleil l’éclairait . J’avais devant moi un grand espace vert où une centaine de personnes se reposaient. En grande partie des couples, jeunes. Sur les allées passaient des coureurs, des parents avec leurs enfants, et un petit groupe d’ânes, attraction très appréciée des gamins. Et je restais une bonne heure, là, tranquille, reposé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La faim commençait à poindre le bout de sa fourche. Il me fallait lever le camp. Soit je rentrais à la maison me préparer un encas, soit je m’arrêtais à une boulangerie pour prendre un sandwich et continuais mes pérégrinations dominicales. J’hésitais, car la première solution mettait fin, je me connais bien, définitivement à ma ballade. Mais la seconde pouvais également s’achever de la même manière, suivant l’état dans lequel me trouverait le pallier de la boulangerie. Je fouillais mes poches, comptais ce qu’il me restait de monnaie.  Tout était possible, j’avais de quoi voir venir. Cela ne résolvait rien. Il me fallait prendre une décision sans aucune aide extérieure. Comment me sentais-je? Avais-je encore la force de marcher à l’aventure? Avais-je encore l’envie de voir du monde? Je pouvais également passer quelques coups de fil, proposer des rencards, ou aller au cinoche, ou encore rentrer et lire, ou regarder la télé, ou encore... Je décidais de passer outre ma faim et d’aller faire un tour du côté de chez Charlotte, juste pour voir. Je ne connaissais pas bien ce coin du XVIIème, les immeubles étaient pas mal, et la faune locale peu nombreuse. Peut-être une bonne transition vers la maison et sa solitude confortable?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je prenais le chemin des grilles puis la route qui s’ouvrait devant moi. J’avais dans un coin de ma tête l’intention de donner à ce cheminement une coloration un peu mystique. Il devait en sortir une décision. Je ne voulais rien de définitif, mais créer des conditions. Je sentais qu’il était inutile de continuer à y penser, mais malgré moi elle m’apparaissait. C’était peut-être un signe? J’avais été troublé par cette jeune femme, c’était certain, mais elle n’avait pas cette réalité nécessaire à l’action. Elle n’était qu’un trouble, pas une forme nette, un souvenir auquel il manquait une myriade de détails, je ne pouvais dire la couleur de ses yeux, ou de ses cheveux, j’avais vaguement encore en tête la forme de son visage, quelques échos de sa voix, mais rien de précis, d’objectivement descriptible. Ca me turlupinait. J’entamais le chemin sur cette considération.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/37564866-6192181522329123331?l=nouvellevieparisienne.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/6192181522329123331/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=37564866&amp;postID=6192181522329123331' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/6192181522329123331'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/6192181522329123331'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/2006/12/shakespeare-in-love.html' title='Shakespeare in love'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866.post-3165514362918307864</id><published>2006-12-13T17:15:00.001+01:00</published><updated>2006-12-13T17:15:54.561+01:00</updated><title type='text'>De l'art de la conversation</title><content type='html'>“Vous avez vu le PSG. Ça faisait longtemps, hein ?”&lt;br /&gt;Une voix juste à côté, un peu en arrière qui me disait “6 à 0, face à l'OL c'est fou !” Je plaque l'œil un peu sur les bords et devine une forme plutôt imposante. “6 à 0 ! Quelle avoinée !” Je présente un bout de sourire et répond une bafouille affirmative. “Et dire qu'il y a deux ans…” Je passe un peu les détails, mais tout le speach qui suivait tournait autour de ça, la victoire du PSG, et sa première place et que ça faisait du bien. Le foot, tout le monde peut en parler, ça fait du lien. Facilement. Alors je tourne un peu mon buste et commence une discussion générale sur le football, que ça va mieux depuis quelques temps, que les matches sont redevenus intéressants à suivre, que le championnat français revenait de loin, que ça valait la peine de s'abonner au stade. C'était le retour des héros. Ma bière finie, je commençais le rituel d'éjection des lieux, sur un dernier échange sportif. J'espérais. Mais mon voisin, il se sentait bien de continuer à parler un peu, me propose une autre bière, que c'est dimanche, que ma foi y'avait le temps. J'opine un peu gêné, et me transfère à sa table.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec le foot on tient pas des heures non plus, assez rapidement, nous avions épuisé le sujet, donc direction le quartier, la vie locale, et un peu de politique. On n’était pas trop éloignés ma foi, quelques petits détails, mais presque rien. Et sur le quartier, il était costaud le gars, ça faisait un moment qu’il vivait dans le coin, il savait l’histoire de plein de bâtiments, et des commerçants aussi. Depuis 20 ans il vivait là, rue de Saussure, il avait vu le quartier évoluer et devenir un peu branchouille, il a vu les plus défavorisés poussés toujours plus loin, vers Brochants et la p’tit banlieue. Y’a encore quelques endroits préservés, un pâté de maisons par-là, une ruelle par-ci, mais plus grand-chose de la vraie vie de quartier d’avant, de ses débuts. Il avait une galerie à 200 mètres, il l’a revendu le local, qu’est devenu un restau japonais, quand c’était le plein boom, y’a une p’tite dizaine d’années. Et depuis, il est salarié chez un assureur, il se traîne, doucement en attendant de ne plus avoir à bosser, il attend la retraite, mais c’est pour dans plus de vingt ans. Il savait qu’il avait plus vraiment les moyens de faire autre chose, il faisait le dos rond, et pour s’occuper, ben il peignait un peu. Y’a deux ans, une galerie vers Nollet a présenté quelques uns de ses tableaux, pas un gros succès. Mais il avait remis un pied dedans. Depuis, il avait repris un peu d’espoir, qu’après tout, ça pouvait encore changer. Mais il y croyait pas plus que ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils étaient nombreux dans sa sitution, des anciens des arts qui se retrouvaient à palper un salaire de fin de mois, parce que la bohème, c’est épuisant, qu’il faut avoir les reins solides, et l’envie, surtout l’envie, y croire, mais bien, dur comme fer, pas d’alliage, que du solide, du pur. “Faut être un pur” il répétait. Y’en a qui veulent continuer alors que ça passe pas, qu’y a rien qui en sort, ils continuent, s’obstine, jusqu’à ne plus pouvoir revenir en arrière et peut-être tout gâcher. Toujours continuer, quand tout dit qu’il faut au moins faire une pause, reprendre son souffle. Jusqu’à l’épuisement y’en a qui vont, jusqu’à plus pouvoir reprendre un brin d’air, étouffé par la volonté d’imposer ce petit quelque chose de sublime qu’ils ont en eux, à tous, au monde, cracher le ça qu’ils ont dans les entrailles et en foutre partout, s’exploser au monde, et tout envoyer chier. Magistralement. Rien à branler du reste, peuvent creuver, ils s’en branlent, c’est pas eux qu’est important c’est ce truc-là plus fort que tout, un truc qu’ils portent, ils sont venus au monde que pour l’accoucher leur truc-là, juste mettre une empreinte qu’ils sont venus au monde, en bas, à droite, dire que c’est eux qui ont porté ça, j’étais là ils disent en faisant ça, et c’est moi qui l’avait dedans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon, il était pas de cette lignée, il avait pas un truc gros comme ac en lui, juste une sensibilité, et une technique qu’avait l’air pas commune. Il m’en disait juste assez pour que j’ai envie d’en voir plus. C’était ma petite surprise du dimanche, un genre de cadeau inattendu, qui fait bien plaisir. Et qui peut aller plus loin parce que ça inspire des rencontres un peu fofolles, décalées. J’avais presque envie de m’y mettre à la création, histoire de savoir si moi aussi j’avais un truc, si j’étais pas condamné aussi au salariat sec, sans rémission possible, peut-être après tout moi aussi je pouvais peindre, ou sculpter, ou écrire des trucs et des machins, et même signer en bas à gauche, et reprendre malgré tout le chemin de tout le monde, laisser une petite trace. Il me proposait en pleine rêverie de passer pas loin d’ici, voir un pote à lui qu’est aussi dans l’art, mais qui s’en sortait mieux, parce qu’il avait fait attention dès le départ à pas se mettre dans le rouge. Soit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On règle nos consos, laissant au serveur la libre jouissance de la table et des chaises, et du sol qu’est dessous. Nous partons tranquillement vers le haut de Lévis, on traverse l’avenue, on fait quelques coins et on entre dans une brasserie ridiculement petite, juste de quoi acceuillir un bar et une dizaine de tables, et le double de chaises. Au bar un gars qui sirote un blanc, derrière le serveur, avec moustache et clope, qui commente le Parisien du jour. Une table occupée, vers le fond. Après un petit salut à la cantonade, on se dirige vers une table vide encore un peu plus au fond. “Va pas tarder” On était arrivés juste un peu trop tôt, à un quart d’heure ça devait se jouer. Comme on devisait depuis le début sur un train soutenu, cette attente n’était aucunement gênante. Le changement de cadre était même bienvenu. Ca faisait longtemps que j’avais pas profité d’un bon vieux bar populo, tout pénard, sans excès. La bière à deux euros, comme au bon vieux temps. On trinque et se remet à blablater. Une demi-heure plus tard, toujours pas du gars en question, juste un nouveau consommateur au bar. Inquiétude, regardage d’heure, consultation de messagerie. “Ca lui ressemble pas” qu’il dit. On s’accorde encore une demi-heure avant de décamper, on avait d’autres choses à faire, même s’il était difficile de leur accorder la moindre importance, on a toujours des choses à faire, le tout c’est de ne jamais les considérer plus que de raison. Fallait faire des choses pour passer le temps. Rien de plus.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/37564866-3165514362918307864?l=nouvellevieparisienne.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/3165514362918307864/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=37564866&amp;postID=3165514362918307864' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/3165514362918307864'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/3165514362918307864'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/2006/12/de-lart-de-la-conversation.html' title='De l&apos;art de la conversation'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866.post-6994010146397690567</id><published>2006-12-11T10:08:00.000+01:00</published><updated>2006-12-13T12:33:02.569+01:00</updated><title type='text'>Un planplan simple</title><content type='html'>C’est peut-être que j’avais rêvé de trucs spéciaux, mais mon réveil a été délicat. Dans le sens que ça s’est bien fait, en douceur, j’étais dans mon plumard comme posé dans la meilleure position possible, le dos détendu, presque avec un sourire partout dans le corps. Je reprenais quelque chose que j’avais plus eu depuis longtemps, comme une nouvelle confiance dans ce qui va advenir, la matinée s’achevait, elle, ma journée commençait, à moi, et le passage de témoin se faisait superbement. J’avais pas une envie particulière, mais je sentais que j’en aurai plein, et que des jouasses. Etirage, levage, mise en jambe et café. Par la fenêtre je matais le voisinage immédiat s’affairer. J’ai un voisin surtout qui m’inspirait le réveil, il faisait des exercices d’assouplissement pendant toute sa matinée, puis un peu de force aussi, il se posait à un demi-corps de la fenêtre, à la vue de tous et se travaillait, en douceur. Ce spectacle devait plaire aux voisines, moi il m’inspirait de faire des efforts aussi, comme lui, de découvrir mon corps muscle par muscle, ça me chantait bien, mais j’avais pas le rythme pour. J’avais pas cette cadence dans l’âme, cette quotidienneté du plaisir de faire, il pratiquait un rite que je déplaçais ailleurs. Les miens se pratiquaient assis, devant un écran, il pouvait se décomposer en une dizaine de gestes exacts, dont certains s’enchaînaient à la perfection, ils déplaçaient le temps de quelques pulsations en arrière, ils venaient presque d’ailleurs, accumulation du même qui touche un petit coin d’infini, ou plutôt qui lève un bout du voile sur ce que ça pourrait être, l’infini.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je réflexais sur ces considérations, du kawa plein les papilles, quand je tombais sur un mèl un peu inattendu. J’avais fait la connaissance un peu par hasard d’un quelqu’un il y a de cela une bonne poignée d’années. Croisé comme ça dans la rue suite à une bousculade matinale, en revenant d’un cours, nous avions pris l’habitude de nous revoir régulièrement, une fois tous les deux ans après une fréquentation quasi quotidienne. Et le jour anniversaire était sur le point d’arriver. C’est lui cette fois qui prenait date, les deux dernières étaient sur ma note. Il m’invitait à venir faire un saut dans ses parages, sur les bords de la Loire, histoire de mettre à jour nos bases de données et pis de faire un peu la bringue, non pas qu’en souvenir du vieux temps, mais aussi pour parler avenir, parce que le sien était en train de changer à grande vitesse. Il composait une symphonie familiale avec une petite de la région rencontrée quelques années plus tôt dans le pays Basque, comme ça pendant une villégiature. En se rapprochant d’elle ils avaient fini par se trouver plein de points communs, et des fondamentaux. Pis en plus des goûts, y’avait comme une vision de l’avenir en partage, de quoi bâtir un truc qui peut tenir la route. Alors il évoquait comme un mariage, avec plein de potes. Dont moi. Il m’invitait. Dont acte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ca devait s’usiner dans les mois de septembre octobre, quand l’automne fait rougir les bords de Loire; il était lyrique, et plein d’une vision colorée des temps à venir. Ca mettait en joie, sa prose. Je répondais le plus enthousiastement  possible, même si la perspective des amours éternelles m’est un peu brouillée. Partager le bonheur d’un pote, y’a pas mieux, ou alors c’est que des trucs énhaurmes, je positivais ma réponse avec des vœux et tout, pis des questions pour en savoir plus et si qu’on s’appelait, pis aussi faire un point de visu avec alcool et quelques amis triés sur le volet. Tout ça emballé dans un petit blabla qui résumait bien les temps passés, jusqu’à ce jour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je quittais mon poste d’observation des nuées électroniques pour revenir à des considérations plus hygiéniques. Une fois lavé et habillé de frais, je prenais une veste légère, la porte, l’escalier et me retrouvais dehors avec l’idée que j’avais des trucs à faire, même si le dimanche… Vers 13h, c’est fin de marché rue Lévis. Les derniers étals profitent des restes de chalands avant de plier boutique jusqu’à mardi. On négocie quelques fruits et légumes, des pains circulent devant une poignée de buveurs, le Journal du Dimanche sous les yeux. J’achète l’Equipe du jour et rejoins ces derniers. Je m’agrège pour quelques minutes à un petit groupe coincé au milieu des chaises entassées. Il me semble reconnaître deux habitués, des détendus du dimanche. Je salue l’un d’eux. Il me sourit, presque une invitation a le rejoindre, mais je n’ai pas envie de tenter le coup. Je m’assieds à une table de lui, commande un demi et ouvre le journal.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/37564866-6994010146397690567?l=nouvellevieparisienne.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/6994010146397690567/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=37564866&amp;postID=6994010146397690567' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/6994010146397690567'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/6994010146397690567'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/2006/12/un-planplan-simple.html' title='Un planplan simple'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866.post-8907756508383273687</id><published>2006-12-10T18:25:00.000+01:00</published><updated>2006-12-14T14:58:19.413+01:00</updated><title type='text'>Ah! C'est mieux comme ça</title><content type='html'>« Bon! Ben voilà » me dis-je. Tout ceci est bel et bon, mais à quoi ça rime vraiment. Parce qu’après tout, d’avoir fait cela, à part du rangement et du propre, ça n’apportait rien. En fait. J’avais pas grandi d’un centimètre, j’étais juste un peu fatigué, pis plus trop bien certain que j’avais bien fait tout ça. J’avais un peu dérivé. J’ouvrais un peu les yeux à une heure que j’avais atteint sans l’avoir cherché, tout simplement, j’avais pas eu de journée. Mais ça paraissait normal, j’avais dès le début abandonné cette idée de journée. Un samedi c’était pour quelque un qui bosse pas comme un autre jour, pour les autres non, mais pour moi? J’étais circonflesque… J’avais les sourcils qu’avaient de la peine à me voir dans cet état, ils s’interrogeaient sur ce qui avait bien pu me prendre, comme ça, si brutalement de m’envoyer tout ce caca à faire. J’aurai mieux fait de m’étendre et de dormir, même en faisant semblant, un bouquin dans les pognes, la télé allumée ou écoutant de la musique. On choisit pas toujours ce qu’on va faire, il faut dire, même quand on en a l’occasion. J’avais fait ce choix de pas choisir, de me laisser prendre par les événements, et donc, partant de mes principes, c’était un bon choix, pas explicable, mais bon. Je laissais mes sourcils deviser, et prenais fermement en main ma zappette et commençais un p’tit tour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les étranges lucarnes s’emplirent de lumière, et des formes se mirent à se mouvoir et pour certaines émettre des sons, qui parfois formaient des phrases que j’écoutais très distraitement, parce qu’en fin de compte, j’étais déjà parti ailleurs. Je rerefaisais le point de ce qui venait de se produire, j’en avais l’odeur juste sous le nez. Le propre ça a du bon, ça détend, ça fait se sentir mieux, ça donne envie d’y rester dedans, d’en profiter, parce qu’on sait que ça dure pas. Tout doit se salir, à son rythme, mais c’est inévitable. Je devinais déjà les poussières qui revenaient sur le sol, les meubles, les tissus, que l’air se reposait sur tous les supports qu’il trouvait accessibles. Ca me faisait comme des ballets devant la vue, mais sans étoiles, que des coryphées bien mimines qui girouettaient au rythme des courants. Je m’en amusais. Puis décidais d’en rajouter une couche en allumant une cibiche. Entre moi et l’écran, la fumée multipliait les mouvements, donnait d’autres formes à l’atmosphère, puis aux images. Je zappais plusieurs fois, jusqu’à trouver le bon mouvement, un truc avec couleurs et des sons qui allaient bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me tournai vers le plafond, regardai l’ampoule du plafonnier, lui crachai un nuage, puis revint à l’écran, juste en tournant la tête. Première cendre sur le sol. Première salissure incomparable, celle qui donne le signal que la vie reprend. Je pris à nouveau un bouquin, un neuf, encore un, une nouvelle histoire que j’achèverai pas, je le savais. Mais qu’à cela ne tienne, a force d’accumuler des trucs sur des machins, je finirai bien par en terminer un, de truc. Je tombai bien toutefois, l’ouvrage correspondait bien à ce que j’avais envie de lui demander, un peu de temps à soulager. J’éteignis la télé et commençai ma lecture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vers 11h du soir, la faim me fit me mouvoir vers ma cuisine. Je pris quelques pâtes et en lançai la cuisson. Avec l’âge, l’office pastal se ritualise, on en a tellement bien intégré les gestes que ça se fait comme un automatisme, et tout y est, même le temps de cuisson, on le connaît sans avoir à surveiller l’heure. C’est un peu la suite de sa main le plat de pâtes, un outil bien poli par l’usage, presque une partie de soi. Je l’avalai devant une télé rallumée de frais. Sur la fin d’un film. L’office achevé, je lavai mes ratiches et pris le chemin de mon lit. Rarement j’ai connu chambre aussi propre, aussi saine, je sentai que ma nuit sera belle, porteuse de plein de choses positives, qu’elle sera complète, parfaite même, d’un seul tenant, qu’elle m’amènera vers les 10h du matin, avec une envie de faire des choses comme du pas commun. Que j’aurai bien séché, demain, la peau bien douce, prête aux caresses, puis une fois lavé, je sortirai pour voir le monde un peu avec des trucs nouveaux à lui demander, histoire de savoir si lui aussi il avait été bien lavé par quelque chose de bon. Peut-être aura-t-il plu cette nuit? Peut-être fera-t-il beau? Je rencontrerai des choses, je le sais en le disant. « Demain sera un autre jour » et c’était certain, pas seulement parce que c’est toujours vrai, mais parce que demain, ça sera vérifié et inscrit quelque part, dans un livre, au début d’une belle page blanche. « Ouais! Demain, ça sera un vrai putain d’autre jour! »&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/37564866-8907756508383273687?l=nouvellevieparisienne.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/8907756508383273687/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=37564866&amp;postID=8907756508383273687' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/8907756508383273687'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/8907756508383273687'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/2006/12/ah-cest-mieux-comme.html' title='Ah! C&apos;est mieux comme ça'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866.post-2289224638794337064</id><published>2006-11-24T13:28:00.000+01:00</published><updated>2006-11-24T13:29:13.660+01:00</updated><title type='text'>C'était pas prévu ça</title><content type='html'>« Fratres » d’Arvo Pärt. « Requiem » de Ligeti. « The Wolfman » de Robert Ashley. Si vous comptez bien ça fait presque une heure, une heure le cerveau à l’Ouest, les yeux en songe, près de 2000 battements des paupières, 3600 battements du cœur, 900 inspirations et expirations, 6 mouchoirs, et plusieurs dizaines de soupirs. Le temps, c’est surtout ce qu’on en fait, c’est comme ça qu’on le voit, comme ça qu’il file, on le bouffe, on le digère, on l’exgère, on fait des tunnels de soi dans sa pâte, comme des vers, on l’aère, on le nourrit, puis parfois ça s’effondre, on s’y débat, puis on remet le couvert. Indéfiniment. Le temps, ça s’absorbe, ça s’accumule en nous, comme le mercure, on le garde en soi, on s’en empoisonne. On est au bout de sa chaîne alimentaire, tout finit en nous, dans le foie, les reins, la rate, dans notre sang, sur notre peau, rien qu’est épargné, les yeux en sont striés de rouge. Puis ça picote, ça fait des trucs sur nous, ça fait bouger tout ça, par petites décharges, petites douleurs juste au-dessous du seuil de tolérance. Ca suinte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au bout d’une heure, je décide de bouger un peu, d’arrêter de me poser en victime, d’agir. « Il faut que je me lave », me dis-je à haute voix, pour bien me faire comprendre qu’à présent, il n’était plus question de se complaire dans la fatigue, la fièvre, l’hésitation. Je me fais couler un bain, y ajoute quelques sels, un peu de bain moussant, tombe mes fringues, et me plonge dedans. Paris est un immense Zoo, avec ses quartiers réservés, par familles d’animaux, et les espaces qui vont avec. Moi je vis avec les reptiles, de la classe des ophidiens, pas besoin de beaucoup d’espace, juste un peu de chaleurs et de quoi se nourrir. Et tout est chez moi à ma taille, ou presque. Ma baignoire est par exemple juste assez grande pour accepter mon buste et ma tête, mes jambes ne peuvent y entrer, j’y suis comme un serpent dans un sabot, je ne peux y mettre les pieds sans frissons. Donc je me réduis au maximum pour avoir le plus possible de peau dans l’eau chaude, je me recroqueville, écrase les plis de mon corps, rentre en moi-même, fait de cet espace minuscule mon œuf.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis commence le long rituel du lavage. Chaque parcelle de mon corps doit être lavée deux fois, des gestes précis, avec une quantité définie de savon, puis la même noix de shampooing, mes doigts exécutent un parcours prédéfini sur mon crâne, puis c’est au tour des dents, qui doivent être lavées chacune deux fois, en commençant toujours par les faces intérieures. Puis le rinçage, rien ne doit rester, pas une bulle, un jet continue d’eau, à une température égale, la moindre variation me met en colère. Tous les matins je m’applique à trouver le geste le plus complet, celui qui va m’éveiller réellement, qui atteindra la perfection, quand le tuyau de la douche garde une forme spécifique, sans contacts, le pommeau parallèle à mes pieds, la peau souveraine. Puis je sors de cette coque sur une sortie de bain immaculée, qui ne devra garder que la trace de mes deux pieds, sans goûtes alentour sur le sol bleu. Le séchage est le moment le plus intense. Plusieurs serviettes, chacune ayant une fonction précise, toujours la même, la moindre odeur m’étouffe, la moindre trace d’humidité doit être combattue, elle pourrait imprégner ma peau, la rendre molle, la déchirer, je ne peux pas me le permettre, ma peau ne doit jamais se décoller de mon corps, elle est ma seule protection, mon seul lien physique avec le monde extérieur. Elle est ma membrane fondamentale, elle empêche mes organes de sortir de moi, les enserre, les tient ensemble, vivants. Je dois rester intact.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais aujourd’hui, ça ne va pas. Les rituels sont mal exécutés, les gestes sont imprécis, je sens mal mon corps, je n’arrive pas à bien me laver, à bien me sécher, je sens ma peau malade. Il va peut-être falloir muer, déchirer tout ça, m’extirper, pour sentir ce nouveau monde, cette nouvelle vie. Je ne crois plus en ma peau. Je m’assieds, calme ma respiration, et décide de tout laver, d’arracher de la surface de mon appartement toutes les exhalations du temps passé, les scories de mon ancien corps. Je choisis quelques vêtements que je mets rarement, et me plonge dans cette tâche souveraine. Pendant deux heures, j’applique à toutes les surfaces les mêmes rituels de lavement, tout rendre impeccable, sain. Je commence par la salle de bain, j’en lustre tous les fers apparents, je brosse chaque joint, brique chaque carreau de faïence, et gratte tous les sanitaires. Puis la cuisine, je jette tout ce que j’ai pu acheter jusqu’alors, je dégèle le frigo et le congélateur, je les assainie, je jette tous les ustensiles trop usés, les verres ébréchés, puis je frotte le sol, décrasse les plaques de cuisson, jusqu’à ce que la mousse que j’en sors soit complètement blanche. Puis c’est le salon, j’enlève tout ce qui recouvre les meubles, les murs et le sol, je les passerai à la machine. J’aspire chaque fil de la moquette, pour qu’il n’y ait plus la moindre poussière, le moindre acarien, qu’il ne reste que la matière première inerte. Enfin la chambre, je sors tout, absolument tout ce qui peut passer en machine, chaque tissu est minutieusement inspecté, touché, vu, senti, puis mis dans des sacs, je passe l’aspirateur avec la même circonspection. Puis j’assemble tout ce qui est encore sale sur le pallier de l’appartement et me décide à tout emporter à la laverie, à tout faire maintenant. Puis je jetterai ce que je porte, là, ce sera ma mue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les quelques voisins que je croise me regardent à peine, ils n’osent pas commenter ce qu’ils voient, ces montagnes de linge que je porte difficilement, ils n’osent pas proposer leur aide, ils sentent que je fais quelque chose qui les dépasse tous, quelque chose de trop important, que je dois faire seul. J’utilise cinq machines à laver et tous les séchoirs. Et personne n’ose pénétrer cette chambre de purification, seuls les enfants osent me regarder, les adultes savent, ils savent parce que eux aussi ils ont fait ça, ils savent que la mue est une chose qui doit se faire seul, qui n’appartient qu’à soi, qu’il faut respecter, faire le silence, et craindre. Au bout de trois heures, tout est fini, je n’ai plus qu’à rentrer, tout reclasser, vivre enfin dans ma nouvelle peau et apprendre à l’aimer. Il est 19h. Je suis né.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/37564866-2289224638794337064?l=nouvellevieparisienne.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/2289224638794337064/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=37564866&amp;postID=2289224638794337064' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/2289224638794337064'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/2289224638794337064'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/2006/11/ctait-pas-prvu.html' title='C&apos;était pas prévu ça'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866.post-7095456185182934472</id><published>2006-11-22T08:52:00.000+01:00</published><updated>2006-11-25T18:21:58.987+01:00</updated><title type='text'>Que faire? comme disait Lénine</title><content type='html'>Paris vu de son lit, ça ressemble à n’importe quelle ville dans le monde. Tout dépend où vous êtes situés. Perso, j’ai un petit appartement, qui donne sur une cour arborée, très calme, je vois, en fait je devine, parfois les gens qui la traversent pour se rendre chez eux, ou partir au-dehors. J’ai quelques voisins mélomanes, une violoncelliste qui, à partir de 11h fait ses gammes, un saxo qui prend le relais vers 15h et un pianiste en herbe qui a ses cours vers 18h30. Il y a toujours des sons qui me viennent d’autres instruments, des tables que l’on déplace, de l’aspirateur qu’on passe ou d’escarpins à clous qui battent le plancher. Cette dernière spécialité a été développée par ma voisine du dessus qui n’hésite pas, à l’approche du premier sommeil à parcourir rageusement chaque parcelle de son minuscule appartement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai juste eu le temps de faire une sieste depuis hier, je suis à l’heure du violoncelle. Ma culture classique ne me permet pas de deviner immédiatement le morceau joué, mais en écoutant bien, je dirais Bach, une de ses célèbres suites. Certainement Bach. Définitivement. J’allume mon ordi, me prépare un café, à l’italienne, reluque mon paquet de clopes et me dis qu’aujourd’hui, ça va pas le faire. Pendant que le café monte, je checke mes mèls, et lance ma playlist jazz, pour un réveil serein. Le café une fois fait, je m’allonge, et contemple mon plafond pendant une bonne poignée de minutes, repense à ce qui s’est passé hier, et quoi faire aujourd’hui. Mon état ne me permet pas de faire grand chose, peut-être appeler des amis, lancer de grands défis sur ma console, ou prendre contact avec Charlotte. Je déguste mon café. Je l’achète chez un torréfacteur, mélange italien, et je n’utilise que de l’eau de sources, l’eau parisienne donnant un mauvais goût à tout. Je pose ma tasse, et ne me décide toujours pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est un moment exquis que celui qui suit le réveil, quand rien n’est prévu dans la journée, que l’on rêvasse doucement sur son canapé. Pas d’obligations, le frigo est plein, il y a de quoi fumer pendant une semaine, les morceaux de jazz s’enchaînent parfaitement – plusieurs semaines de travail pour en arriver à ce résultat – bref, j’ai l’impression que rien ne peut arriver aujourd’hui que je ne veuille pas. Mais voilà, le temps passe, et avec lui, l’organisme engrange les minutes avec plus ou moins d’allant, le cerveau fait des connexions, l’énergie de l’ensemble croît et décroît, comme une marée de solstice, le besoin de faire se fait sentir puis oublier, puis ressentir. Cet ensemble translate, relationne, aphélise et périhélise, traverse mille saisons en un clin d’œil, ça urge, y’a un moment où c’est plus possible de rester détendu, mou, lâche, faut expier tout ça et prendre des décisions, quitte à ne pas les tenir, mais faut y aller, sabre au clair, à la Cosaque, sur une énergie. Donc je prends mon phone et je numérote.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Premier pote – Personne, je laisse un message « Salut, c’est moi, ben j’appelle pour savoir ce que tu foutais, histoire de savoir. Bon. Je te rappelle plus tard. » Second pote – repersonne, je relaisse un message « Yo ! C’est ouam, ben j’appelais pour te lancer un défi sur la console, histoire de te mettre minable. Bon, ben à plus. Chô. » Pour le troisième j’hésite, il a une meuf depuis peu, donc pas la peine. Pour le reste du carnet, y’a personne que je me sens de voir. Je me dis que je pourrais peut-être tenter d’appeler la miss. Je me laisse un peu le temps encore. Ce disant, je l’appelle, sur un coup de sang, comme ça, parce qu’il faut bien, sinon ça procrastine trop et à force de remettre, on le fait plus, ou mal, ou trop à contretemps. Il y a des nécessités avec lesquelles nous devons tous vivre, ce type d’appel est une façon de contenter quelques envies basses, mais plus douces que boire, respirer ou manger ; et encore. J’appelle… Ça sonne… Longtemps… Pas de messagerie après dix coups… Ca sent le coup foireux, le numéro mal écrit, l’entube intégrale. Un portable sans messagerie, ça n’existe pas, le portable d’une minette sans messagerie, c’est impensable, ou alors y’a saturation, dans ce cas, pas la peine de se monter le bourrichon, quand ça socialise trop, y’a plus la place pour les derniers arrivants, les allogènes sont malvenus, relégués dans la grande périphérie, en banlieue, loin du cœur loin des yeux. Je ne vaux pas plus qu’un gars de Melun, en baskets, coincé devant chez Régine, faut qu’j’abandonne tout espoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me remets devant ma bécane, et rechecke mes mèls, je change de playlist, un peu d’électro, me prends un Coca édulcoré et me décide pour ma première clope. Je sens une légère montée de fièvre, j’assume, je m’affale un peu plus, me recouvre de mon vieux – mais très confortable – dessus de fauteuil. Je fais quelques ronds de fumée. Première clope + (café / coca) = destop. Je me remets sous ma couverture, et finis ma première clope. Je rerechecke mes mèls et zappe le morceau électro en lecture. Je prends un mouchoir, l’humilie, le déchire, puis le vrille et le jette. Je prends un livre au hasard et me dis « non, pas celui-là. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai toujours quelques livres commencés dans ma bibliothèque, ils sont réunis en tas normalement juste un demi bras sous la ligne de saisie la plus facile, ce qui doit se trouver autour de la troisième étagère. Actuellement, ils sont huit. Cinq sont à peine entamés, trois ont leur moitié dépassée. Si je dois lire aujourd’hui, ce sera un de ces trois-ci que je rouvrirai, in petto-je. Deux études, un roman. La première étude s’intéresse aux guerres révolutionnaires et à l’invention de la guerre totale, je me le sens pas, j’ai besoin de quelque chose de plus apaisant, facile à lire. La deuxième étude est un fouillis de documents sur la colonisation française et ce qu’elle a apporté aux techniques d’extermination des peuples et à l’histoire universelle des massacres ; je suis déjà bien trop nauséeux. Reste le troisième ouvrage, un roman, japonais, très bien écrit, trop bien écrit pour mon état. J’abandonne ces poursuites et me tourne vers les à-peine-entamés. Trois études, deux romans, mais rien qui m’agrée. Donc je fouille un peu, feuillette, farfouille et farfeuille, je mets de côté une bande dessinée, un SanA et un juge Ti. Je checke mes mèls, lance une compilation de musique contemporaine, me sers un autre Coca édulcoré, prends ma couverture, la jette sur mon canapé, pose mes trois ouvrages sur ma table basse, m’allonge, m’enroule dans la couverture, tire un peu la table basse vers moi, allume ma loupiotte de lecture, mets un coussin derrière ma tête, me détends, prends la BD, la couche sur ma poitrine et rêvasse.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/37564866-7095456185182934472?l=nouvellevieparisienne.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/7095456185182934472/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=37564866&amp;postID=7095456185182934472' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/7095456185182934472'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/7095456185182934472'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/2006/11/que-faire-comme-disait-lnine.html' title='Que faire? comme disait Lénine'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866.post-7435107401739102500</id><published>2006-11-20T13:27:00.000+01:00</published><updated>2006-11-20T13:28:05.683+01:00</updated><title type='text'>Une dernière pour la route</title><content type='html'>« Ah ! Coucou. » Surprise relative. Tout est dans le relatif, le lieu, l’heure, les idées qui viennent, l’état général, tout était réuni pour que le cerveau batte la campagne, que les souvenirs reviennent, s’ébattent devant soi comme des petits Trolls, un peu ridicules, gauches, taquins. Dans un coin de ma tête je pensais à elle, sans le vouloir, sans m’en soucier véritablement, et il semblerait qu’elle aussi avec un petit moi dans une case, en train de gigoter. Nos regards disaient tout cela, malgré nous. On se bise, avec la chaleur des gens fatigués, un peu mollement mais en faisant bien la claque. Elle me dit sortir d’une soirée, pas très loin, que normalement elle aurait pris un tacos mais que là, elle se sentait de marcher un petit peu, histoire de se retrouver après toute cette agitation. Je lui explique que moi aussi, j’ai vécu une soirée un peu agitée, que j’ai fait des rencontres improbables, que Paris c’est tout de même quelque chose. Elle sourit à ma remarque et me propose de prendre un thé chez elle. Je marque une hésitation polie, et accepte son invitation. Nous achevons ensemble la montée des marches, tournons sur Lamarck et descendons un peu la butte jusqu’à ses appartements.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’avais une fois eu l’occasion de prendre un verre chez elle avec des amis, il y a fort longtemps, nous devisions plutôt dans des bars, pendant les saisons chaudes, un regard critique porté sur la foule des bobos locaux. Nous avions quelques goûts communs qui alimentaient généralement des débats fort bien construits ma foi. C’était très parisien, elle était très classique, moi plutôt moderne, elle aimait Dostoïevski, moi London, elle écoutait du Verdi, moi du Coltrane, elle vénérait Caravage, moi Picasso, elle Murnau, moi Kurosawa, mais fondamentalement, elle était Slave et moi Anglo-saxon ; nous trouvions toujours un terrain de discussion. On se retrouvait dans ce goût immodéré pour ce qui est mort, ce qui est laissé en friche, donné aux vivants, irrémédiablement. Nous portions le même regard sur nos congénères, une curiosité froide, même si elle l’exprimait dans la proximité et moi dans la distance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois dans ses appartements, elle m’invite à me vautrer dans un canapé horriblement confortable. Et pendant qu’elle se change, je sombre légèrement. Le thé est prêt, elle nous sert et me secoue légèrement. J’émerge, je cligne un peu des yeux, m’ébroue et me met en position thé-tchatche. Elle revient rapidement sur sa soirée, les gens qu’elle y a rencontré, quelques notables, quelques collègues de bureau, une vieille copine d’Université, les musiques sur lesquelles elle a dansé, ce qu’elle a bu. Elle me dit qu’il y avait là un jeune écrivain qui lui faisait furieusement penser à Raskolnikov, il venait de publier son dixième roman, peut-être son premier succès, qu’il avait toujours écrit, ne voulait vivre que de cela, et se retrouvait souvent dans ces soirées un peu mondaines pour se faire connaître, parler de lui mais surtout faire parler les autres pour qu’ils se souviennent de lui. Ca fonctionnait, c’est ainsi qu’il avait trouvé son premier éditeur. Mais depuis quelques mois, il lui semblait ne plus avoir la fièvre des premiers temps, cette envie immonde de réussir dans le milieu littéraire, il avait beaucoup souffert de ses multiples renoncements, il sentait que ce n’était plus lui qui écrivait mais la masse des gens qu’il était obligé de voir, de séduire, de caresser dans le sens de l’ego. C’était triste, mais en même temps il émanait de lui une force peu commune qui lui rappelait un peu ce que je lui racontais sur Martin Eden, un homme qui s’est fait seul pour entrer dans un milieu qui le détruit à petit feu. Elle avait la sensation qu’il finirait comme lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien triste histoire ma foi, lui dis-je. Pour ma part, ce que j’ai vu pendant ma soirée m’a bien requinqué, des gens étranges, mais très humains, faibles et obstinés, qui se cherchent une place dans cette ville de fous. J’ai surtout insisté sur ce jeune homme triste d’avoir fait un mauvais choix, mais qui mettait en œuvre des moyens dérisoires pour les dépasser. A la deuxième tasse de thé, je la préparai à mon départ, et lui demandai ce qu’elle devenait réellement, dans sa vie quotidienne. Une vie sans vie, toute de travail, sans repos, avec parfois une petite coupure pour se redonner l’énergie de continuer son labeur. Prolétariat intellectuel, lui sortis-je. Presque approuvait-elle cette remarque un peu sévère. Mais elle y trouvait son compte, après tout Paris ce n’est que ça, une vie de travail avant fermeture définitive et retour à ses racines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me levai définitivement, repris mes frusques, m’étirai et la bisai sur un à la prochaine, tu as mon numéro n’hésite pas. Une fois les marches descendues, je fis cavaler mes papattes vers Anvers, sans regarder nulle part ailleurs que devant moi, je craignais une nouvelle rencontre. Il était 7h30, j’étais pour le coup épuisé. Le métro à cette heure était encore peu rempli. Samedi matin ce sont surtout les touristes qui l’utilisent. Ce n’est que plus tard que les Parisiens reprendront le dessus. Je me posai sur un strapontin, les jambes étalées, les pieds sur la barre, un peu en hauteur et je regardai distraitement les diverses publicités qui jonchaient le plafond, les murs et même le sol de la rame. Rien de remarquable, le tout venant matinal, peut-être un petit groupe de japonais très Kawaii, semblant sortir d’un manga pour filles. Rome une fois atteinte, je retrouvai mes repères, enclenchai le guidage automatique et me retrouvai enfin chez moi. Je m’écroulai dans mon fauteuil Ikéa, m’allumai ma dernière clope, zyeutai mes mèls de la nuit, puis pliai définitivement boutique après un lavage énergique de mes quenottes. Je m’allongeai enfin et sombrai.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne peux pas dire que ce fut une nuit sans rêves, on en fait toujours, le plus dur étant de s’en souvenir. Ben pour une fois, j’en avais un, un gros, bien costaud, avec des trucs tout zarbis. Ca commence dans une clairière, dans une forêt quelconque, je suis tout habillé de bleu, j’ai un iPod aux oreilles, et je cours. Chose rare, je ne cours jamais, mais bon c’est un rêve et comme dans tous les rêves, y’a des trucs absurdes. Je cours, et plus je cours et plus mes jambes sont lourdes, je remarque au bout d’un moment que je m’enfonce dans une boue verdâtre, mes jambes changent de couleur, elles deviennent vertes et je perds mon futal. J’arrive à me décoller de là, mais je me retrouve en slip, et au milieu d’une rue avec des gens difformes autour de moi. J’arrête ma course et observe. Je sens qu’on me touche le cul, je me retourne et je vois un énorme ver qui me dit Plaque !, je tombe à la renverse et le ver me monte dessus, je lui casse la mâchoire d’un coup de tatane et me remets à courir le plus vite possible, je bouscule des formes qui à chaque fois me crient un truc imbittable. Rapidement je tombe sur une impasse, mais je m’en fous, je casse un mur et me retrouve dans une grande salle, genre salle de bal, avec des gogos habillés vieille France, un peu comme dans un rallye, et vois pleins de visages familiers. Je me remets à courir, je fends la foule et me retrouve dans la clairière avec un livre dans la main. Un truc de Machen, je le jette par terre et il en sort un nain avec un sourire atroce, des dents noires et pointues et il crie un truc incompréhensible mais effrayant. Je crie à mon tour et cours. Je rentre dans un arbre, touche mon visage, il est déformé par le choc, puis mes bras deviennent très lourds, je sens tout mon corps se dérober. Je tousse, je crache, je vomis des bestioles, des cafards, des vers, des grenouilles, et rentre en transe et me retrouve une fois encore au milieu de la foule, tout le monde crie. Un putain de réveil ! J’étais tout suant. C’étais la fièvre. J’avais trop fumé, chopé je sais pas quelle saloperie, traversé trop de courants d’air. Je sentais que ce samedi allait être un vrai samedi de merde.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/37564866-7435107401739102500?l=nouvellevieparisienne.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/7435107401739102500/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=37564866&amp;postID=7435107401739102500' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/7435107401739102500'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/7435107401739102500'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/2006/11/une-dernire-pour-la-route.html' title='Une dernière pour la route'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866.post-4248936791318331775</id><published>2006-11-19T17:29:00.001+01:00</published><updated>2006-11-19T17:29:58.694+01:00</updated><title type='text'>Paris, c'est tout droit.</title><content type='html'>Je me suis dit, c’est bon, il va pas me lâcher, il a décidé de m’emmerder, de faire sa fête à un mec, et c’est tombé sur moi. Ce genre de gland, il en tombe des milliers par an , il faut faire avec, c’est comme les chiures de chiens sur les trottoirs de Paris, t’as beau tout faire pour les éviter, y’a un moment où. J’avais pas fait gaffe, je regardais pas où j’mettais les pieds, et voilà le travail. Juste une flaque d’eau ça suffit en temps normal, mais quand ça s’accroche à ton fute, tu peux toujours te brosser, ça fait des auréoles. Et pis y’a l’odeur. Je me retourne et lui lance, j’suis sur vibreur, je sens pas toujours. Voilà pas qu’il veut revérifier, il fait une nouvelle fois mon numéro, j’lui montre, ça s’affiche, je lui mets bien le truc sous les yeux, j’insiste, limite je m’émotionne. Il baisse les yeux, et dit un truc. J’m’en branle et lui fait voir mes talons. Je serre un peu du cul, la peur de nouvelles retrouvailles, mais c’est bon au bout de cent mètres, je sens plus sa présence. Je tourne le coin, et à dix pas, j’me retourne. Nada, walou, sonneper. Je lâche un p’tit ouf de soulagement, et repars de plus belle. J’l’avais bien berné, mon numéro cézigue il était pas près de l’avoir, je lui ai refilé un de mes vieux, oublié, dans les poubelles de l’histoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je peux enfin me retrouver, faire le point. Dans ces cas, je ralentis. Le manque de clope m’empêche d’avoir une bonne vision d’ensemble, mais je me dis que tout de même, pour une soirée qui s’annonçait très tranquille, j’ai fait plus que mon quota. J’ai une poulette au chaud, des histoires à raconter, mais un compte en banque un peu cafardeux, parce que le restau plus les verres dans ces temps de crise, ça va chercher loin. Je vois le coin de ma rue. Je m’accélère, et en passant un renfoncement, j’entends une petite voix, qui dit aidez-moi. Je freeze. Tourne doucement ma tête et vois une petite vieille, emmitouflée dans une pov’ couverture maronnasse, un chapeau tout dégonflé sur la tête et des reliquats de carton plaqués entre elle et la porte. En temps normal, j’en ai rien à battre, mais là, j’ai été appelé, c’est une question d’humanité, de respect de soi aussi, pis de l’autre en passant. Je me baisse un peu pour être plus trop haut et lui demande ce que je pouvais faire pour l’aider. Elle lève la tête et me regarde horrifiée, je lui répète qu’est-ce que je peux faire, et là elle m’envoie chier, mais d’une force, j’en restais comme des ronds de chapeau, le cul sur les talons et la gueule béante, elle m’dit de toucher à mon cul et de me mêler de mes oignons, qu’elle voulait pas s’faire emmerder par un p’tit con de bourgeois de merde et qui si je décarrais pas dans la seconde elle hurlait au viol. Je me remets doucement de mes émotions et debout, et je relance la machine à rentrer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je m’laisse penser que la nature humaine, c’est vraiment un truc bizarre, qu’y avait pas à dire, qu’il valait mieux parfois s’occuper de soi et c’est tout, qu’y avait trop de gens sinon à s’occuper et si on commence, on a pas fini, que c’est un engrenage qu’il faut pas mettre un phalange dedans, mais que c’était con, parce que parfois, ben on avait la place pour aider. Devant mon chez moi, je lève les yeux, vois l’immeuble tout dressé, tout sombre, avec le ciel en haut qui commençait à prendre des petites teintes mimines comme tout. Il me prend l’envie de pas rentrer, que j’avais encore du tonus dans les pattes et que je regarderais bien le soleil se lever sur Paris. Mais avant, il me fallait des clopes. Donc direction le rebeu du coin, pas le premier, mais l’autre plus loin rue Legendre, il est toujours ouvert, il a toujours des clopes, pis on sait jamais, y’a parfois du biz dans le coin, alors un p’tit joint pour faire dodo, c’est toujours pratique. Donc je me marche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’entame la rue Legendre, c’est long comme rue, ça va se perdre plus loin que je peux voir, j’y croise toujours des gens même les dimanches soir vers 2h du mat’ quand j’allais au boulot. J’y ai même plein de souvenirs de trucs zarbis, des engueulades, des accidents, des attroupements, y’a même un croisement où ça tapine, pis vers la fin y’a des bars ouverts toute la nuit, des bars un peu borgnes où qu’on sait pas si c’est du lard ou du cochon, j’y mettrai p’t-être un jour les pieds là-bas, mais pas seul, avec des potes. Ben on verra. Donc je commence l’enfilade. Repasse l’Eglise, la catholique, puis la scientologue que je peux pas m’empêcher de lancer un œil dedans, y’a toujours plein de meufs dans cette turne, qui font du racolage comme à Dam, derrière la grande vitre, entre les bouquins tout pourris d’Hubbard. Puis c’est le premier rebeu, fermé depuis pas longtemps, puis le second, celui que j’espérais, mais chose rare, il est fermé aujourd’hui. Je zute. Faut pousser plus loin. Je reprends ma route, je passe l’avenue, pas un chat. Je commence à croire que j’étais rentré dans la quatrième dimension, même le coin tapin a plié boutique, je retrouve la deuxième avenue, et prend la suite de Legendre. Enfin un lieu ouvert, je rentre. Petite boutique toute pépère, un vieux rebeu, il me sourit, je lui demande s’il a des clopes, il me sort son stock, que de la qualité, je prends des anglaises, et lui tends un billet de dix. Y’me sourit, genre merci, je le reregarde, il me resourit, ça fait cher la clope, j’lui dis. Bon, j’cherche pas plus loin et décarre. A ce prix là je vais les déguster mon con. N’étant plus loin de Montmartre, je décide de monter là-haut voir si j’y suis. Je prends les premiers contreforts d’assaut, zigzague, peine, sue, et conquiers la face ouest en même pas deux clopes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au bout de Junot, j’entame le labyrinthe autour de la Place du Tertre, y’a un peu de monde, c’est la magie de Montmartre, ça fait tenir les touristes longtemps debout, ils y errent, les yeux tout brillants, veulent pas perdre une miette du spectacle, et se disent j’y suis, j’y suis comme s’ils bisaient le pape ou atteignaient l’Everest. Moi je remarque surtout que ça chtouille et que c’est cracra, que la municipalité n’a pas encore lancé ses petits camions verts à sa conquête. Une fois sur les marches de la Basilique, je pose mon cul et mate les premiers rayons du soleil. L’aurore aux doigts de rose, comme disait l’autre, repeint le ciel de couleurs un peu cagueuses, c’est la spécificité du ciel parisien l’été, il est flou, trop de pollution, pas assez de vent, la chaleur ça retient, l’hivers est une saison sans mémoire, tout fout le camp, dans la Seine ou en banlieue. Mais je kiffe bien le spectacle, ça c’est gratos, ce qui est une rareté à Paris, et comme ce qui est rare est cher, et bien même ça a un prix. Je détends mes cannes et m’allume ma je sais plus combientième clope de la soirée. Et j’en profite en passant pour rêvasser, la joue dans la main, un peu en oblique, avec un petit soupir, un clignement d’œil toutes les trois secondes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est 6h30, Paris se réveille définitivement, les sanitaires ont lancé leurs jets sur la ville, je me prends par la main et m’accompagne une fois pour toute chez moi. Je fais mon itinéraire, flemme de marcher, j’opte pour le métro, nach Anvers ! Mais sur les marches du funiculaire qui vois-je de mes yeux abusés, une vieille connaissance, toute fatiguette, la démarche lourde, la tête basse, la robe toute froissée. Je me poste devant elle et lui souris.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/37564866-4248936791318331775?l=nouvellevieparisienne.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/4248936791318331775/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=37564866&amp;postID=4248936791318331775' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/4248936791318331775'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/4248936791318331775'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/2006/11/paris-cest-tout-droit.html' title='Paris, c&apos;est tout droit.'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866.post-9162038848692214933</id><published>2006-11-18T17:38:00.000+01:00</published><updated>2006-11-19T17:32:20.482+01:00</updated><title type='text'>Y'en a qui en manquent pas...</title><content type='html'>J’étais un poil bourré, un brin fatigué, une grosse envie d’être à la zon, retrouver mes pénates, ma cartouche, mon plume, voire un brin de musique et peut-être même lire un peu, et ce malgré l’heure tardive. Se faire héler comme ac dans la rue à ce moment n’était pas des plus plaisants, j’reconaissais pas la voix, un peu éraillée, j’me disais que ce devait être un bringueur en mal de quelque chose, un gars qui sortait de boîte, un truc pas réjouissant. Juste le temps d’imaginer et je me retourne. J’aperçois un gus, bien sapé, avec la cravate qui va bien, sur une chemise blanche, une veste légère ouverte battant ses côtes, un futal au carré et certainement des chaussures, mais j’avais pas la vue en bonne état. Il souriait en marchant vite vers moi. Y’me dit bonjour, ce qui est un bon début, et se présente, en me disant qu’il m’avait suivi depuis l’immeuble et qu’il savait de qui je sortais. Qu’il surveillait nos pas depuis quelques temps et voulait causer de qui je savais. J’en reste un peu interdit, in petto je m’intrigue, je vagabonde, je divague, je m’inquiète, m’interroge gravement, et me dis que c’est tout de même étrange l’humaine nature et que merde, il avait du culot. Il me dit de pas m’inquiéter qu’il voulait seulement savoir comment elle allait, si elle le vit bien et que si j’étais pas son nouveau, sur quoi j’lui fait remarquer que c’est pas ses oignons et qu’il peut toujours se brosser et se renseigner lui-même à la source.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Ne le prenez pas comme ça ! » Mais mon con j’le prends comme je veux, qu’on est majeurs et vaccinés et qu’il devait prendre ses responsabilités. Sur ce je reprends ma route. Il voulait pas lâcher l’affaire, il était trop avancé dans son enquête et il regrettait ce qu’il avait fait, voulait savoir si l’affaire était cuite ou s’il y avait encore de l’espoir, et que ce qu’il avait fait c’était pas bien, qu’il avait agit trop vite, que ça lui ressemblait pas, il était dans l’amertume jusqu’au cou, voulait pas en fait, mais que vous savez quand on pense avec sa bite on pense court terme et qu’il avait été vraiment moche, que ça avait pas duré avec l’aut’ et voilà. Il souffrait, qu’il me dit, ça faisait trop mal et il avait pas le courage d’aller à l’affrontement si c’était perdu d’avance qu’il était trop fragile, pas serein pour une thune, et merde il s’agenouille, génuflexe et commence à bafouiller des larmes. C’est pas possible de laisser un camarade dans le défaut, un gars nature qui pense comme tout le monde, qu’est victime de ses penchants, et j’me dis qu’il est un peu comme moi, un peu lost, maculé par tout le caca de ses actions et qu’il avait besoin de se nettoyer avant d’aller à la bataille, d’être impeccable, pardonné, en paix avec sa conscience. Je m’arrête définitivement et lui propose qu’on aille causer un chouille dans un coin tranquille, mais qu’il me fallait des clopes, sinon j’étais bon à rien. Il obtempère les yeux tout brillants, un sourire de chérubin, il sort de sa fouille droite un paquet de malbacks blanches et me les refourgue. J’en prends qu’une, lui rend son paquet, grand seigneur, l’allume et lui propose de commencer son récit sur le chemin du lieu qui peut-être n’existe même plus à cette heure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s’étouffe de joie, crache un bout, reprend sa respiration, se calme et débute son récit. Je retranscris pas, c’était pas trop intéressant, en plus j’en savais déjà un bout, il m’apprend que c’est lui qui avait tout fait le boulot, qu’avait refait les ponts, proposé le rapprochement, tout machin bidulé et puis tout foutu en l’air, qu’elle avait suivi tout le temps, qu’elle avait laissé faire, même vers la fin et que ça le minait un peu de s’être laissé partir si facilement. Qu’il l’avait un peu mauvaise, et qu’il voulait pas que ça finisse comme ça. Sur ce je lui fais remarqué qu’il cherche en fait simplement à se venger, sur quoi il s’offusque, se rabroue, dénégationne, et soutient mordicus que non il veut vraiment que ça reprenne mais pour faire plus, aller plus loin, et qu’il sait que c’est elle la seule qui comptera dans sa vie, et que bon sans elle la vie ça valait pas la peine. Je mets mon veto, le holà, barricade, et lui sors que c’est qu’un naze, qu’il dit n’importe quoi, qu’il se paie du bon temps avec ses apitoiements à la con, qu’à son âge on sait pas ce que c’est que toutes ces choses définitives, que l’amour c’est un truc qu’il sait même pas combien c’est plus fort que sa petite histoire baisouilleuse, qu’il aille un peu se faire les côtes sur la vie et qu’il modère son discours de pisseuse et qu’il commence à me casser les couilles, et puis files moi une clope sinon je vais m’énerver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il jaunit et obtempère. Je taffe dans mon coin, le regard bas et la mine sombre, je me dis que si je dois le supporter le temps d’un verre je vais lui refaire le portrait et qu’il est trop tard pour se laisser emmerder par un chiard. Alors il me dit un truc pas banal, qu’il paraît peut-être jeune mais qu’il s’était déjà marié deux fois, qu’il avait un môme à l’autre bout du monde, qu’il avait pas mal bourlingué et qu’il était rentré en France uniquement pour elle. Ce qu’il eut été judicieux de sa part de dire plus tôt. Je le reluque un peu mieux, refais son portrait et je m’aperçois qu’en effet, le bougre bien que paraissant jeune à des p’tits quelque chose qui n’apparaissent qu’avec la maturité, un front un peu plissé, l’œil un peu tombant, la carrure souple et une démarche définitive, pas mal de gestes précis bien polis par le temps et l’usage. J’avais été un peu dur, et je devais m’en excuser. Je borborygmise un truc qui a toutes les caractéristiques d’un mea culpa, et lui propose qu’on se pose un peu et qu’on réfléchisse à comment remettre le tout au carré, toutes choses égales par ailleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On prend un banc d’assaut, et on silence pendant dix bonnes minutes. Soudain me vient une idée. Je propose un rendez-vous masqué, je reprends contact avec la miss, lui donne un rencard dans un bar, et lui passe au moment où qu’on cause, je lui fais un peu parler de son passé, la mets en confiance et puis après une transition les laisse ensemble, pour qu’ils s’expliquent, et le top serait un lounge tranquillou à deux pas d’ici. Il trouve que ça fait un peu téléphoné, sauf que je lui dis qu’elle sais pas que je l’ai rencontré lui, qu’elle peut pas se douter, et qu’elle pensera à un plan branchouille et je le mets rapidos au parfum de mes tentatives. Il rougit, bafouille un peu, il faut que je le calme, lui explique que c’est quand elle a causé de lui qu’elle s’était mise dans cet état, qu’il y a moyen de moyenner et que s’il a une meilleure idée, qu’il crache vite parce que je vais pas faire la nuit sur ce sujet, j’avais sommeil et que merde c’est pas mes affaires après tout qu’il était grand et que bon, je savais que c’était le seul moyen qu’il me restait pour avoir son phone à la chtite. Il opine, accepte le principe mais conditionne : pas d’entourloupes, pas de faux plan, pas de cabale, et que j’aille pas lui marcher sur ses plates-bandes parce qu’il y tenait à son p’tit lapin. Il me donne son phone, je le regarde dans les yeux, tout peinard et lui demande également l’autre, que j’avais l’adresse mais pas plus. Il le note à côté du sien et me tend le papelard, j’agrippe, lui aussi, on sourit, et lâche pas trop confiant. Je range le tout dans mon portefeuille en croco, et m’apprête à me tirer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il m’arrête en plein élan, et me propose tout de même un dernier verre avant clôture définitive. Je me tâte, j’le sens pas trop ce dernier truc, je préfèrerais me rentrer, qu’il était 5h30 à peu près et que demain j’avais ma journée, mais que je pouvais pas m’éterniser sinon, ben voilà mon week-end il était pas extensible que j’avais une vie et que m’enfin quoi, c’est vrai, j’ai sommeil. Il me demande comme une dernière chose mon téléphone au cas où. Je tique, prend une taffe d’air, et lui redemande une clope, pour la route, puis lui passe mon numéro. Il le note sur son portable, et m’appelle histoire de l’avoir en mémoire, je sors mon portable et lui dit que c’était bon. On se salue, et je me défile. A peine ai-je fait une dizaine de pas qu’il me rehèle. C’est une manie chez lui me dis-je, il court vers moi et me dit « Alors, tu décroches pas quand ça sonne ? »&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/37564866-9162038848692214933?l=nouvellevieparisienne.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/9162038848692214933/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=37564866&amp;postID=9162038848692214933' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/9162038848692214933'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/9162038848692214933'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/2006/11/yen-qui-en-manquent-pas.html' title='Y&apos;en a qui en manquent pas...'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866.post-8071419070671729119</id><published>2006-11-16T21:28:00.000+01:00</published><updated>2006-11-16T23:15:01.450+01:00</updated><title type='text'>Oh putain! Un dialogue!</title><content type='html'>« Ah ? » fis-je d’une voix éraillée.&lt;br /&gt;« Oui, c’est un de mes neveux »&lt;br /&gt;« Ah ! » fis-je d’une voix plus ferme, mais contenue.&lt;br /&gt;« C’est une des maisons de mon oncle »&lt;br /&gt;« Ah ! » fis-je d’une voix tu m’en diras tant, qui par ailleurs donnait à mes réactions un rythme ternaire très vieille France.&lt;br /&gt;« Je ne fais que sous-louer une chambre chez lui »&lt;br /&gt;« Ah » fis-je d’une voix neutre, mais qui ruinait mon bel agencement classique.&lt;br /&gt;« Mais il n’est jamais chez lui. Que cela ne te déconcerte pas »&lt;br /&gt;« Tiens ? » on se tutoyait, je n’ai pas eu l’occasion d’aborder ce point, parce qu’au début, le vouvoiement était de rigueur, le tu a commencé à peu près comme nous sortions du bar de l’hôtel.&lt;br /&gt;« Est-ce que tu veux boire quelque chose ? »&lt;br /&gt;Je ne répondis point à cette question, le seul fait de ma présence était une claire affirmative.&lt;br /&gt;« J’ai plus grand chose. Le week-end dernier on a fait la fête, mais il n’est rien resté. Une vraie orgie »&lt;br /&gt;« Qu’est-ce que tu me proposes ? » j’espérais un Coca ou une orangeade ou encore du Schweppes mais pas de truc trop forts, j’avais atteint mes limites en la matière et la moindre gorgée d’alcool m’aurait mis au pilon. Même une dernière gorgée de bière.&lt;br /&gt;« J’ai de la vodka et un fond de whisky »&lt;br /&gt;« Rien sans alcool ? » osais-je.&lt;br /&gt;« Bien… du Tang ou de l’eau. Je suis désolée, je n’ai pas eu le temps de faire les courses »&lt;br /&gt;« Du Tang ? » pourquoi pas un Viandox ou de la réglisse.&lt;br /&gt;« Oui, tu sais la boisson orangeâtre en poudre qu’on mélange avec de l’eau. Je buvais ça quand j’étais petite, et ça reste ma boisson favorite. Avec un peu de vodka c’est fabuleux. »&lt;br /&gt;« Oui, je connaissais, mais avec de la vodka, ça doit jurer. Non ? » pourquoi pas un biberon de beaujolais !&lt;br /&gt;« Oh ! Il faut absolument que tu goûtes alors. Je te prépare ça ; installe toi pendant ce temps, je reviens tout de suite. »&lt;br /&gt;« Ok. » Je visitais le salon. C’était grand, y’a pas à dire, et rendu vaste par le dépouillement du lieu, un canapé en cuir quatre places, devant lui un tapis pas top qui s’ajustait à une petite plaque en fer qui protégeait le sol des éclats possibles du bois qui pourrait brûler dans une cheminée imitation marbre mais de belle taille. Derrière le canapé une table longue collée au mur avec un banc légèrement ouvragé mais limé par les multiples derrières qui l’ont utilisé. A droite du canapé trois fenêtres qui commençaient à mon bassin et qui me dépassaient d’un bon bras. A la gauche du canapé une table basse avec quelques revues négligemment posées. Au-dessus du canapé un lustre qui ressemblait à un Lalique, en tout cas dans mon imagination. Et sur le canapé, ouam.&lt;br /&gt;« Et voilà ! »&lt;br /&gt;« Tu as fait la dose familiale ! »&lt;br /&gt;« Quand je commence à en boire, je ne peux plus m’arrêter »&lt;br /&gt;« A la tienne ! »&lt;br /&gt;« Tchin ! C’est gentil de m’avoir accompagnée, j’ai toujours le cafard de rentrer seule à la maison »&lt;br /&gt;« Mais il y a ton neveu ? » c’était une boutade, lancée au bon moment à mon sens, car ce genre de remarque émanant d’une jeune fille assise près de soi est soit une invitation à rester parce que t’es très gentil tu sais, soit le fait d’une grande dépressive qui va faire le numéro de l’abandon, de la solitude, de la désespérance de la vie moderne et à wa déjà ! 3h du mat’ c’est pas le moment de se faire chier la bite avec des histoires cafardeuses.&lt;br /&gt;« Non, ce n’est pas ce que je voulais dire, rentrer vraiment seule, être seule. »&lt;br /&gt;« Ah© ? » c’ui-là c’est mon ah des grandes occasions, le profond, celui qui fait trembler la glotte qui vient du fond des poumons, qui s’accompagne d’un nuage de soupirs, avec les yeux posés sur un point imaginaire très loin d’ici, qui regarde au tréfonds de la terre, avec en plus, petite touche théâtrale, un geste de la main qui fait oublier son dos pour montrer sa paume. Un truc super travaillé, très très classe, et c’est une création mondial.&lt;br /&gt;« Il y a deux semaines, mon copain m’a quittée, et j’ai du mal à m’en remettre. Une relation très forte, fusionnelle, quelque chose de très fort. »&lt;br /&gt;« … »&lt;br /&gt;« Nous nous connaissions depuis tout petits, nous avons grandi ensemble, et il y a deux ans de cela nous avons découvert que nous étions faits pour être ensemble, trop de points communs, trop de choses partagées, ça nous a paru naturel. »&lt;br /&gt;« … »&lt;br /&gt;« Et puis il y a deux semaines, il a décidé que ce n’était plus possible, que j’avais trop changé, qu’il ne se sentait plus bien avec moi, qu’il devait aller voir ailleurs, et qu’il regrettait mais que c’était inévitable »&lt;br /&gt;« … »&lt;br /&gt;« J’ai passé une semaine enfermée, à ne rien vouloir faire. Des amis ont décidé de me bouger et ont organisé la fête dont je t’ai parlé, pour me réveiller, vraiment pour me bouger, pour pas que je reste à désespérer dans mon coin pour une histoire qui n’était qu’une histoire. »&lt;br /&gt;« Mmm » c’était une histoire triste, mais je me demandais ce que je pouvais faire pour cette pauvre demoiselle éplorée « et donc tu as pu tourner la page ? » c’était de la politesse toute bête, j’avais dans l’idée de lui proposer d’oublier tout ça de tourner la page définitivement, de faire d’autres rencontres, et qu’une petite aventure pouvait l’aider. J’me plaçais.&lt;br /&gt;« Quand vous êtes arrivés, je l’attendais, il devait passer dans cet hôtel, on m’a dit qu’il y retrouvait une greluche, vers 14h, j’ai attendu pour rien et quand j’ai vu Alain ça m’a fait du bien »&lt;br /&gt;« Et puis ça nous a permis de faire connaissance » on peut toujours essayer.&lt;br /&gt;« Oui, aussi » une rasade de vodka tang&lt;br /&gt;« Et tu comptes continuer à le poursuivre. Hop ! Pas trop merci » ce mélange était vraiment pas bon, l’acidulé pour la langue et la vodka pour le fond de gorge, à ce niveau d’alcool et de fatigue, c’était prendre des risques avec le tapis.&lt;br /&gt;« Je sais plus trop »&lt;br /&gt;C’était le moment de tenter un truc. Je me tourne façon super concerné, le regard doux et d’un geste de la main je caresse sa joue. Pas de réaction donc je me rapproche.&lt;br /&gt;« Je ne suis pas en état, désolée. Je sens que tu es quelqu’un de gentil, mais je suis vraiment pas en état »&lt;br /&gt;« Désolé, je ne voulais pas te brusquer » sortie de crise, envoi automatique, carte 12.&lt;br /&gt;« Non, mais ce n’est pas ça, en temps normal, j’aurais réagi différemment »&lt;br /&gt;« Pas de problèmes, je comprends » grand seigneur ! Mais il va falloir songer à partir.&lt;br /&gt;« Tu peux rester encore un peu, si tu veux »&lt;br /&gt;« Je finis mon verre et je me carapate » réaction automatique, fin de conversation, carte 25, mais c’est un verre de Tang Vodka que je dois finir ! pas un fond de vin ou 20 cl de bière. Mais par politesse j’endurais ce traitement.&lt;br /&gt;Nous nous fîmes la bise poliment, nous promîmes de nous revoir, sans échanger pour autant nos numéros de téléphone. Et je me retrouve dehors, à une trotte de chez moi. Je tourne le dos à l’immeuble, tourne le coin, jette un dernier coup d’œil en arrière, mets mes mains dans les poches. Je sors de ma poche gauche mon paquet de garetcis, dernière clope, je l’allume. Et j’entends qu’on me hèle.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/37564866-8071419070671729119?l=nouvellevieparisienne.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/8071419070671729119/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=37564866&amp;postID=8071419070671729119' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/8071419070671729119'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/8071419070671729119'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/2006/11/oh-putain-un-dialogue.html' title='Oh putain! Un dialogue!'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866.post-116352425222578518</id><published>2006-11-14T18:09:00.000+01:00</published><updated>2006-11-15T13:12:10.507+01:00</updated><title type='text'>Inévitablement, y'a une suite</title><content type='html'>Bon, je dis début peut-être avec un peu de légèreté, parce qu’en fait elle a commencé depuis déjà quelques temps, et si je jette un oeil sur mon portable (j’ai pas de montre ça fait chochote même les montres classes, j’aime pas alors je cherche toujours des arguments, genre ça gêne, c’est lourd, et puis ça te marque socialement et comme j’aime pas trop ça non plus, ben j’en mets pas, et je suis sûr qu’y’a encore plein de choses à dire mais ça ne vaut pas trop la peine de s’appesantir sur un truc inutile, alors je la referme) et vois qu’il est déjà tard, mais pas trop, 23h12, mais j’ai pas l’heure exacte. Comme j’ai commencé ma virée vers 18h et des brouettes, c’est pas difficile de tirer cette conclusion simple que mon histoire elle a déjà bien débuté. Donc nous nous installons dans un recoin pas trop occupé, en poussant quelques affaires « je peux ? », merci, et nous nous installons un peu comme ça, sur les rebords. Elle a quelque chose de classe dans sa manière de s’asseoir, et ça j’y suis sensible vu que moi c’est plutôt équilibre sur une fesse, tortillage, inconfort, dos rond, où que j’mets mes mains, les bras plutôt comme ça manière de réfléchir ou tranquille j’ai l’habitude je vis avec depuis longtemps, en plus j’ai pas beaucoup d’espace pour mes jambes donc inévitablement le premier truc qui lance la conversation, c’est oops, désolé, non je te fais pas du pied, mais ça on le dit avec les yeux, et petit sourire un peu complice. J’me désole dans ces moments, mais ça présente bien, et les filles aiment bien les gars un peu lourdeaux, pas trop bien dans leur peau, ça fait plus humain, moins macho, pour tout dire touchant si ça prend pas des proportions exagérées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle fait les premières phrases cohérentes qui lancent le dialogue, car c’était à peu près ça, deux personnes qui échangent des termes suivis et qui s’écoutent l’un l’autre. Avec les mots, c’est vin blanc (boisson sympa et qui fait mode) plutôt sec (ça c’est plus perso), pas de cahouètes l’apéro est un vieux souvenir, mais des clopes. Au bout d’une demi heure j’en avais déjà fumé trois, elle une, on avait passé en revue son trimard et le mien, sa crèche et la mienne, sa famille et on causait de la mienne, mon passé en revue, et au fil des phrases ça sentait le rapprochement, le toi aussi, comme c’est drôle (jamais dit ça, mais c’est l’esprit), les grands valeurs de la vie et toutes les choses qu’on sort quand on est en confiance avec quelqu’un de pas trop con devant soi. Une affaire qui roule. Mais parler, c’est pas tout, au bout d’un moment, il fallait se dégourdir les cannes, changer de lieu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En sortant, je me faisais à moi-même la réflexion que c’est un miracle qu’on ait pu se causer aussi tranquillement malgré la force du volume des morceaux piratés sur Internet par le tenancier, l’état déplorable de l’aération, et la promiscuité du voisinage, j’avais l’impression d’être sur une chaîne d’abattage-enfumage avec hurlement du bétail qu’on égorge. J’avais d’ailleurs un début de quelque chose à la gorge, trop de clope et trop de comment ?! Pourtant nous étions presque l’un contre l’autre, j’ai même senti son haleine, pour mon plus grand trouble.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La devanture du bar faisait un joli fond pour une discussion plus souple avec une jolie fille, un peu dans l’esprit d’un Godard avec allumage de cigarette et regards dans le vague, « que faire à présent » et autres grands questions métaphysiques. « Je connais un bar plus tranquille à deux rues d’ici. » C’étais moi. Je reconnaissais pas trop bien ma voix pour le coup, et je puis dire que c’est le seul moment où il est bon d’avoir un minimum de volonté, c’est quand on sent que c’est quelque chose en soi qui parle à notre place, un truc plus profond, plus fort, un peu ce que nous sommes réellement bien poli par les courants de l’habitude. Un truc comme ça, qui emmène large. Nous fîmes route côté à côte, chacun avec son propre rythme de jambe, moi chaotique mais lent, elle plus lié et plus rapide, mais en prenant notre temps, évoquant un ou deux moments, pas plus, quelques petits restes de la conversation précédentes, des petites mises à jour, des petits trucs en plus qu’il fallait dire, et surtout il y avait ce jeu, en fin de compte délicat quand il est pratiqué dans les règles, de ne pas mettre les pieds dans le plat, d’attendre que ça mouline bien pour commence à caresser la possibilité de peut-être à un moment pouvoir effleurer le truc, bref parler cul. D’abord les sentiments, bien présenter, après on peut y aller, c’est écrit en gros dans le grand livre d’or du bien causer dans la vie moderne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le bar est en vue, et plus on s’en rapproche et plus je sais qu’il est fermé. Et honnêtement c’était pas prévu, parce qu’on pourrait croire que c’était un truc pour proposer d’aller s’en jeter un dernier à la maison avec approche grand style, musique légère, lumière tamisée, rien de tout cela, pas aussi tordu que j’suis, et quand elle remarque l’inévitable elle me propose d’aller chez elle. Na ! Parce qu’une fille quand elle commence à bien causer, ça ne s’arrête pas à des broutilles, même sous l’eau, ça continue la jactance, c’est pas un simple encombrement qui peut arrêter trois tonnes de mots lancés à 360 000 km la seconde. Faut épuiser un stock inépuisable et y’a que faute d’audience que ça se tasse, même si en interne le blabla n’est pas fini. Mais contrairement à moi qui suis à plus très loin (je suis un gros hypocrite parce que j’avais un peu prévu le coup, mais chut !) elle est à une trotte de chez elle et comme le métro a baissé le rideau, me vient une idée lumineuse « comme ça je te ramène ». Alors qu’y avait aucun besoin d’en rajouter, mais ça détend toujours un peu, y’avait pas ce petit regard coquin et malicieux, il était tout de suite rabroué, mis au rencard, d’un pas bouger ! aux pieds ! dit avec un petit truc classe. Bref, super bien vu mon grand. Derechef, on agite nos papattes vers un autre lieu que j’imaginais bien propret, tout fleuri, avec tentures et tous les zigouigouis des gonzesses, mais j’en faisais pas un drame, la découverte des intérieurs, j’aime bien ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On fait le grand défilé des immeubles haussmanniens, on change d’époque en tournant un coin, ça c’est giscardien, ça c’est du pur De Gaulle millésimé Pompidou, un truc classe très XVIIIème (c’est la Banque de France), puis ça n’arrête plus, mon regard se porte un peu partout en même temps, j’avais pas encore eu l’occasion de passer par ces rues, et y’a pas un immeuble qui détonne, tout est nickel, refait à neuf avec stucs et dorures, super beau, mais vu mes moyens et mes habitudes, je pouvais pas connaître quelqu’un du coin. On étire la route encore un peu et voilà le travail, le pallier de la belle se présente à nos pieds. Elle tape son code, me donne quelques indications sur l’intensité du bruit autorisé, le fonctionnement du système de protection, et du système électrique en passant, l’entretien général du lieu et commençait même à en évoquer l’histoire quand nous entrâmes dans le lobby. Une façon de vieux musée de province imitation château écossais, un morceau de bravoure, avec grands miroirs de part et d’autre pour agrandir un couloir qui n’en avait pas vraiment besoin. Nous façons la porte qui ouvre son couloir, le B. Nous montons, elle d’abord. Et je ne peux m’empêcher de deviner les formes que cachent cette longue jupe de ville, et de remarquer qu’elle porte des talons vachement hauts. Sans, elle doit mesurer pas plus d’un mètre cinquante, mais j’ai pas la vision ingénieuse. Ca me fait tout chose, il a fallu qu’elle me domine pour que je remarque que je la dépassais d’au moins une bonne tête. Cela ne refroidit que légèrement mes ardeurs, il faut que je pense à d’autres choses, que je prenne l’air de la personne pas trop concernée par ces choses-là, alors je le fredonne par quelques mots simples et qui sont censés démontrer mon total détachement. Enfin, devant la vraie porte de son appartement, elle me demande de faire pas trop de bruit, car un enfant y dormait.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/37564866-116352425222578518?l=nouvellevieparisienne.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/116352425222578518/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=37564866&amp;postID=116352425222578518' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/116352425222578518'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/116352425222578518'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/2006/11/invitablement-ya-une-suite.html' title='Inévitablement, y&apos;a une suite'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-37564866.post-116344911971696944</id><published>2006-11-13T21:17:00.000+01:00</published><updated>2006-11-15T13:12:10.339+01:00</updated><title type='text'>Il faut bien un début à tout</title><content type='html'>Comme il faut bien commencer par quelque chose, je dirais que c’est une histoire banale, comme il en arrive un paquet tous les jours. Un truc commun mais juste un peu décalé qui fait que ça devient une histoire. Le fait que ce soit moi le personnage principal est aussi un peu le fait du hasard. J’avais pas spécialement envie qu’il m’arrive quoi que ce soit, mais ça m’est arrivé. C’est vrai que j’ai pas la prétention d’avoir un je ne sais quoi au fait que, mais c’est peut-être aussi parce que je m’ennuyais que ça s’est fait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’avais traîné toute la matinée dans mon salon, ne sachant quoi faire de spécial, des tours sur Internet, puis un peu de lecture, j’ai commencé à nettoyer un peu mon gourbi, et j’avais fait le tour. Plus rien ne me venait à l’esprit. Après il faut en appeler aux autres, mais j’avais pas spécialement la fibre sociale à ce moment-là, alors je me suis lavé tranquillou et j’ai bougé de chez moi. Je m’disais qu’un tour dehors ça pouvait que me rafraîchir, ouvrir un peu mes bronches. La clope au bec je descends les escaliers, j’ouvre la porte de l’immeuble et sur le pallier, j’savais pas vers où me tourner, truc rare en fait, j’ai toujours une première impulsion qui me pousse à aller vers, j’sais pas quoi mais vers. Rien ne venait. Je termine ma clope, l’écrase et tourne mes pas vers la droite. Donc plutôt le p’tit périple, celui qui mène juste vers les Batignolles, où vers Lévis, ça dépendra d’ensuite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au croisement, c’est définitivement Batignolles. J’m’y lance. M’allume une autre clope et commence à me laisser vagabonder, style rêveur, le regard un peu haut. Je croise du peuple, bien mis, c’est le quartier qui veut ça. Quelques mamans qui traînent leurs poussettes, un lascar qui traîne pareil que moi et des poulettes, partout. C’était l’heure qui voulait ça, juste avant la sortie des bureaux, c’est les jolies filles qui en sortent en premier, sorte de droit que confère leur allant. Je passe un bar branchouille, longe l’église et j’aperçois, en fait j’imagine d’abord qu’il y a quelque chose qu’est pas comme d’habitude, je définis pas, je m’laisse porter par mes pas. Devant la grille du parc, deux mômes se coursent, me bousculent un chouilla et traversent la rue sans zyeuter nulle part. Là je remarque que la rue est fermée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des barrières mobiles ferment la rue principale. Donc c’est qu’il y a un événement, un rassemblement ou un marché, mais rien de tout ça, la rue est fermée, c’est tout. Je rentre dans le parc, et j’avise un banc avec vue sur le petit lac, les cygnes, les canards, voilà qui me fera au bas mot deux heures de paix intérieure. Donc je m’assois. Les passants font leur taf, les cygnes nettoient la vase, les canards font les malins, je commence à m’éloigner un peu plus de la réalité, je crois qu’à ce moment, j’ai atteint l’état que je cherchais, le rien vouloir. Donc j’allume une clope. Ce geste me fait apercevoir un jeune homme qui s’obstine à se diriger vers moi, je le sens, donc j’ignore, je fais comme si. Et il m’alpague, pour une clope, que je lui tends. Et le feu qui va avec. Mais contrairement aux usages coutumiers, il s’installe à côté de moi et commence à me converser. Doucement, sur le ton du mec qui parle comme une sale manie, puis des interrogations, auxquelles je me force de répondre, pas grand-chose, un peu du tout venant. Puis ça prend la forme d’une discussion, alors que j’étais pas dans les bonnes dispositions. Mais j’accepte le jeu, et on part sur des trucs de base. Le temps on l’a pas fait, c’est bien le seul truc. J’apprends qu’il est du coin, il s’installe depuis sa province, genre il commence à chercher à connaître.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon, je voyais gros comme une maison le moment qu’on allait faire le tour du proprio, et là c’est le meilleur pain, là c’est bière pas chère et tout le toutim. Il renâcle un peu, va pas droit au but, mais j’ai les guibolles qui veulent s’ébattre, dont acte. Et de conserve, c’est le grand tour. Ca m’ennuyais moyen au départ, ça fait vraiment la conversation quelqu’un qui cherche à savoir, alors je cause un peu plus, guide touristique du bien vivre dans le coin. On passe devant un p’tit hôtel, avec un bar dedans, et assis à ce bar un visage qui s’éclaire. Et je me retrouve au milieu d’effusions que je saisis mal. Il apparaissait que ce jeune homme et cette jeune femme se connaissaient, étaient du même coin mais n’étaient pas partis en même temps. On fait les présentations d’usage, et ma foi, comme jusque là tout allait bien, un ch’ti verre n’était pas de refus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors ça cause à trois. Tranquillement installés dans des fauteuils du temps de Poher, on échange des phrases. Quand ça part bien, c’est tout bénèf’ pour le temps qui passe, il va plus vite, et l’heure du repas n’est plus très loin. Ce qui était mon but au moment de ma sortie, bouffer à une heure chrétienne. Pourtant ça causait sévère, il fallait trouver le moyen soit de quitter la conversation sur un truc anodin, soit proposer une bouffe à plusieurs. Je glisse la deuxième, plus sympathique vu l’ambiance générale, mais cette proposition semblait par trop décalée. Donc je décarre en douce sur mon envie de grailler. Un silence en portée, et devant ce désir soudain les volontés s’animent, nous optons pour un restau à deux pas tenu par une connaissance d’un des tiers. Le bistrot paraît serein, carte classique, tout Paris en quelques mots. Mais je commence a me sentir de trop, j’avais pris trop de place, jusqu’alors ma passivité guidait mes pas, tout se passait bien, les événements coulaient sur moi, à présent j’avais fait montre de quelque chose qui n’avait pas sa place, comme un désir d’agir. Ce n’était pas vrai, je le savais, mais c’était tout comme ; j’aurai dû résister à la tentation de proposer, à cette sale manie que nous avons naturellement de s’imposer à ce qui doit arriver. Je n’avais plus ma place ici, il y avait trop de moi là-dedans, mais je ne pouvais non plus quitter cette compagnie à ce moment précis. Je serrais les dents, fixais la carte d’un air soutenu, et prenais une andouillette frites.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois la commande prise, je rentrais dans la conversation, presque en infraction, contre le bon sens de circulation des sons. Je voulais une nouvelle fois, mais en m’imposant entre les deux convives. Je remarquais enfin les yeux de la partenaire, des yeux noirs, rares, je tentais de ne pas bafouiller, mais je sentais une baisse de tension générale, comment faisait-il l’autre pour causer si calmement depuis tout à l’heure, comment ne voyait-il pas l’éclat de ce regard, cette force sauvage, ce machin qui gisait au fond de ces yeux-là. Sa réponse polie était une mise à l’index un tiens toi un peu plus loin mon gars, pas un rejet, pire, un truc pas croyable. Je servais le vin pour me redonner un peu de contenance, en prenant l’air détaché des cons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils étaient partis sur un menu, j’attendais piteux mon plat en les écoutant mâcher. Je me sentais au plus mal, et personne pour me faire sentir un peu mieux, pas même l’autre empaffé que j’avais baladé tantôt. J’étais dans l’obligation de visiter la salle des yeux. C’était grand, marron type chalet de montagne, qui s’veut chaleureux, avec des portrait un peu passés, et des tons ocres pour les tables et les dessous d’assiette. Un rade comme il y en a cent milles à Paris. Je visais la serveuse, parisiens communis, un peu plus haute que la moyenne, mais d’un talon, au bar un barman que je n’ai pu voir que grâce aux volutes de son torchon, et des gens qui bouffaient alentour, et de tout. Mon attention heureusement s’est focalisée juste assez longtemps sur un couple à deux tables de là pour que mon plat arrive sans que je ne sois complètement décomposé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est en attaquant mon andouillette recomposée que je fus aspiré dans la conversation. « Et vous ? Enfin toi ? » L’art de la conversation version XXIème siècle, XVIIème arrondissement : attendre qu’un des convives soit bien hors du coup pour le mettre à l’amende. Je bafouillai-je un « moi ? » qui me surprît. Donc je devais à mon tour faire le blabla. Qu’à Dieu vat ! Je partais la fleur au fusil, la rose à la bouche et tout le tralala dans les joies de l’échange dînatoire. Donc j’oralisais ma vie, j’en sortais quelques nœuds, des problématiques juste ce qu’il faut, et m’en sortais pas trop mal, car la conversation se refît à trois, comme si le calvaire précédent était oublié et Jésus revenu des morts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La causerie arrivait vers sa fin, ça sentait le départ, le grand retour des mathématiques pratiques, le pianotage bancaire, et les adieux « on se revoit » définitifs. Mon brave compagnon de marche s’enquit du où de chacun et voyant qu’il habitait un lieu trop loin de tout, il abandonna bibi et yeux noirs, qui s’prénommait Charlotte, à leurs bons vents. Je refusais cette fois de proposer quoique ce fût, je craignais trop de faire retomber sur mes épaules la charge d’être responsable. Je n’eus même pas à y penser, puisque je venais de faire l’acquisition d’un guide de première bourre. Nous cheminâmes jusqu’à un bar équidistant, y prîmes le verre de l’amitié, et commençâmes le début de cette histoire.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/37564866-116344911971696944?l=nouvellevieparisienne.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/feeds/116344911971696944/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=37564866&amp;postID=116344911971696944' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/116344911971696944'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/37564866/posts/default/116344911971696944'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvellevieparisienne.blogspot.com/2006/11/il-faut-bien-un-dbut-tout.html' title='Il faut bien un début à tout'/><author><name>Ian balat</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14178800444671186275</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://farm3.static.flickr.com/2227/1798898976_a0b1e9abdf_m.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry></feed>
